‹ Les reines de l'émigration: Anne de Caumont La Force, comtesse de BalbiChapitre 173 sur 206 · Collection Cbaravay · texte numérisé non relu

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ment dont M,ne de Feuchères 1 avait eu l'idée, et qui les rendait si heureux. »

Et poursuivant ses instances elle exprime l'espoir que si M,nc de Feuchères ne peut donner à Saint-Leu de logement à ses protégés elle pourra les caser à Mor fontaine ou Ermenonville. •

Le général auquel elle s'adresse, est vraisemblablement le général de Feuchères2, mari de la favorite du prince de Condé.

1. Sophie Dawesou Daws, baronne de Feuchères, née en 1795, à l'île de Wight, d'une famille de pauvres pécheurs, morte en iYîîglcterre, le 2 janvier 1841,

La première période* de sa vie est à peu près inconnue, on a raconte qu'élevée par charité, elleavait débuté au théâtre de Covent- Garden. Entrée \ers 1817 dans l'intimité du duc de Bourbon, elle ne tarda pas à prendre sur lui une grande influence. En IS18 elle épousa le baron de Feuchères, et le prince lui constitua, à cettioccasion, une rente de 72. Oui) livres. Des dissentiments ne tardèrent pas à s'élever entre les deux époux, et le général de Feuchères s'apercevanl qu'il avait été indignement trompé, se décida à se séparer de Sophie Dawes. Cette dernière continua à habiter près du prince de Condé et l'on sait dans quelles conditions le Prince trouva la mort. Accusée de complicité et de captation. M™' de Feuchères bénéficia d'une ordonnance de non-lieu et gagna le procès que lui avaient intenté les princes de Rohan héritiers du prince de Condé :

« Mroe de Feuchères, a écrit Louis Blanc, gagna son procès devant es tribunaux et le perdit devant l'opiniou publique. »

La laveur de Louis-Philippe ne put la dédommager des sévérités du public. Elle rentra dans l'obscurité et mourut d'une angine, âgée de M ans, léguant son immense fortune à sa nièce. M11* Tanceron.

2. Le général de Feuchères, avec une délicatesse qu'on ne saurait trop louer, lit donation aux hospices de Paris de la totalité de ses droits dans la succession de sa femme en 1841, et <n ISV.i il donna à Farinée une somme de cent mille francs provenant de la même succession.

LA COMTESSE DE lï.VLHI.

Et nous verrons Mn,e de Balbi revenir à la charge car M. et Mme de Fongy sont d'anciens amis et, dans ce cas, nulle démarche ne lui coûte. « Vous allez peut-être me trouver bien importune, écrira-t-elle de nouveau en 1831, au marquis d'Aragon, de venir vous relancer pour une bonne œuvre, vous m'aviez promis cent francs pour ce pauvreFongy. Vousm'avez donné un petitacompte, nous sommes à bout de voie. Envoyez-moi quelque chose en faisant remettre votre offrande à Mme de Polignac\à Montauban, pour le comptede M. de La Force ; mon frère se chargera de me remettre cet argent2 ».

Lorsqu'il s'agit d'un service à rendre, elle n'épargne ni son temps ni sa peine, et son obligeance se manifeste même envers ses fournisseurs : « Ma

\. Idalie-Jeanne-Nina de Neukirehen de Nyvenheim, née on 1771, marine en 17% à Armand-Jules Heraclius, duc de Polignao, né en 1771, mort en 1847, maréchal de camp, écuyer du roi Charles X. Elle arriva à Montauban à la suite de ses démêlés avec son mari en 18J7. accompagnée d'une nièce, M"« Ida Vauban, qui lui servait de demoiselle de compagnie. Elle habitait l'hôtel, dit aujourd'hui hôtel de Gironde, dans la rue Bessiéres. Ce fut. en effet, M. de Gironde, marié à M"' Decazes, qui l'acheta en 1847 lorsqu'elle se décida à rentrer à Paris. Elle était fort aimable, tenait maison ouverte et donnait à jouer chaque samedi à l'élite de la société de la ville, comme l'avait fait jadis M"* de Balbi. Fort originale quoique très religieuse, elle cessa pendant cinq ans de mettre les pieds à l'Eglise parce qu'elle s'était brouillée avec son curé. (Communication de M. Forestié, secrétaire de la Société archéologique de Tarn-et-Garonne.)

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