‹ Les reines de l'émigration: Anne de Caumont La Force, comtesse de BalbiChapitre 100 sur 206 · Forneron, tome I", page · texte numérisé non relu

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quent de croire que Romanzoff subjugué par son charme mit tout son zèle à lui plaire et à lui venir en aide pour l'exécution rie ses plans.

Ses démarches et ses instances auprès de sa souveraine ne furent pas inutiles, car c'est auprès de la grande Catherine que les princes trouvèrent le plus solide appui, et, si la mort n'était venue brusquement, en 179G, l'empêcher d'éxécuter ses promesses, il est bien probable que les événements auraient pris un autre cours. En tous cas c'est de l'Impératrice qu'ils reçurent le plus d'encouragements et de secours de tout genre, et il est très probable que MUU! de Balbi, par son influence sur Romanzoff empressé à lui complaire, n'y demeura pas étrangère.

La politique et les affaires auxquelles elle prenait une part si active auprès du comte de Provence ne lui faisaient cependant pas oublier les élégances dont elle était coutumière. Entre temps, elle songe à sa résidence parisienne et aux objets qui y sont demeurés.

Nous possédons un état des papiers appartenant à M,ne de Balbi et saisis chez elle au moment où elle fut inscrite sur les listes d'émigration1.

1. Archives nationales. Émigrés et condamnés. Séquestres T. 1695 n« G7 J. et T. 254.

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Rien de plus curieux que ces dossiers poudreux qui contiennent sans distinction tous les papiers trouvés au domicile des émigrés et qui, déposés aux archives nationales, sont pour la plupart vierges de toute recherche. Dans ces liasses compactes, on fait souvent les plus étranges trouvailles, car les documents les plus dissemblables s'y trouvent rassemblés : factures, papiers d'affaires, lettres intimes ou billets galants. Dans l'un d'eux, pêle-mêle avec des comptes et des mémoires, on trouve la correspondance amoureuse échangée entre un maître d'hôtel et une femme de chambre de MD,e de lïalbi; et ces lettres d'un style ampoulé et naïf, à la fois prétentieux et touchant nous font assister à toutes les phases de cette idylle un peu prosaïque entre Frontin et Lisette. Les déclarations, les reproches, les scènes de jalousie, de reconnaissance s'y succèdent tour à tour et nous offrent un curieux tableau, pris sur le vif, des mœurs de l'office et de l'antichambre qui nous étaient inconnus.

Malheureusement, les pièces les plus intéressantes des papiers séquestrés ont disparu. Onze cartons concernant Mn,c de Balbi avaient été déposés aux archives, cinq grands registres et vingt-sept petits pour les dépenses; mais, à sa rentrée en France, celle-ci, usant du droit que lui accordait

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sa radiation de la liste des émigrés, s'empressa de se faire rendre la plus grande partie de son séquestre1. Une fiche ajoutée à son dossier nous apprend que le 15 germinal an XIII (5 avril 1805) elle se fait remettre par le garde des archives du domaine national de la Préfecture du département de la Seine, les pièces provenant de l'inventaire de feu Prédicant2.

Les dossiers qui subsistent nous apportent encore de curieux renseignements, ils contiennent de nombreuses lettres écrites de Coblentz aux serviteurs que Mme de Balbi a laissés derrière elle, et nous renseignent sur les illusions qu'on se fait à Paris aussi bien que dans la capitale de l'Émigration. Une grande partie de ces billets est adressée à un certain Veniée, maître d'hôtel et homme de confiance de la comtesse, qu'on charge de commissions sur l'exécution desquelles on lui fait les

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