CLXXX VII
Bucanan, qui d’un vers aux plus vieux comparable Le surnom de Sauvage ostes à l’Écossois,
Si j'avois Apollon facile en mon François,
Comme en ton Grec tu Las, et Latin favorable,
Je ne ferois monter, spectacle misérable,
Dessus un échafault les misères des Rois :
Mais je rendrois par tout d’une plus doulce voix Le nom de Marguerite aux peuples admirable :
Je dirois ses vertuz, et dirois que les cieux, Layant fait naistre icy dun temps si vicieux Pour estre l’ornement, et la fleur de son aage,
N'ont moins en cest endroit demonstré leur sgavoir, Leur pouvoir, leur vertu, que les Muses d avoir Fait naistre un Bucanan de l'Écosse sauvage.
Sire, celuy qui est, a formé toute essence
De ce qui n’estoit rien. C'est l'œuvre du Seigneur:
Aussi tout honneur doit fléchir à son honneur,
Et tout autre pouvoir céder à sa puissance.
On voit beaucoup de Roys, qui sont grands d anpa frence :
Mais nul, tant soit il grand, n'aura jamais tas lle
De pouvoir à la vostre égaler sa grandeur :
Car rien n'est après Dieu si grand qu'un Roy de
[France.
Puis donc que Dieu peult tout, et ne se trouve lien Lequel ne soit encloz sous le pouvoir de Dieu, Vous, de qui la grandeur de Dieu seul est enclos,
Élargissez encor sur moy vostre pouvoir, Sur moy, qui ne suis rien: à fin de faire voir Que de rien un grand Roy peult faire quelque chose.
TABLE DES MATIÈRES
Ad Lectorem .................... 8 A Monsieur d' Avans n.
A son livrr̃-e eee.
Sonnet VIII. A Rons arg..
— I. France, mère des arts. — XII. A Olivier de Magny ).
— XX. A Rons are.
— XIII. Au même. ...........
— XXIII. Sur le Francus de Ronsard. .
— XIXIIII. A Baïf,. JJ.
— XXV. Présage sinistre. .......
— XXVI A Ronsard. ..........
— XXXI. Heureux qui comme Ulysse (Sonnet du petit Lyré). . ..
— XII. Sur la mort d'un ami.
— LIIL Vivons (Gordes), vivons. ..
— LI. A Baf. ............
— IXV. Contre un pédante. . .....
— LXVII. A Olivier de Magny......
— LX. Les deux Rome — LIXII. Le Concla ee
TABLE DES MATIÈRES
Sonnet LXXXVI.
Sonnets réservés.
Sonnet CXX.