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103 membres de la société. En 1907, l’« Insatirea » achetait une deuxième propriété ayant une superficie de 200 arpents, pour le prix de 58.000 couronnes, qu’elle partagea entre les 125 habitants du village. Par ces faits, la population du petit village devenait propriétaire à l’aide de la coopération. (202)
L'activité des coopératives se conforme toujours à la nécessité de la population agricole: elle s’étend à la vente du bétail des membres, à la valorisation du bois exploité par les montagnards, à la construction et à l’acquisition des moulins. Ces questions étaient celles qui se posaient à la coopérative « Agricola >» de Hunedoara, créée en 1902, et qui fut suivie par cinq coopératives semblables.
En 1890 apparaissait la première coopérative de consommation, à Blaj, ayant ajouté en même temps à son exploitation un restaurant et un hôtel; mais l'exemple ne fut suivi que huit ans après, par la coopérative de consommation « Comoara », de Sasca-Montana. La population roumaine ne prêtait pas attention aux coopératives de consommation; sur ce terrain, la « Hangya » elle-même ne put arriver à un résultat, malgré sa propagande; des coopératives de consommation ne se créèrent que dans quelques villages roumains.
Le véritable succès de la coopération roumaine transylvaine fut réalisé sous l’impulsion de l’« Association pour la littérature et la culture de la population roumaine », qui fonctionnait quelques années plus tard, sous le nom de « Astra », à Sibiu. L’activité de cette association s’étendait sur toute la vie roumaine. Par son programme multiple, les résultats atteints sur le champ économique furent remarquables; raison pour laquelle l’« Astra » fut nommée par le D' A. LAPADATU, « libératrice économique des Roumains de Transylvanie ». (203)
Sous l’impulsion de l’association, les banques roumaines de toute la Transylvanie s’unirent sous le nom de « Solidaritatea », le 16 juillet 1907; la Solidaritatea comptait 68 institutions finan-
(202) Rapport annuel de la société de l’année 1910. (Cité par M. le Prof D”
Dragos, p. 58.) et A (203) L’Istoriographie Roumain Transylvain. Exposée à l’Académie Roumaine, le
2 avril 1923,
RSS
cières comme membres et avait pour mission d’approvisionner en capitaux ces institutions.
L’année 1911 marqua une date importante dans la vie de l'Association littéraire, comme dans la vie de la coopération roumaine de la Transylvanie.
Cette année, un grand animateur de la vie roumaine envoyait de l’autre côté des Carpathes ses encouragements moraux et matériels aux Roumains transylvains.
Vasile SrRoEsco connaissait le prestige et le rôle qu’exerçait l'Association sur la vie roumaine transylvaine, et c’est au comité central de l’Association qu’il adressa sa lettre:
« Messieurs, Vos villages n’ont pas de Banques Populaires en nombre suffisant. Vous ne vous êtes pas encore occupés d’elles. Ces banques, en Roumanie, se sont répandues avec une rapidité admirable. En quelques années, leur nombre a augmenté par milliers. Aux villages elles ont rendu de très grands services. C’est étonnant que chez vous, dans un pays de banques, elles ne soient pas encore arrivées aux résultats atteints en Roumanie.
« En Roumanie, elles ont été créées grâce à la propagande des instituteurs. On pourrait faire de même chez vous, mais pour ne pas répéter les erreurs qu’elles ont commises au commencement, je vous propose d'envoyer deux personnalités en Roumanie, pour étudier l’état des banques populaires rurales, qui en retournant chez vous deviendraient propagateurs de ces banques et des autres formes de coopératives. Dans ce but, je mets à votre disposition 50.000 couronnes. » (204)
Le comité accomplit soigneusement le désir du donateur et la propagande en faveur des coopératives commença.
Les conférenciers ont parcouru les villages, des articles ont paru dans l’organe « Transilvania », des brochures furent éditées et les statuts types, élaborée (205) par le comité, furent tirés à 3.000 exemplaires. (205)
Ces statuts visaient un système spécial, adapté aux conditions
(204) Lettre de V. Stroesco du 25 mars 1911 à l'Association littéraire et culturelle du peuple roumain en Transylvanie. (Reproduite dans la revue « Transilvania S'ATCRDE mars-avril 1911, p. 196.)
