‹ Les reines de l'émigration: Anne de Caumont La Force, comtesse de BalbiChapitre 108 sur 206 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Favorite et dame d'atours. — La marquise de Pompadour et Marie Leezinska. — Une situation délicate. — Bons rapports. — Le récit d'Augeard. — Plaintes de la comtesse dr Provence. — Le vin frelaté. — Mma de Gourbillon. — Réserves à faire. — Projet de départ pour Tarin. — Insistance de Madame pour emmener Anne de Balbi. — Les adieux des princes de Saxe. — Récit du voyage. — Mécontentement de M"" de Polastron. — Arrivée à Mayence. — Réception de l'Electeur. — Retour du comte d'Artois. — Le journal de Charles-Félix de Savoie. — Jugements sévères. — Victor- A médée 111 et ses enfants. — Austérité de sa cour. — Réclusion de la comtesse d'Artois. — - Mmc d ; Balbi quitte Turin. — Lettre qu'elle adresse à Monsieur. — Luxembourg. — Namur. — Le comte de Provence à Uamm. — La maison de bois. — Anne de Caumont s'installe à Bruxelles.

— Intérêt qu'elle prend à la politique. — Lord Malmesbury.

— Sa lettre à M™' de Balbi. — Départ de Monsieur pour Lyon.

— Le regret de l'inaction. — Prise de Toulon. — Le comte de l lsle à Turin. — Arrivée à Vérone. — Le « Borgo San Domino».

Certains historiens se sont étonnés que la comtesse de Provence ait conservé comme dame d'atours la favorite déclarée de Monsieur; ils ont oublié sans doute que pareille situation n'était

pas sans précédent; M"" de Pompadour avait été dame d'honneur de Marie Leczinska et M""' de Montespan surintendante de la maison de Marie- Thérèse.

Quelque étrange que puisse sembler une situation aussi délicate il est bien certain qu'Anne de Caumont-La Force continuait à remplir les devoirs de sa charge; le comte deNeuilly, en nous faisant le tableau des soirées de la favorite, a soin de spécifier que les réunions ne commençaient que, lorsque après s être acquittée de son service auprès de Madame elle se trouvait libre de rentrer chez elle pour y présider son cercle habituel.

Hien ne prouve que de mauvais rapports se soient établis entre la princesse et sa dame d'atours, la première semble avoir été résignée ou indifférente, et la seconde était assurément trop fine et trop adroite pour n'avoir pas employé toutes les ressources de son esprit délié à éviter les dangereux écueils de cette difficile situation.

Un seul témoignage d'un contemporain vient à rencontre de cette opinion pourtant si vraisemblable; c'est le récit que nous fait Augeard2 de

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