‹ Les reines de l'émigration: Anne de Caumont La Force, comtesse de BalbiChapitre 168 sur 206 · Archives du château de Vie-sur-Aisne · texte numérisé non relu

Archives du château de Vie-sur-Aisne

3. La princesse Belgiojozo était née Trévuree, demi-sœur de la marquise d'Aragon, née Visconti de Milan, belle-mère de la comtesse d'Aragon actuelle, née Lordat. Le salon de la princesse Belgiojozo, rue d'Anjou, fut célèbre sous Louis-Pbilippe. — Voyez sur ses originalités les Souvenirs de Daniel Stem.

d'une heure chacune au propriétaire de la maison (|ue vous désirez, ma verbeuse éloquence a obtenu qu'il vous louerait cette maison pour un an quatre mille francs; les impositions, le jardinier, le portier sont à votre charge. Il fera les réparations intérieures que nous stipulerons, il y a ici un homme d'affaires fort intelligent qui préparera, si vous le désirez, un projet de bail qui vous sera soumis et dans lequel les améliorations que vous désirez, et qu'il s est engagé à faire, seront bien expliquées. Les gages du portier ne sont que de cent francs, le jardinier, suivant ce que vous exigerez de lui.

» Disposez de moi princesse et sans le moindre compliment, car il y a beaucoup d'égoïsme dans mon fait, je serai si heureuse de vous posséder cet été à Versailles !

Mille compliments à Madame votre sœur et agréez l'assurance des sentiments que vous m'avez inspirés.

» Comtesse de Balbi, née Gaumont-La Force.

» Versailles, ce 17 décembre 18... »

Une autre lettre écrite à une amie et datée de Bel le vue où elle est allée passer l'été nous raconte fine aventure qui a failli lui coûter cher.

« J'ai été empoisonnée, écrit-elle, ainsi que tous

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mes domestiques et deux personnes qui ont dîné chez moi, par une imprudence de ma cuisinière; ma maison ressemble à un hôpital. Nous avons tous beaucoup sou lier t par le vert -de -gris. Son effet sur moi a été tel que j'ai été sept jours sans pouvoir rien rendre de tout ce que je prenais. Aujourd'hui je suis mieux1. »

Dans la même lettre elle dit que son « sort n'est pas fixé » et qu'elle craint « de ne pouvoir conserver sa maison », c'est cette seule raison qui l'empêche d'offrir l'hospitalité à M. de la Motte, un ami dans le besoin.

« Pourquoi faut -il, ajoute-t-elle, que le maudit argent fasse la loi aux pauvres humains!... Ma pauvre tête est bien faible et mon estomac ne vaut guère mieux, je voudrais pourtant bien vous voir et vous dire tous les vœux que je forme pour votre repos, car de bonheur il n'en existe pas dans ce monde... »

L'accident dont elle a été victime influe sans doute sur son moral et explique ce ton de mélancolie qui ne lui ressemble guère!

La politique l'intéresse et elle ne craint pas d'en discuter :

« C'est beaucoup pour la faction des importants

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