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Pour KAUFMANN: « La société coopérative est une association d’un nombre variable de personnes qui, unies par leur libre volonté sur la base d’égalité des droits et des responsabilités, transfèrent certaines de leurs fonctions économiques à une entreprise commune, en vue d’obtenir un avantage économique. »
M. Alfred Nastr donne une définition plus vaste et plus exacte encore: « Les coopératives sont des institutions sociales se définissant à la fois par leur but et le moyen employé pour parvenir à ce but.
« Le but, c’est — suivant l’objet de la coopérative — soit de faire réaliser aux intéressés la plus grande économie possible sur l’acquisition ou la location des choses dont ils ont besoin, soit de leur faire obtenir la plus forte rémunération de leur travail.
« Le moyen, c’est l’union entre les personnes désireuses de se procurer le même avantage, et la formation d’une entreprise commune avec un capital provenant des apports de tous les associés.
« Pour que le moyen fonctionne de manière à atteindre le but, les excédents sociaux sont partagés entre les acheteurs, les emprunteurs, les locataires ou les producteurs, suivant le cas, au prorata de leur chiffre d’affaires ou de travaux avec l’organisation, après prélèvement des sommes à affecter aux services et aux réserves prévues par les statuts en vue du rayonnement de la coopération (développement de l’entreprise, propagande, œuvres de solidarité, etc.).
« Cette définition fait ressortir comme il convient la subordination dans laquelle doit se trouver le capital par rapport à la personne humaine. »
— Mais ne multiplions pas les définitions, « parmi la grande quantité de définitions de la Coopération, il n’en existe pas une qui pourrait satisfaire tout le monde ». (37)
Donner une définition précise, complète et générale de la
Coopération, « beaucoup le déclarent impossible ». (38)
(37) V. Tatomiantz: Coopération mondiale, 1923, p. 38. (38) P. Ramadier: Définition et nature juridique des coopératives de consommation (Paris, page 1).
=. JD
Le mot « Coopération » n’est pourtant qu’un terme simple, mais « méfions-nous des termes simples en apparence. Un emploi prolongé dans le langage courant les rend si familiers qu’une explication devient inutile, alors que souvent ils réussissent à cacher leur nature véritable sous la patine du temps ». (3?)
Et Charles GipE ne croyait pas que l’on puisse « faire rentrer sous une même définition la société de consommation et la société de production; car, malgré l'identité apparente de leurs buts, ces buts sont plutôt antagonistes ».
Pour cette raison, on recourt alors à la définition d’un seul genre de la coopération, qui échappe alors à la généralité.
De cette difficulté de définition dérive l'impossibilité d’établir une classification parfaite de la coopération, « chaque période nouvelle de l’évolution coopérative nous force à examiner les nouvelles expériences et à tenter de nouvelles classifications ».
Même les méthodes de classifications sont déjà diverses.
Il y a une classification d’après le rôle économique et social rempli par les coopératives.
D’après cette classification, TUGAN BARANOVSKY distingue des coopératives de change et des coopératives de travail; il range dans la première catégorie les coopératives de crédit, de consommation, de valorisation en commun; le second groupe est formé par la coopérative de production, d'exploitation en commun.
Alfred Nasr parle des coopératives d’intérêt général et d’intérêt privé; il donne comme exemple des premières, les coopératives de consommation, comme exemple pour les secondes, les coopératives de valorisation des produits des membres de la coopérative.
Les coopératives privées du professeur LAVERGNE sont formées par des personnes particulières, puisque les coopératives publiques sont formées avec le concours des autorités publiques, par lesquelles se réalise « la régie coopérative ».
(39) Louis Baudin: La vitesse de la circulation de la monnaie. (Revue économique internationale, juillet 1933.)
Georges SoREL réunit toutes les coopératives dans la même catégorie — parce que « toutes les coopératives évitent certaines transmissions inutiles, — rendent la circulation plus économique par une seule catégorie d’institution: — la coopérative de circulation ».
Franz OPPENHEIMER propose une autre classification, basée sur les qualités personnelles des membres. D’après cette classification, il y a des coopératives d’acheteurs et des coopératives de vendeurs. Une coopérative de crédit se range, par la qualité de ses membres, dans la première catégorie, tandis qu’une coopérative de production trouve place dans la deuxième catégorie.
Ghino VALENTI, tout en adoptant les mêmes principes, donne au premier groupe le nom de coopérative de consommateurs et au second le nom de coopérative de producteurs.
Plus souvent, les coopératives sont classées d’après leurs objets.
D’après cette méthode de classification, la plus simple est celle d’ANDRIMONT. (40)
Il distingue trois catégories de coopératives:
1° Les associations de production;
70 » de consommation;
3° » de crédit populaire.
J. G. Duca distinguait cinq catégories:
1° Les sociétés coopératives de consommation;
22 » » de crédit;
3° > » de production;
4° » » de construction;
5 » » de matières premières et d’emmagasinage.
DaupÉ-BancCEL les range en huit catégories:
1° Les associations coopératives de consommation;
29 » > de production; 3° » » de production et de consommation;
(40) Dans la première édition de son livre: Les coopératives ouvrières en Belgique (Liége, 1876).
de Les associations coopératives de travail:
5 » » de construction;
6° » » de crédit;
ré » » de participation aux bénéfices;
8° » » de participation aux béné-
fices de production et de consommation (forme mixte).
Hans MULLER donne une classification plus détaillée. Il divise tout le domaine de la coopération en deux grandes sections.
Dans la première section, il range les coopératives industrielles; dans la deuxième, les coopératives économiques.
La section [°° se compose de deux sous-section:
1° Les coopératives d'industrie indépendantes;
20 » » non indépendantes.
La section IT° se compose de trois sous-sections:
1° Les coopératives pour les achets en commun:
2 » pour la production en commun;
3° » pour l'achat et la production en commun.
Il divise ensuite les sous-sections en plusieurs catégories encore et il arrive ainsi à une classification comprenant 34 catégories différentes de sociétés coopératives.
Mais le nombre des catégories s’accroît toujours, les coopératives s'étendent aux activités les plus diverses. (41)
Le Revisionverband de Lemberg mentionne entre autres coopératives, par-exemple, une usine de béton armé, une fabrique de papier à cigarettes, un hôtel, une coopérative d’art national et un théâtre, qui toutes font partie de la même Union Coopérative.
« La coopération est mouvement et vie, elle change selon les peuples, les pays, car elle cherche à donner à l'humanité la plus grande satisfaction possible. » (42)
Toutes ces formes coopératives, « qu’il s'agisse des sociétés coopératives de consommation, des associations ouvrières de pro-
(41) H. Kaufmann: Les différentes formes de coopératives et leurs relations économiques. (Revue internationale du Travail, IV, n° 2, vol. NIIO5S)
(42) Les relations entre les différentes formes de la Coopération. (Rapport présenté au XIe Congrès Coopératif International de Gand, septembre 1924, par Albert Thomas.)