‹ Les règles de la composition typographiqueChapitre 14 sur 29 · MAJUSCULES · texte numérisé non relu

MAJUSCULES

Pour l'emploi de la capitale dans les titres d'ouvrages, on se reportera au chapitre précédent (Titres d'ouvrages).

Voici les principales règles qui président à l'emploi de la capitale ou du bas de casse dans les autres cas :

Prennent la capitale :

1° Les mots synonymes de Dieu :

le Seiijninir. — l'Etre suprême.

Quand le nom se compose de plusieurs mots réunis par un trait d'union, chacun d'eu.x prend la capitale :

le Très-Haul. — le Saint-Esprit.

Dieu prend le bas de casse s'il désigne les divinités du paganisme :

Mars est le dieu de la guerre.

2" Lo premier mot d'un vers, d'une phrase, d'un alinéa, et de toute citation précédée d'un deux points.

3» Lorsqu'une énumération est disposée en alinéa, on met la majuscule :

Le monde se divise en fiii([ parties : 1° L'Europe; 2° L'Asie, etc.

Si l'énumération n'est pas disposée en alinéa, on ne met pas de majuscule :

Le monde se divise en cinci parties, cjui sont: 1° l'Europe; '2" l'Asie, etc.

i" Les mots désignant des êtres moraux ou abstraits, quand ils sont personnifiés :

La Renommée ne vient souvent riu'après la Mort.

5° Les planètes, les constellations :

Mars, le Bélier.

6" Les fêtes religieuses :

la Pentecôte.

7° Les grands faits historiques :

la Révolution.

— 41^ — 6" Les noms des rues, places, etc. :

la rue des Mauvais-Garçons.

9° Les noms des monuments, églises, etc. :

l'Opéra. — rOtléon. — église de la Trinité.

10° Les noms désignant une institution, un corps constitué, les ordres religieux, civils ou militaires :

lAcadémie française. — la Lé.iiion d'honneur.

11" Les surnoms et sobriquets prennent la capitale sans trait d'union :

Louis le Grand.

12" Les titres honorifiques, tels que :

Son Eminencc. — Leurs Alless(;s.

13" Les noms de peuples :

les Fiançais. — les Anglais.

14" Les adjectifs servant à dénommer une contrée, une mer, une île, etc. :

la mer Rouge. — le golfe Peisique.

15" Les noms des points eartliiiaux employés pour (16sl,iLi:ner une partie de pays, une étendue de territoire :

rAinéi-i(pi(; du Nonl. — aller daiis Ir Midi.

IG" Les noms patronyminues employés substantivement :

les Bourhens.

17" Les noms de lieux, de monuments, de rues auxquels on ajoute un (lu plusieurs mots servant ù les distinguer, prennent entre ces mots des traits d'union et prennent des capitales à tous les mots, excepté à l'article ou à la préposition qui les unit :

SiuiU-Étienne-du-Mont. — Vitryde-François.

rue du Faubourg-Montmaitre.

18° Le mot Église, employé pour désigner l'autorité acceptée par les chrétiens ou pour désigner la réunion de ces chrétiens, prend la capitale :

Une lellre du pape a été envoyée à rÉ;;lise de Fi'anee.

Mais, lorsque le mot église désigne un monument, il prend le bas de casse :

l'église Xoirc-Dame.

19° Le mot État, désignant la nation, le pays, veut la capitale :

La France est un puissanl Etat.

Dans tous les autres cas, il prend le bas de casse :

l'état des affaires. — l'état de typographe.

Prennent le bas de casse :

1° Les noms de membres d'un ordre monastique :

un carme. — un templier.

Mais, si l'on désigne l'ordre lui-même, on mettra la capitale :

l'ordre des Templiers, des Carmes.

2° Les noms des points cardinaux :

le nord. — le sud.

Mais si l'on désigne une certaine étendue, une partie de pays, on mettra la capitale :

mer du Sud. — raisins du Midi.

3° L'adjectif dérivé d'un nom propre :

La lantiue française est belle.

Mais, si ce mot est employé comme nom propre, il prend la capitale :

Les Français sont courageux.

4" Lorsque dos noms d'hommes, de lieux, de villes ont été donnés à des choses, ils prennent le has de casse :

un r[uin(|U<'t. — un v(^i ro de chanipai^ne.

Mais si, par ellipse, on supprime des mots et qu'on dise :

un Molière (pour 1rs (inivrcs de M(ilière), un Raiihaél (imurun laiilcau de Raphaël), un Murillo (pour un lahicau de Murillo),

on conservera évidemment la capitale.

5" Le mot saint placé devant un nom se met sans capitale et sans trait d'union :

Le roi saini Louis fui lion pour ses sujets.

Mais si l'on désigne la fête du saint, on met la capitale et le trait d'union :

la Saint-Louis. — la Sainte-Lucie.

Employé dans les noms de lieux, il prend la capitale et le trait d'union :

Sninl-Germain-rAuxcrTDis.

Les groupes de mots servant à former un nom propre donnent lieu, ainsi qu'on vient déjà de le voir, à un emploi de capitales des plus divers. Nous ajouterons, comme règle générale :

On donne la capitale au mot qui distingue véritablement le nom composé, à celui qui concourt à en faire un nom propre, au mot de valeur :

la forêt Noire. — la place du Trùne.

la mer Rouge. — la fontaine des Innocents.

l'océan Pacitkjue. — l'Orateur romain (Cicéron).

S'il est des cas où le mot de caleur se montre clairement, il en est beaucoup d'autres où l'embarras est grand. Nous pensons que, dans tous les cas douteux, on devra donner la préférence au premier mot, car le groupe de mots désignant une seule personne ou un seul objet peut logiquement se considérer comme un seul mot et se traiter comme tel :

rAcatlémie des sciences, le Conservatoire de musique.

Il arrivera aussi iju'on donnera souvent la

capitale à doux mots du inéuie groupe, avec le trait d'union :

11' Ponl-Neiil. — le Palids-Unyal.

Ces cas sont consacrés par l'usage.

Nous ferons remarquer que pour ces groupes de mots, où l'embarras semble si grand dans l'emploi de la capitale, certaines langues étrangères ont une solution plus simple. Elles lient ces groupes par des traits d'union, ainsi :

Hùlel-cle-ia-MoniKiie,

ou même soudent le mot de cette façon :

Ilùti'ldelainoiinaie.

On voit que nous ne nous écartons pas de la logique en préconisant l'emploi de la capitale au premier mot du groupe en cas de doute sur le mot de valeur.

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