(205) D' Dragos: L'action coopérative d'avant la guerre de l'Association littéraire et culturale du peuple roumain. (Revue « Tribuna Coopératiei Ardelene », n° 6, juin 1931.)
TU
Correéspondantes des coopératives transylvaines. Ainsi parut, à
côté des premières Coopératives, c’est-à-dire des coopératives du système Schultze-Delitsch et du système Raïffeisen, un troisième type de coopérative, — système spécial — créé par ces statuts de Association littéraire et culturelle.
Après ces Coopératives nouvellement créées, le 26 avril 1914 on créa la fédération des coopératives roumaines, sous le nom de « Infratire », qui groupait les coopératives créées à ce moment, non dans une seule région, mais dispersées sur tout le territoire de la Transylvanie, surtout là où la population roumaine souffrait le plus, matériellement. (206)
Le nombre de ces coopératives augmenta; un an après le commencement de la propagande, on comptait 24 coopératives. L'œuvre de la propagande continuait avec plein effet, mais la grande guerre l’interrompit.
À ce moment, la coopération roumaine transylvaine comptait parmi les coopératives de crédit: 12 sociétés du système Schultze- Delitsch, avec 2.342 membres et 1.013.500 couronnes de capital; 72 sociétés du système Raiffensen, avec 7.593 membres et 184.170 couronnes de capital; et 24 sociétés de système mixte, avec 1.177 membres et 37.800 couronnes de capital.
Le nombre des sociétés coopératives de consommation était de 14 sociétés, avec 59.275 couronnes de capital et 12.214 couronnes de fonds de réserves. En dehors de ces coopératives de consommation, 29 sociétés, qui fonctionnaient dans les villages roumains, était affiliées à la centrale « Hangya ».
En outre, on comptait 6 sociétés agricoles; « Insotirea », laiterie coopérative de Saliste; l’association industrielle « Vulcanul », de Blaj; la société « Hebe » de Sangeorgiul-ronamesc, pour la valorisation des eaux minérales; l’imprimerie « Concordia » d’Arad; l’association d'électricité de Petrea; la fabrique de briques de Bistrita et la société d'assurance mutuelle pour le bétail d’Orastie.
Les années passées pendant la grande guerre ralentirent la vie des coopératives, qui exigent le calme des peuples et le règne de la paix.
(206) Revue « Transilvania », n° 7-9, 1914,
Après la grande guerre, à la suite de l’annexion de la Transylvanie à la Roumanie, dans la vie coopérative transylvaine commence une ère nouvelle.
Le développement rapide, les résultats exceptionnels des coopératives roumaines de la Transylvanie, sont la conséquence naturelle de l'unification.
La réforme agraire leur donna un terrain d'activité plus étendu encore. La liaison avec les institutions anciennes, avec la Réunion d'Agriculture, avec l’« Astra », est devenue superficielle après la guerre; les centrales coopératives de Bucarest mettaient à leur disposition les moyens financiers, de même que la direction morale. La première partie de cette question fut résolue par les grandes banques commerciales, surtout par la Banque Agraire de Cluj, lorsque la deuxième partie, la Caisse Centrale des Coopératives, déléguait deux inspecteurs pour la propagation, l'instruction et l’organisation des nouvelles coopératives ; l’un pour les coopératives de crédit, l’autre pour les autres coopératives.
Dans ce milieu favorable, les coopératives roumaines transylvaines prirent un grand essor.
Le nombre des coopératives créées en 1920 fut de 100; même 5 fédérations coopératives furent créées dans les départements de Cluj, Salaj, Bistrita, Turda et Mures. Et en 1922 le nombre des coopératives de crédit, dont la nécessité par la réforme agraire fut sentie, — s'élevait à 257.
Par deux lois votées par le pouvoir législateur roumain, l'ancienne législation coopérative hongroise fut remplacée par la législation roumaine sur toute l'étendue de la Transylvanie.
