CHAPITRE PREMIER
LES CAU.MONT-LA FOHCE
L'origine fabuleuse des Caumont-La Force. — Un compagnon d'Hercule. — Le maréchal de la Force. — Le vieux duc deCaumont. — Un parent retrouvé. — Pompeuse cpitaphe. — Les parents de Mu,e de Balbi. — Ses dix frères et sœurs. — Le château de La Force. — Les Recettes. — Naissance de Anne de Caumont. — Son enfance. — Illustre origine des Galard-Béarn. — Anne de Caumont à 16 ans. — Son portrait — Bienveillance de la comtesse de Provence, r- Projets de mariage. — Lps Balbi. — La carrière militaire du comte de Balbi. — Le contrat. — Signatures royales. — Les parents et les témoins. — Les apports des conjoints. — « Pour l'amitié ». — Promesses de la comtesse de Provence.' — La célébration du mariage. — La maison de Madame. — Premières années du mariage. — M"" de Balbi, dame pour accompagner. — Bonne harmonie générale. — Naissance d'Armand de Balbi.
La famille de Caumont est aussi illustre qu'ancienne et son origine légendaire se perd dans la nuit des temps. Dans le vuîume qu'il a consacré
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à l'histoire de cette célèbre maison, l'abbé Alis 1 nous rapporte une curieuse tradition qui veut qu'un Caumont, compagnon d'Hercule, ait été le fondateur de la ville d'Agen en 1226 ou 1227 avant Jésus-Christ. Encore n'était-ce point le premier qui eût illustré sa race; lui-même descendait d'une ancienne famille de Caumont, originaire d'Asie où deux villes portaient déjà son nom.
Après avoir suivi Hercule en Espagne, ce fabuleux ancêtre s'arrêta dans le pays compris entre les Pyrénées et la Garonne et lui donna le nom d'Aquitaine. C'est là qu'il fonda la ville de Caumont- sur-Garonne qui est devenue la ville d'Agen dont ses petits-fils Allovicon et Teutonnatès furent rois.
Si l'on s'en rapporte à cette légende, la capitale de l'Agenois daterait donc d'une époque antérieure à la destruction de Troie.
Vaincus par César, les Caumont se joignirent aux Wisigoths lors de l'invasion des Barbares et rentrèrent dans leurs anciennes souverainetés, l'Armagnac, l'Aragon devenu depuis royaume, et le duché d'Aquitaine dont Eudes, Renaud et Goi-
1. Histoire de la ville, du château et des seigneurs de Caumont, par l'abbé Alis. Agen, iu-8«. Ferrao, 1898.
LES l'.AUMO.\T-k\ h'ORCE.
ser de Caumont, leurs petits-fils et leurs héritiers, furent dépouillés par Pépin et Charles-Martel1.
Telle est la mythologique origine de la maison de Caumont que Mme de Balbi aimait à rappeler tout en étant la première à sourire de ses kbuleux ancêtres; mais s'il est permis de se montrer sceptique sur les exploits du compagnon d'Hercule, on ne saurait contester ni la hante ancienneté de la famille ni ses glorieuses illustrations, et Anne de Caumont se montrait justement fière du nom qu'elle portait.
Les armes des Caumont sont « d'aaur à trois « léopards d'or onglés de gueules et couronnés « d'or ». Le cri de guerre est : « Ferm Caumont! » et la devise : « Fit via vi ».
On connaît trois branches de cette illustre maison, la branche aînée, la branche Lauzun et celle de Sainte-Bazeille.
Le père Anselme2 établit la filiation des Cau- * mont depuis Calo Ier qui donna son nom à sa terre « Calomonte », dont on a fait « Caumont », et qui vivait dans la première moitié du xie siècle. En 1096, Richard de Caumont se signala aux côtés
1. Histoire de lu ville tTAgen et jntys WAgénois, composée pur M. Labénazie, chanoine d'Aitigues, publiée par le vicomte de Darapierre, 188*.
*. Histoire des grands officier* de la Couronne.
4 LA COMTESSE DE BAIJll.
de Pierre l'Ermite et prit une part brillante à la première croisade. Le marquis de la Grange a publié le Voyage (TOultremer en Jherusalem par le seigneur de Caumont, en 1418. Il s'agissait de Nompar II de Caumont.
K la fin du xvie siècle, Anne de Gaumont1 épousa François d'Orléans, comte de Saint-Paul, duc de Fronsac; son enlèvement, ses aventures et ses malheurs l'ont rendue célèbre. Elle mourut en odeur de sainteté le H janvier 1642, et sa sépulture fut longtemps honorée comme celle d'une bienheureuse, dans le couvent des filles Saint-Thomas qu'elle avait fondé et où elle fut inhumée2.
Sous Henri IV, Jacques-No m par de Caumonl- La Force, qui, étant enfant, avait échappé au massacre de la Saint-Barthélemy, devint maréchal de France et un des plus grands hommes de guerre de son époque. Dans la Heuriade, Voltaire lui consacre quelques vers. Le maréchal était dans le carrosse du Roi, au moment où l'infortuné souverain fut frappé par Ravaillac et IL a raconté lui-même dans ses mémoires la scène de l'assassi-