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magogie, M. P.-E. FLANDIN, est venu apporter une preuve :
M. P.-E. FLANDIN. — Je suis prêt à apporter à la Chambre mon témoignage sur les faits auxquels j’ai été personnellement mêlé, au cours de la fin d’année 1916 et au commencement de 1917.
Je me rendis le 23 décembre 1916 au quartier général de Souilly, auprès du général GUILLAUMAT, qui était mon chef et qui commandait la Deuxième Armée.
Je lui exposai quelle était l’importance de la question, et je lui demandai s’il ne serait pas possible de faire intervenir l'aviation de la Deuxième Armée. Enfin, je remis entre ses mains une carte détaillée du bassin de Briey, sur laquelle étaient indiqués d’une façon très nette les principaux établissements en pleine activité.
Quelques jours après, nous apprenions qu’une opération de bombardement sur Jœuf avait été faite de nuit par une escadrille de la Deuxième Armée.
Mais nous constatämes ensuite qu'aucun
bombardement n'avait suivi le premier. Les
semaines passèrent et dès qu’il me fut possible de retourner à l’état-major de Souilly, je m'y rendis pour m'informer des raisons de l'arrêt subit des opérations. Le chef d’étatmajor voulut bien me faire connaître que, peu après le bombardement de Jœuf, le général GUILLAUMAT avait recu l’ordre de ces-
ser les opérations pour les deux motifs suivants : d’abord parce que Jœuf m'était pas, paraît-il, dans le secteur de la Deuxième Ar: mée (rires à l’extrême-gauche), ensuite parce que le Grand Quartier Général se réservait seul de donner des ordres de ce genre aux escadrilles de bombardement (mouvements divers). ;
Il résulte, à mon sens, de cet exposé, que |: le Grand Quartier Général a compris tardi vement l’immense intérêt qu’il y avait à trou bler l'exploitation paisible des mines du bas sin lorrain. Pendant vingt-sept mois, les Allemands ont pu, sans être gênés, extraire des” 2 milliers de tonnes de minerai de fer pour leurs usines de guerre. ee:
Cette constatation est d'autant plus attris tante que les Allemands ont reconnu eux-mémes que si leur production minière avait été 2 troublée, la guerre était, pour eux, quasiment perdue. ra
Il y avait donc un moyen d'abréger la guer- Eee re, et ce moyen a été négligé pendant plus de deux ans (applaudissements).
On doit rapprocher les déclarations de M.
P.-E. FLANDIN de celles de M. Fernand ENGE- RAND. Le Grand Quartier Général, qui avait auprès de lui des maîtres de forge, devait ou aurait dû savoir l’importance du bassin. de … Briey; mais lorsque M. Fernand ENGERAND.
essayait d'éclairer le général en chef, c’est un maître de forges qui interceptait le dossier,
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ou qui le remettait avec des commentaires tels que le général en chef n’en tenait pas compte ! Et le Comité des Forges, qui savait, et qui avait tous les moyens d’instruire le Grand Quartier Général, s’est bien gardé de bouger.
L’affirmation de trafic international entre pays ennemis par l'intermédiaire des pays neutres se trouve démontrée par les statistiques. M. le contre-amiral M. VW. W. P.
CoNSETT, G. M. G., attaché naval britannique aux pays scandinaves, conseiller naval au Conseil Suprême, a publié un courageux et remarquable ouvrage, The Triumph of Unarmed Forces, traduit en France par le capitaine de frégate GUETTE, sous le titre Le Triomphe des Forces Economiques, avec le sous-titre Exposé des transactions à la faveur desquelles l'Allemagne put s’approvisionner durant la grande guerre, avant sa débâcle sous la pression des Forces Economiques.
Les approvisionnements qui entraient en Allemagne durant la guerre provenaient principalement des pays scandinaves et de la Hollande, en deux étapes, l’une par mer, l'autre par terre. Les marchandises étaient fournies par la Grande-Bretagne et ses alliés, sans oublier le Japon, et, bien entendu, les neutres eux-mêmes.
L’exportation du cuivre des Etats-Unis, fut pendant les trois premières semaines de décembre, en livres anglaises :
Dale on . 15.202.000 36.285.000 | .
Norvège, Suède, Da-
nemark, Suisse . . . 7.271.000 35.347.000 se
Totaux .... 22.473.000 71.632.000
« Ces chiffres, déclare le contre-amiral
CoNSsETT, confirment la présomption que de telles quantités de cuivre n'étaient pas uni quement destinées à la propre consommation
de ces divers pays eux-mêmes, mais à celle
de quelque belligérant qui ne pouvait pas les …
importer directement. »
Pour la Suède, par exemple, le commerce
du cuivre fut le suivant :
Importations (en tonnes métriques) :
AOF EN NMRT e 9.559 AO: Re 12.455 19157, 4 00 EN St 13.396 AALG 1 00 Ces 11.257 FOIT di Lu Re 3.729
Exportations en Allemagne et Autriche (en
tonnes métriques) :
1919 2 ui eee 1.215 OIL 5 0 ue 3.960 1919540 2.304 496%. Sr 1.334 AOL Se ae LE 184