Par cette unification de la législation coopérative, la liaison entre les centrales coopératives de la capitale et les coopératives roumaines transylvaines devint plus étroite encore. Après la promulgation de la loi sur l’organisation de la coopération, le 4% novembre 1929, la Banque Centrale Coopérative créa une succursale à Cluj, pour le financement des coopératives; cette banque a consenti, dans le cours de l’année 1930, aux coopéra-
tives roumaines transylvaines, des prêts s’élevant à 13.038.940 lei. (207)
A côté des six fédérations coopératives, conformément à la nouvelle loi de 1929, le 14 janvier 1930 on créait l’Union des Coopératives, « Ardealul », à Cluj, et le 30 juillet 1930 l’Union des coopératives « Banatul », à Timisoara. Ces deux institutions centrales régionales fonctionnent depuis ces dates comme organes de propagande, d’organisation et de contrôle des coopératives roumaines. Leur activité intense se montra efficace pour la coopération.
En 1930, les contrôleurs à l’Union « Ardealul » furent au nombre de 3, aidés de 9 autres détachés par l’Office National de la Coopération Roumaine de Bucarest: leur nombre à l’Union « Banatul » était de 2, auprès desquels l’Office en avait détaché 6. Ces fonctionnaires effectuèrent une œuvre remarquable pour les coopératives, qui, pour la plupart, ne possédaient pas de personnel spécialiste pour l’administration. (208)
La tâche la plus importante des Unions, c’est la propagande et l’éducation coopérative. Ces Unions organisent les congrès coopératifs annuels, contribuent à la conduite des deux écoles de comptables coopératifs de Lugoj et de Ludosul-Mures, qui ont pour but de fournir un personnel d’administrateurs pour les coopératives. Les cours coopératifs de l’Académie des Hautes Etudes Commerciales et Industrielles de Cluj sert comme enseignement supérieur de la coopération transylvaine. Les Unions organisent des cours occasionnels, des cours d’été ainsi que les cercles coopératifs dans les villages. (209)
L’ensemble de ces activités a contribué efficacement au développement de la coopération roumaine transylvaine, dont le dernier résultat est représenté par les tableaux suivants :
(207) Prof. Dr Jinga: Finantarea intreprinderlior Cooperative si politica de credit, dobânzi si dividende (Cluj, 1931).
(208) L'activité de contrôle des Unions. (Curierul Cooperatiei, juillet 1931.)
(209) Comptes rendus des Unions « Ardealul » et « Banatul » pour l’année 19392, pages 10 et 11.
La Situation des Coopératives Roumaines Transylvaines Pour les deux plus importantes formes de Coopératives.
ANNÉES Coopérative de
Crédit Nombre des sociétés ... 506 546 574 Nombre des membres .. 74.032 76.882 83.498
Capitalsocial 73.623.377 | 85.211.934 |100.959.003
Réserves rca 26.985.009 | 39.433.216 | 54.327.815
Dépots ere 151.595.528 |1181.573.961 |189.601.147
Prêts accordés ........ 407.469.830 |470.433.736 |490.514.186
Consommation| Nombre des sociétés ... 237 212 209 Nombre des membres... 29.860 252143 25.816
Capital social ......... 16.816.413 | 15.535.708 | 16.521.936
Chiffre d’affaires ...... 155.705.466 — 111.563.854
Pour les autres Coopératives.
ANNÉES 1929 1931 Coopérative - Nombre Nombre Nombre Nombre des sociétés | des membres | des sociétés | des membres depioductiohek:. co ce 8 715 34 52101 FORTE Vraie e 28 | 4.055 33084 -09) d'affermage de terre ......... 43 | 2.379 12 122 d'achat de terre ............. 18 712 5 23
Au 1° Janvier 1933 fonctionnaient:
Coopératives de crédit de consommation de production forestière
d'affermage de terre d'achat de terre
Ces chiffres, par comparaison avec ceux d’avant guerre, présentent une augmentation exceptionnelle; même si on considère la situation spéciale, on peut constater que l’œuvre des dirigeants et la contribution des Centrales de Bucarest ont apporté des résultats heureux et que « le mouvement coopératif roumain transylvain, avec dignité, pour servir d'exemple à la coopération roumaine entière ». (210)
(210) V, N, Madgearu: Les problèmes de la coopération roumaine. (Exposé au Congrès coopératif de Cluj, le 25 janvier 1931. Curierul Coopératiei Românà, n° ©, 1931)