Bachaumont, tome XV, page
2. Correspondance de Kagemeck, 22 juillet 1780. Kagemeck ajoute ^ ce sujet des réflexions qu'il n'est pas possible de citer ici.
DAME D'ATOURS
avec lequel cette trop volage épouse aurait joué « assise tète à tête à colin-maillard ».
Mercy-Argenteau parle bien dans sa correspondance du comte de Jaucourt, « auquel elle porte intérêt1», mais les relations familières ouvertement établies qu'elle entretenait avec lui ne sont vraiment pas une raison suffisante pour lui prêter un pareil rôle et lui supposer une intimité aussi complète! En écrivant à l'Impératrice, l'ambassadeur autrichien se faisait ainsi l'écho discret d'un bruit recueilli sans contrôle et dont rien ne vient prouver ni la vraisemblance ni le bien-fondé.
Le complice varie, il se métamorphose presque autant de fois qu'il y a de narrateurs ; et de telles contradictions dans le récit ne sont pas pour lui donner quelque crédit. Mais ceux qui se plaisent au scandale ne s'arrêtent jamais devant le manque absolu de preuves. La correspondance de Metra en enregistrant le même bruit y ajoute pour corser encore l'aventure d'autres détails absolument inexacts.
« Le pauvre comte de Balbi que sa femme et ses parents disent être fou pan e qu'il ne sait pas être cocu et se taire, n'en est point quitte pour
1 . Arneth et Geffroy. Correspondance du comte de Mercy-Argenteau avec Marie-Thérèse. (16 septembre 1780.)
être enfermé. Comme il ne convenait pas à un fou d'être colonel, on a donné son régiment au chevalier de Jaucourt, celui-là même, dit-on, qu'il avait voulu tuer auprès de son infidèle épouse. Que dites-vous de cet arrangement 1 ? »
Il serait difficile d'admettre que Louis XVI eût toléré pareil chasse-croisé, mais il est en outre facile de se convaincre que la nouvelle rapportée par Metra était absolument dénuée de fondement : c'est du mois d'avril qu'est datée sa correspondance, et c'est le 30 septembre 2 seulement que M. de Balbi quitta sa place de colonel |>our cause (l'interdiction. La sentence avait été prononcée le I 1 septembre précédent.
Celui qui lui succéda fut le marquis de Valori de Lécé3, ci-devant capitaine au Royal -Lorraine; et quant à M. de Jaucourt c'est seulement en 1781)