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duction, des coopératives de crédit, des coopératives agricoles de production et de vente et des nombreuses autres formes que revêt l'activité coopérative, obéissent toutes à quelques principes essentiels qui sont la charte de la coopération internationale. Prééminence de la personne humaine sur le capital, exploitation des entreprises sur la base du service à rendre et non du profit à réaliser, esprit d’entr’aide et non esprit de concurrence, stricte neutralité en matière politique et religieuse, tels sont ces principes fondamentaux. » (43)
Ces principes constituent peut-être la raison pour laquelle « la coopération a pénétré dans tous les milieux, toutes les classes, classe bourgeoise, classe ouvrière: elle est l'espérance, elle est le support des groupements religieux et des penseurs libres, qui tous voient en elle le lien nouveau qui associera tous les hommes ». (44)
« Elle constitue comme une sorte de catholicité laïque, qui établit entre les individus, les races, une commune volonté dans ce but fixé par les 28 tisserands dans leur Manifeste. » (45)
« Nous voulons aider le peuple à prendre entre ses mains ses propres affaires. Nous savons qu’en agissant ainsi, nous marchons ensemble avec lui sur le chemin du progrès vers un ordre meilleur, plus haut, et que notre travail fait partie de l’élan inlassable de l’humanité, » (46)
Cet élan n’est pas seulement imaginaire; la Coopération, par ses « douze vertus » (47), tend même, dans la réalité, à corriger les maux provenant du système économique actuel.
« Toute institution passe automatiquement par plusieurs phases : elle commence par rendre des « services ». Après un certain temps, les services deviennent très importants, puis ils
(43) Projet de Mémorandum du mouvement coopératif international à présenter par l’Alliance coopérative internationale sur l’ordre du jour de la Conférence économique mondiale et préparé par M. E. Poisson. (Revue des Etudes coopératives, n° 48, 1933.)
(44) F. Verdier : Le mouvement coopératif et le socialisme. (Toulouse, 1903, p. 18.)
(45) Le manfieste des Pionniers de Rochdale est, probablement, l’œuvre de Charle Howarts, qui était le plus énergique parmi ses camarades. Ce manifeste a été rédigé lors de l'inauguration de la société, en 1844, et reproduit dans l’Almanach des Pionniers, année 1854.
(46) Henri Kaufmann: Les voies et les buts de la Coopération. (Anthologie de la Coopération.)
(47) Almanach de la Coopération française, année 1894,
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commencent à diminuer, l'institution végète sur les succès réalisés, et on en arrive à la phase des « privilèges ». Après cette phase vient la dernière, qui est accompagnée d’une longue série de perturbations, de désastres; c’est la phase des abus. » (48)
« Le capitalisme a été jusqu’à présent la méthode la plus efficace de production, maïs il s’est montré incapable et injuste en ce qui concerne la répartition des biens. C’est au point qu’actuellement, l'humanité dispose au total de tant bien qu’on peut dire que le capitalisme étouffe dans sa propre substance, puisque pour les consommateurs, la masse ne possède pas la capacité de les acquérir. Il y a surproduction et sous-consommation, parce qu’existe dans le capitalisme l’anarchie de la production insatiable désir de gains, dont les conséquences sont d’un côté l’accumulation des biens de consommation, — d’autre côté la baisse des salaires, chômage. » (4°)
« A l’heure présente la doctrine économique libérale, poussée jusqu’à outrance, se rapproche de l’anarchisme. » Dans l’évolution économique, pour cette raison que « natura non facit saltus », c’est la Coopération qui apporte le remède, qui apporte une évolution pacifique. Et dans cette transformation, la Coopération ne détruit pas ce qui est bon dans le système actuel, elle le transforme seulement; elle rejette seulement ce qui est mal; elle évite ce qui est nuisible. » (50)
C’est pourquoi le comte KaroLy1 disait: « La coopération est le moyen terme entre le capitalisme et le socialisme, entre l'excès de liberté économique que cherche le capitalisme et l’excès de réglmentarisme qui est prévu par le socialisme. La coopération s'oppose aux exagérations de l’égoïisme du premier et aux exagération en sens inverse du second. Elle tâche d’accorder ces deux antithèses. L'union de ces antithèses aboutit à la paix sociale, tandis que, livrées à elles-mêmes, elles mènent à la discorde et menacent l’avenir de la démocratie. La coopération est en même
(48) La Coopération et son rôle dans la réorganisation économique. (Communication de M, Petresco à l’Institut social roumain, à Bucarest, le 14 mars 1933.)
(49) Prof. Tatomiantz: Capitalisme, Socialisme et Coopération. (Revue des Etudes coopératives, janvier-mars 1932.)
(50) $S. Tasca: Capitalismul român si Cooperatia (Bucuresti, 1926).
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temps un instrument de conservation et de progrès; elle rattache la propriété au propriétaire et l’outil à l’artisan et elle aide, par ses avantages économiques, au développement des intérêts de l’ouvrier et des faibles. »
A son tour, M. TATOMIANTZ écrit: « Le coopératisme est une synthèse du capitalisme et du socialisme. Il n’emploie ni la violence, ni les moyens politiques. Il veut mettre le service du prochain à la place du désir du profit ou du mérite. Il utilise la libre concurrence, mais il l’ennoblit. Il socialise l’économie lentement et paisiblement, sans la bureaucratiser. Il tend à supprimer l’anarchie de la production en réunissant dans la même main les moyens de travail et de production. Il éduque les hommes qui, dans la coopération, aident les autres en s’aidant eux-mêmes. Le coopératisme unit le matérialisme du capitalisme à l’idéalisme des religions. »
De celui-ci, il faut rapprocher la parole de Charle KINGsLEY: « Le diable chuchote aux oreilles des hommes qu’ils doivent tout renverser autour d'eux, terre et ciel; mais il n’ose jamais leur dire qu’ils doivent d’abord se corriger eux-mêmes. » Or, cette amélioration des hommes par eux-mêmes doit être, grâce à un moyen universel, généralisée. Ce moyen, pour MAURICE, est la coopération, « par laquelle on fait observer le commandement divin: « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
La coopération ne peut pas se limiter sur le territoire étroit des Trade Unions; elle ne peut pas être le privilège d’un groupe religieux, non plus d’une classe sociale; — « le coopératisme veut réaliser non seulement l’amour du prochain, mais aussi l'amour de tous les hommes, même lointains, il veut servir toutes les classes de l'humanité, en créant non seulement des associations locales, nationales, mais aussi des associations internationales. »
Or, comme disait le docteur Gunter WEHENKEL: « La tendance de base est sociale, mais non socialiste; individuelle, mais non individualiste. »
C’est pourquoi l'Ecole de Nîmes s’opposait autant au « laisserfaire » qu’à la « valeur créée par le travail », restant fidèle à « la valeur créée par le besoin, par la demande », et, comme dit Eduard Boyve, « le gouvernement n’appartient ni aux proprié-