‹ Les relations internationales des industries de guerre;Chapitre 16 sur 57 · FRE · texte numérisé non relu

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gie et les fournisseurs d’armements en pa

DS

ainsi fondé en Allemagne un Syndicat de la Marine, ayant son siège à Dortmund. Les commandes étaient réparties par le bureau du syndicat, et un prix uniforme était appliqué par toutes les firmes affiliées. Il était prélevé par le syndicat 10 % du montant de chaque facture, et sur ces 10 %, neuf dixièmes étaient répartis entre les affiliés qui n'avaient pas bénéficié de la commande, un dixième restant au syndicat, pour ses frais. En 1905, un autre syndicat était constitué entre les fabricants d'armes et de munitions à Berlin et Karlsruhe, les usines Mauser à Oberndorf-Neckar, la Fabrique Nationale d’Armes de Guerre, à

- Herstal (Belgique), d’une part, et la Fabrique

Autrichienne d’Armes, d’autre part. Il était spécifié que toutes fournitures de fusils à répétition et de carabines, pour le Japon, la Russie, la Chine, l’Abyssinie, se feraient en commun, et que les bénéfices réalisés seraient répartis entre les deux groupes. Les entreprises devaient se prêter mutuellement assistance de telle sorte que chacune d’elle fût en mesure de fournir les commandes russes le plus rapidement, et au meilleur compte... pour elle. (O. LEHMANN-RUSSBULT, L’Internationale sanglante des Armements.)

Le député du Centre ERZBERGER a pu dire au Reïichstag, le 23 avril 1913 : « J’ai déclaré à la Commission d’enquête, et je le répète ici, qu’une des personnalités les plus compétentes d'Allemagne m’a certifié qu’une tonne de plaques blindées peut être produite à 50 % du

prix actuellement payé par le Ministère de

la Marine, tout en laissant un bénéfice appréciable. »

La situation est identique en France et dans les autres pays. En 1898 furent fondés en France le Syndicat des Fabricants et Constructeurs de Matériel de Guerre, et le Syndicat des Constructeurs de Navires et Machines marines. Avant, les plaques blindées se vendaient 2 fr. 27 le kilo; après, elles se vendaient 2 fr. 96 : l'augmentation était de 30 %. Si l’on veut bien tenir compte qu’un cuirassé utilise pour sa construction quelque 5 millions de kilos, on constate que l’augmentation représente pour un seul bateau 3 millions 450.000 francs d’avant-guerre, soit environ 17

millions 250.000 francs actuels. (Die intern. .

Beschränkung d. Rüstungen, par H.-H WEx- BERG.) En 1913, les usines sidérurgiques ita-

liennes et le Stahlwerksverband signent un -

accord, à courir de janvier 1914, pour les prix, lesquels sont haussés de 33 1/3 %. L'accord s'étend à l’Autriche et à la Belgique. Les fournitures qui précèdent immédiatement Ja

guerre ont été effectuées sous ce régime de

profits-majorés. (Echo des Mines, juillet 1913.)

L’entente nationale, et à plus forte raison internationale, des industries de guerre explique donc en partie les colossales dépenses d’armements et l’enflure des budgets de la guerre et de la marine.

Mais, avec ou sans ententes, les indus de guerre ont toujours donné lieu à des trac-

tations et à des opérations qui les condamnent. Elles semblent comporter en elles-mémes une corruption latente, qui s’extériorise à chaque occasion.

Lors de la guerre de Sécession, aux Etats- Unis, JOHN-PIERPONT MORGAN, allié à un certain STEVENS, qui lui sert de couvertures, achète à un vieil arsenal de New-York 5.000 carabines d’un ancien modèle et toutes rouillées, au prix de 3,50 dollars pièce. STEVENS les fait astiquer et les offre au général FRE- MONT, gouverneur de Saint-Louis, au prix de 22 dollars pièce. L'affaire est conclue, mais comme toutes sortes de marchés douteux s’accumulent au Quartier général, le gouvernement devient méfiant et fait des difficultés pour le règlement. L'affaire vient devant les tribunaux. Le gouvernement offre de payer la moitié; mais les fournisseurs sont forts en affaires; ils savent avoir des papiers en règle, des contrats en due forme, et MM. John- Pierpont MoRGAN et STEVENS parviennent à se faire payer les 110.000 dollars de cette fameuse livraison de carabines. (R. LEWINSOHN, A la conquête de la Richesse.)

