‹ Les reines de l'émigration: Anne de Caumont La Force, comtesse de BalbiChapitre 105 sur 206 · Mémoires de la duchesse de Gontaut, p. ti · texte numérisé non relu

Mémoires de la duchesse de Gontaut, p. ti

chie, qu'elle aurait comme lui voulu défendre ooiitre sos propres faiblesses.

IVous l'avons suivie depuis 17N(.l dans ses fréquents voyages en Angleterre, en Belgique et en Allemagne, chargée des missions les plus délicates, et, depuis son arrivée à Coblentz, elle se trouvait étroitement mêlée à toutes les intrigues politiques. Mais, au cours des négociations engagées, elle avait vu Monsieur prolester avec fermeté contre tous les projets des puissances tendant à l'amoindrissement de la France et, tout en approuvant hautement sa fière attitude, elle avait pu, dès lors, se convaincre du peu d'aide qu'on pouvait attendre de l'étranger.

Cependant ses conférences avec les diplomates et les ambassadeurs des principaux souverains de l'Europe ne l'avaient point l'ait renoncer à l'existence brillante qu'elle aimait et qu'elle avait menée jusque-là; aussi, ne se croyant pas tenue à l'austérité, elle menait hardiment de front les plaisirs et les affaires. Après avoir conféré gravement avec Calonne, le maréchal de Custine, Jaucourt, Flachslanden 4, (lazalis, Foucault, le prince

1. Le baron de Flaclislanden, maréchal de camp, mort à Blankenburg en août 1797. Député aux états Généraux, Émigré, fit la campagne de 1792 à l'armée des princes et était membre du conseil du comte de Provence pendant son séjour à V érone.

LA HEINE DE C.OIILENTZ. 363

de Nassau' et le baron de Dominique2, premier ministre de l'Électeur, qui se groupent autour du comte de Provence ', elle redevient la reine de toutes les fêtes et préside gaiement les plus brillantes réunions.

Lorsque vient la mauvaise saison, les princes trouvant Schônbornlust trop froid, se décident à changer de résidence. Leur choix s'arrête sur le Leyen-Hof4, palais appartenant au comte de Leiningen que ce dernier met gracieusement à leur disposition, et situé dans l'intérieur de la ville. Ils s'installent le 1-2 novembre 1701, après avoir meublé le palais à leurs Irais et avoir décidé que leurs propres gardes du corps seraient désormais chargés du service de garde.

Le palais, quoique fort beau, n'a pas les proportions de Schônbornlust, aussi, bien des courtisans n'y peuvent trouver place et il faut louer la « Deutsche Haus », maison de l'ordre Teutonique, pour y loger la suile et même le conseil des princes : le maréchal de Broglie, l'évèque

1. Othon, prince du Nassau-Singen, vice-amiral au service du la Russie, né en 1743, mort en 1809.

2. Ferdinand, banni du Duminique ou Dominique, ne un 1742, à Frihourg-en-Brisgau, du parents français, ministre de l'Electeur de

rùves, mort à Vienne 1<* M mars 1803.

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