‹ Les régions septentrionales de l'or [microforme]Chapitre 3 sur 4 · DER ENS · texte numérisé non relu

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d'agréables distractions aux colons. Placés dans les limites de la pêche à la baleine, Vancouver et les ports de la Colombie anglaise peuvent devenir des points de station et de refuge habituels pour les baleiniers; déjà Victoria en à reçu un grand nombre depuis qu'Honolulu, dépossédée par une mauvaise administration d'une partie de ses avantages, n'a plus à leur offrir ni docks, ni approvisionnemens certains, ni facilités pour le radoub et l'hivernage, Les saumons. en nombre incalculable, remontent les rivières de lîle et du continent; les meilleurs sont ceux que Fon prend du milieu d'avril à la fin de juillet, Il y a une espèce plus petite, dont les individus ne pèsent guère plus de huit livres, qui se montre de juin en août: il y a aussi de larges saumons blancs, des saumons rayés, des saumons bossus, d'autres au nez crochu : toutes les variétés de ce genre se multiplient avec une incroyable abondance dans les cours d'eau et dans les lacs de ces côtes. I n'est pas difficile de ‘es prendre à la ligne, au filet, et parfois on voit sur un banc de sable un ours les pêchant à coups de grilles. Ceux de la grosse espèce atteignent un poids de 50 livres. Les Indiens les prennent de toutes les facons, dans des piéges ingénieusement tendus, dans des baquets disposés de manière à les recevoir quand ils sautent: lorsque les eaux sont basses, ils les tuent à coups de flèches et de pierres. Des esturgeons, souvent d'un poids énorme, se rencontrent en grand nombre sur les barres, à l'entrée des rivières. Les truites et les truites saumonées sont également très abondantes. On trouve encore des raies, des carrelets, des plies, des écrevisses. À la côte, il n'y a pas de homards, mais beaucoup d'huitres.

La chasse et la pêche, avec leurs produits faciles, ne sont pas un mince attrait pour quelques-uns des émigrans de la Grande-Bretagne ; ils se vantent de pouvoir se donner, à moindres frais, pius de plaisir que les opulens gentlemen dans leurs parcs d'Angleterre et d'Écosse. Is deviennent aussi propriétaires fonciers à meilleur compte. De vastes espaces de terrain dans Vancouver et dans la Colombie ont été marqués pour l'occupation coloniale, et tout sujet anglais peut acquérir 160 acres, excepté sur les territoires réservés aux Indiens et marqués pour l'établissement de villes où pour quelque autre appropriation publique. Pour garantir son titre à la possession, ce que dans les colonies anglaises on appelle claëm, le claimant n'a qu'à se présenter au juge le plus voisin et à lui faire consigner le fait de l'occupation avec la description des limites occupées. Il ne paie rien pour la terre, mais seulement un léger droit d'inscription. C'est plus tard seulement, quand la mise en valeur a été commencée, que le gouvernement perçoit des droits. L’immigrant ou ses héritiers acquièrent alors un titre de propriété moyennant une somme de

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10 shillings qui peut être réduite par le gouvernement à 5 par acre. Ce mode d'acquisition, avec jouissance antérieure au paiement, est ce que l’on appelle du nom particulier de preempting. Les États- Unis ont mis ce système en vigueur il y a une trentaine d'années, daus les premiers temps où l'immigration commencait à pousser son flot vers l'Amérique.

Pour favoriser le défrichement, il a été convenu qu'un colon, anrès avoir fait subir à un lot une amélioration évaluée à 10 shillings par acre, pouvait le vendre et en transférer le titre de propriété. Aux 160 acres qu'il a primitivement acquis, l'immigrant peut en ajouter une quantité indéterminée au prix de 10 shillings l'acre, dont moitié comptant et le reste à terme. Les terres prises, puis abandonnées, sont données aux mêmes conditions à d’autres immigrans, avec les travaux de défrichement qui peuvent y avoir été faits. Les différends de limites entre voisins sont portés au magistrat le plus proche, avec appel aux cours supérieures. La loi donne aux étrangers qui prêtent le serment d'allégeance les mêmes droits et priviléges qu'aux sujets anglais.

Un esprit fort libéral a présidé à cette organisation: les entraves imposées aux immigrans sont peu nombreuses: l'administration à sagement compris qu'en réduisant le plus possible les taxes et les difficultés, elle attirait une population propre à mettre la terre en valeur, à en tirer profit par un juste retour, et à diminuer les fatigues

des premiers colons. Des mesures non moins prudentes ont présidé à l'organisation des mines, et sous ce rapport la vallée du Frazer va nous donner le spectacle singulier d’une région aurifère épargnée par la misère et le crime.

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