AVANT-PROPOS XXVII
des aventures trop bruyantes, elle ne fut pas l'héroïne des scènes de lubricité vulgaire dont parle Tilly, et elle ne descendit jamais à des amours de bas étage.
Quand sonna l'heure de l'émigration, Mme de Polastron 1 s'était éloignée une des premières avec cette duchesse de Polignac qui fut si admirée, tant aimée, tant pleurée, et dont le cœur égalait la beauté : elle allait rejoindre le comte d'Artois.
Mme de Balbi, au contraire, installée à Londres lors des journées d'octobre, reprit le chemin de la France sitôt qu'elle apprit la gravité des événements qui venaient de se passer; elle accourut au Luxembourg se ranger aux côtés de Monsieur et remplir auprès de Madame les devoirs de sa charge de dame d'atours. Pendant près de deux années, on la verra demeurer ainsi auprès du comte et de la comtesse de Provence, et lorsqu'elle s'éloigne d'une façon définitive, c'est pour retrouver à Mons, après
1. Gabrielle-Yolande-Claude-Martine-Jeannc de Polastron, du chesse de Polignac, né en 1749, morte en 1793.
XXVlil AVANT-PROPOS
un voyage sagement calculé. Monsieur qui, sinon plus habile, du moins plus heureux que le roi son frère, a pu quitter Paris et gagner la frontière sans attirer l'attention des populations sur sa route.
Si Mrae de Balbi avait joui à Versailles et à Paris, d'une influence considérable, bien autrement grande allait être celle qu'elle devait exercer désormais. Après sa fuite de Paris, elle fait un court séjour à Mons et à Bruxelles à la suite du comte de Provence, puis enfin, le 7 juillet 1791, vient s'installer à Coblentz. C'est dans cette capitale du bon électeur Clément Wenceslas1 qu'elle va devenir réellement la reine de l'émigration,
La plupart des jolies femmes, elles aussi, sont arrivées peu à peu; outre les deux favorites, nombre de « divinités » apportent la note jolie de leurs élégances dans la nouvelle cour, Mme de Lage2, M,ne de Poul-