Àrch. Nat. A F ,v 1510. Rapports de police générale
2. Renseignements communiqués par M. Lucien Lazard, directeur des archives départementales de la Seine.
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il eût été bien curieux de le connaître, mais malgré mes recherches je n'ai pu arriver à le découvrir; tout ce que j'ai pu savoir c'est qu'elle était née en Corse, à Bastia, de Gaétan Varèse (ou Varisse) et de Marie-Anne Goyer, son épouse.
A la mort d'Armand de Balbi, elle figure dans sa succession comme usufruitière d'une rente de 000 francs à o 0/0. Mais ce renseignement ne nous apprend ni ce que fut son existence ni à quelles aventures elle se trouva mêlée. Les archives de la famille deSalm, à AnhaK* sont absolument muettes à son égard, et le prince de Salm-Salm actuel a fait obligeamment à son sujet, sur ma demande, des recherches qui sont restées infructueuses.
En tout cas elle n'eût pas pour époux le prince de Salm qui avait construit le délicieux hôtel de Salm devenu le palais de la Légion d'honneur. Celui-ci mourut sur l'échafaud, en 1794, victime de ses illusions après avoir au début chaudement embrassé le cause révolutionnaire. Il appartenait à la branche de Salm-Kyrburg2. Il avait épousé une Hohenzollern.
2. Un autre mariage non mois étrange a\ait eu lieu dans la famille de Salm, à peu près à la même époque ; le prince de Salm- Dyck avait épousé une certaine Constance de Thévis, femme divorcée d'un sieur Pipelet, bandagiate, celui qui fournit les appareils herniaires du petit dauphin Louis XVII.
Ce qui est certain, c'est que cette aventurière qui avait couru Je monde avec Armand de Balbi, était au moment de sa mort peu entourée par sa famille, car ce furent un tailleur <;t un concierge qui figurèrent comme témoins dans l'acte de décès1 .
Mais bien avant cette époque un grave événement était venu changer les conditions d'existence du jeune Balbi ; il s'était marié et avait contracté une union qui peut nous paraître à bon droit singulière.
Un an après sa radiation de la liste des émigrés, le 26 brumaire an X (17 novembre 1801) Armand de Balbi avait nommé le sieur Courtois, « curateur-gérant de l'interdiction » de son père pour faire un nouvel inventaire des biens de ce dernier, et le 9 messidor an XIII (28 juin 1805), il se présentait en compagnie de sa mère devant Mc Guérin, juge de paix du onzième arrondissement de Paris.
Tous deux exposent leurs griefs, Mme de Balbi déclare qu<> « maintenant radiée de la liste des
1. Les princes de Salm qui vécurenten France, sont les suivants :
Prince Emmanuel, né en 1742, qui servit en France jusqu'à la Révolution et mourut en 1808 sans être marié.
Prince François-Joseph, marié à Antoinette de Maimbourg, mort sans enfants en 1810.
Auguste-Louis, mort à Salm, en 1813, des suites de blessures reçues à la bataille de Leipsig, marié à Euphrosine de Carvoisin (archives d'Anhall et de la principauté de Salm).
émigrés elle demande à jouir des avantages résultant en sa faveur, de son contrat de mariage » et elle réclame non seulement la pension de 0,000 francs consentie par son mari « pour son entretien, son jeu et ses autres petites dépenses personnelles », mais aussi « l'état de maison dont elle jouirait sans l'interdiction de son mari ».
Armand de Balbi parle à son tour : il annonce qu'il est sur le point de se marier, qu'il va épouser la dame Sophie-Caroline Thiéry, épouse divorcée, et il demande, en conséquence, qu'une dot conforme à sa position lui soit constituée. Pour cela il présente un état qui montre son père possédant des biens donnant un revenu de 41.045' fr. 69 c, déduction faite de l'impôt, mais sur lequel il faut prélever la pension de ce dernier, les gages des domestiques attachés à son service et les rentes aux hospices. En tout 9.170 francs.
Il reste donc 31.875 fr. 69 c. de rente. Le conseil de famille se réunit aussitôt. Il comprend :
François-Marie Balbi, Génois, cousin germain de l'interdit;
Jacques-François-Marie Balbi, cousin ;
Honoré de Monaco, militaire, cousin. Tous liabitent Paris et représentent au conseil le côté paternel.
Du côté maternel il ne s'est point trouvé de parents.
Viennent ensuite les amis du mari, ce sont :
Renon, négociant à Paris, rue de (irammont, 573;
Dominique de Brémond, militaire, rue de la Fermedes-Mathurins, 15;
Armand Lebrun de la Houssaye, général, rue Saint- Joseph, il.
Viennent ensuite :
Biaise d'Estourmel, général de division, représenté par Henri Dodmant, rentier à Paris, rue de la Monnaye, 25, porteur d'une procuration signée par -le général, à Suzanne, dans la Somme (sic), sa résidence;
François-Philibert Nompar de Caumont, demeurant à Thubeuf, dans l'Orne, représenté par Charles-Hector Aviat, également porteur d'une procuration.
MM. d'Estourmel et de Caumont, sont conseils de la curatelle.
Le conseil après avoir « en son âme et conscience » reconnu fondées les demandes, et les avoir examinées hors de la présence de la mère et du fils, accorde à la pluralité de six voix « une pension de quinze mille livres, annuellement à Mme de Balbi1.
1. Pour la lui constituer, le conseil lui abandonne la ferme du Grand -Phamphon, sise à Brie, une rente due par le sieur de Tracy, les rentes dues par le Gouvernement et placées sur la tète de M. de Balbi père, et de M— de Tracy, et enfin trois cents francs dus par des particuliers.
Le conseil s'occupe ensuite du jeune Balbi y. fait droit à sa demande. Il reçoit comm) d3t,e n avancement d'hoirie de la succession de son père, dont il est le seul présomptif héritier 1 des biens représentant un revenu de 12.000 livres.
Mme de Balbi est en outre nommée tutrice ad hoc de son fils 2.
L'acte indique qu'à cette époque, la mère et le fils sont domiciliés, l'un et l'autre à Paris « 19, rue Saint-Nicolas, chaussée d'Antin », ce qui doit faire supposer qu'ils sont en bons rapports au moins d'une façon temporaire. En tout cas, quelques jours après, le 24 thermidor an XIII (12 août 180')), M. de Balbi, fils, épouse à Paris dame Sophie-Catherine-Caroline Thiery, épouse divorcée avec un enfant de M. Michel-Jean Simons 3.
L'acte est passé devant M* Louis Auguste Lahure et Bertrand, notaires à Paris4.
2. La terre de Saint-Lambert dans les Ardennes, d'un revenu de 10.000 livres, les bois et dépenses produisant en année commune 1 1.000, la maison du Vaudoy et son parc qui ne sont d'aucun produit, le parc de la Fleur de Lys, commune de Brie, non affermé, des terres à Atlylie, en Seine-et-Marne et dans l'arrondissement de Brie. Le tout lui assure un revenu de 12.117 livres 40.
2. Une seconde expédition de racle fut délivrée par Thiboust, greffier le 19 avril 1810. L'acte avait été enregistrée à Paris, le 17 messidor an XIII (7 juillet 1805).
3 . Ladite dame fille de Louis-Adrien Thiery et de dame Thérèse Catherine-Augustine Devinck, son épouse décédée.