Souvenirs du comte de NeuUly
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portant élégamment la veste bleue de roi et l'habit rouge galonné des gardes du corps de Monsieur.
Au printemps de 1792 Mu,e de Balbi partit pour Turin où elle allait accompagner Madame. Son fils resta-t-il auprès de Monsieur et demeurat-il à l'armée des Princes, c'est ce que nous n'avons pu découvrir, les renseignements font totalement défaut sur cette partie de son existence. Ce qui est certain, en tout cas, c'est que trois ans plus tard, le 14 ventôse an IV (4 mars 1796), on le retrouve à Gènes où il se fait inscrire au livre d'or de la noblesse génoise.
Il est vraisemblable que sa mère peu soucieuse de le faire participer à son existence un peu vagabonde, à travers les capitales de l'Europe avait pensé sagement qu'il ne pouvait trouver de meilleur refuge qu'auprès de la famille de son père. Mais il n'allait pas y séjourner bien longtemps : dès le 10 thermidor an IV (28 juillet 1796) il est de retour en France et muni d'un certificat du ministre plénipotentiaire de la République Ligurienne il obtient le 27 thermidor an IV (14 août 1796) une carte d'hospitalité comme patricien génois, qui lui permet de rester à Paris1.
1. F1 Arch. nat. Affaires politiques, Police générale, 6157. dossier n» 1235.
Immédiatement il s'occupe de présenter une demande pour se faire rayer de la liste des émigrés où il figure depuis le mois de mars 1791 (ventôse an II).
Il explique 1 que c'est son père et non pas lui que concerne cette inscription, laquelle n'est en réalité que le résultat d'une double erreur, puisque M. de Balbi ne peut être, comme étranger, frappé par les lois de l'émigration et que son fils se trouve dans une situation identique. Ce dernier du reste est sorti de France alors qu'il était en bas âge, son départ a eu lieu avant la Révolution et n'a été motivé uniquement que par les nécessités de son éducation. Quant à son père, étant interdit, il n'était pas maître de sa personne et ne peut être par conséquent soupçonné d'avoir eu part à cette décision.
Enfin celui-ci peut d'autant moins être maintenu sur la liste des émigrés qu'il est reconnu qu'il n'a pas quitté un seul jour l'hospice de Senlis.
Jean-Luc-Jérôme-Armand de Balbi demande donc en conséquence à être compris dans les exceptions portées par les lois des 28 mai 1793 et 25 brumaire an III (15 novembre 1794) relativement aux Français absents avant le 1er juillet 1789,