Ibidem. Lettre du 22 octobre 182ti
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sûrement à Paris une personne de confiance, envoyez-lui les papiers que vous dites me concerner, elle les montrera à M. de Saint-Paul qui demeure rue Neuve-Saint-Augustin n° 22, et nous verrons à prendre des arrangements. Je vous avouerai que j'ai absolument oublié tout ce qui concerne cette affaire, je n'ai pas même idée de vous avoir vu à Paris, comme il me semble que vous me le mandez. Mais après tout ce qui s'est passé, et à mon Age il est permis d'oublier
» Agréez l'assurance de mes sentiments.
» Balbi, née Caumont-La Force. »
En 1823 on la pressera de payer des billets souscrits à un certain Michel-Sauveur Brochier, valet de chambre de S. A. R. le duc de Leutchtenberg, à Munich. Cette lutte contre ces demandes sans cesse renouvelées fournit un aliment à son activité, elle se défend pied à pied, mais se voit parfois contrainte d'abandonner de grosses sommes et, pendant les premières années de la Restauration surtout, elle devra faire d'importants remboursements.
Mme de Lordat n'est pas plus épargnée. Le
1 . Lettre de Mm« de Balbi à M. Callay de Saint-Paul. (Communication de M. Bessant.)
25 janvier 1826 c'est une comtesse de Montlezun, habitant Troyes, qui lui réclame une somme de vingt-cinq livres sterling prêtées à son père lors de son départ pour Quiberon. « Il existe trop d'honneur dans le cœur de l'héritière du comte de Mesnard, lui écrit-elle, dans un style pathétique pour qu'elle exige d'autre preuve, car son oncle a eu pleine connaissance de cette dette. »
« Mmc de Lordat, répond M. de Saint-Paul son homme d'affaires, a été complètement ruinée par les confiscations qui ont frappé sa faimlle et elle a si peu d'espoir de rien recouvrer des indemnités, qu'elle n'accepte la succession de son père et de son frère que sous bénéfice d'inventaire. »
Jusqu'à son dernier jour M"10 de Balbi sera ainsi harcelée, et ce passif lointain et oublié viendra à toute minute troubler son existence et désorganiser son budget laborieusement équilibré!
Même après la mort de sa mère dont il lui revient une petite part de fortune, même après avoir perdu son mari qui s'éteint le 18 juillet 1833 dans sa maison de retraite de Senlis, elle continuera à être dans la gêne, sans cesse à court d'argent, et presque besogneux car, il faut bien le dire, l'ancienne favorite de Louis XVIII n'a jamais été prévoyante et elle a eu l'habitude de dépenser sans compter.
LA COMTESSE DK BALB1
A la mort de Louis XVII I, Charles X lui continue sa pension, mais lorsque vient la Révolution de 1830, le gouvernement de Louis-Philippe lui supprime fout subside; lorsque la liste civile ne fait plus rien pour elle, Mmc de Balbi se trouve dans une situation un peu précaire dont ne s'accommodent guère ses goûts et ses habitudes de dépenses. Elle se voit contrainte de vendre la calèche dont Tachât, quelques années auparavant lui avait causé une joie d'enfant! Il lui faut même diminuer son personnel mais elle ne se résigne pas à se séparer de son grand valet de chambre qui répond au nom de Farcy et qu'elle affectionne plus que ses autres gens car il l'a suivie dans l'émigration, il a vieilli à son service et a montré un dévouement à toute épreuve1. C'est au sujet de ces réformes qui lui sont si pénibles qu'elle exprime ses doléances à son homme d'affaires qui, comme toujours, lui sert de confident. La lettre est datée du 18 décembre 1835, cinq mois après la mort de M. de Balbi à Senlis.
«... J'avais, avant la première révolution, 65.000 livres de rente viagère sur l'État, que je devais aux bontés de Louis XVIII, ces rentes ont été réduites au tiers et la confusion m'a fait tout