A la veille de la guerre, en 1914, un procès à Tokio mettait en lumière les procédés de corruption employés par Siemens-Schuckert et Vickers au Japon. On apprit que certains officiers de la marine japonaise avaient coutume de recevoir 5 % sur les contrats d'achat de matériel naval passés par eux avec des maisons allemandes ou anglaises. Pour un

seul contrat, on constata que la commission allouée aux coupables était de 1.500.000 yens (soit au cours actuel du yen à Londres 1/9 3/32 et de la livre à Paris 93, ou environ 8 fr. le yen, une somme d'environ 12 millions de .

francs). La Vickers aurait payé pareïlle somme à une maison japonaise à l’occasion de la commande en Angleterre d’un grand croiseur de bataille. Le prix que le gouvernement avait payé pour le croiseur en question était de 25 millions de yen (soit environ 200 millions de francs). Selon l'accusation, la société japonaise aurait versé à un certain vice-amiral la somme de 400.000 yen (environ 3.200.000 francs). Le vice-amiral donna à son tour des gratifications à ses subordonnés et complices. … Le Parquet affirme qu’un autre vice-amiral.

reçut 45.000 yen (360.000 francs) et que le di : recteur de la société japonaise empocha pour lui-même 15.000 yen (120.000 francs). Le 29 mai 1914, le tribunal, statuant dans laffaire Siemens-Schuckert, a condamné à deux ans de prison l’agent de cette maison. En même temps, le conseil de guerre cond le vice-amiral Wa MATsuMoTo à trois ans de prison, le capitaine de vaisseau SAWASAKI à un an de prison. (N.-Y. Journal of Commerce, cit. par G. Preziosi, La Germania alla con.

quista dell'Italia.) de Il semble d’ailleurs qu’un voile der te systématiquement jeté sur les mystères de la guerre et de la marine. Aucun contrôle effectif des dépenses n’est exercé. M. Pierre Bau- à

AU CRE, LEE 4 ie { PL à

DIN, député, écrivait, à la veille de la guerre : « L'examen des dossiers relatifs à la loi du 24 juillet 1909, sur la réorganisation de lartillerie, démontre l’inexactitude des renseignements fournis au Parlement par l’administration de la Guerre sur les conséquences financières d’un projet très important. » Et il ajoute : « Le Parlement manque complètement des moyens d'information pour apprécier le bien-fondé des dépenses effectuées sur les crédits qu'il a votés. » (P. BauDin, L’Argent de la France.) I1 serait étonnant qu'avec une pareille méthode, entièrement de laisseraller et de complaisance, les armements ne fussent pas de merveilleuses mines à combinaisons et à scandaleuse exploitation des deniers publics. On s'explique sans peine les commandes inutiles par centaines de millions; les fournitures frelatées; les ententes cosmopolites; les commissions aux fonctionnaires, aux officiers, à bien d’autres; l’immense corruption qui assure la solidité et la perpétuation des armements avec la fortune des magnats de la guerre.

B. — Pendant la guerre mondiale.

La guerre n’a pas interrompu le commerce international des armes, et l’on ne sait ce que l’on doit admirer le plus, de lingéniosité cynique des fabricants ou de lignorante patience des peuples. |

Sans doute, en temps de guerre, il faut met-

tre plus de formes au trafic, à moins d’appartenir à un Etat neutre limitrophe des belligérants, auquel cas on peut s’en donner à cœur Joie. Les subterfuges sont toutefois si transparents que les preuves du trafic se retrouvent de toutes parts, sans d’ailleurs que les auteurs soient, le plus souvent, inquiétés.

de guerre deviennent alors d’autant plus singulières que, dans tous les pays, la guerre place les firmes privées sous le contrôle nominal des gouvernements. On a peut être exa-

géré, d’ailleurs, l'unification des fabriques

d’armements : derrière la façade, les rivalités des financiers subsistent, et c’est justement

l’individualisme des magnats qui a permis le

trafic international, auquel une cartellisation réelle aurait donné une figure vraiment trop officielle et « insoutenable ».

En Allemagne, le célèbre industriel Dr

Walther RATHENAU, inspirait la création du Département des Matières premières. Mais les firmes privées avait toute latitude pour

commercer avec l'extérieur. L'Allemagne, disposant d’une puissante métallurgie, s’en est servie pour obtenir les matières et les pro-

duits qui lui manquaient : chevaux, matières

grasses, poisson salé. En revanche, les ennemis de l’Allemagne recevaient d’elle, par lin-

termédiaire de Zurich, pendant au moins les

trois premiers trimestres de 1916, des tonnes

d'acier : M. Victor CAMBON avance le chiffre

de 250.000 tonnes par mois (G. RAPHAËëL, Hugo Stinnes). La flotte anglaise a combattu au Skager-Rak équipée avec des instruments d'optique livrés six mois auparavant par Zeiss d’Iéna et GoErz d’Anschütz à la Hollande. Les soldats allemands qui montaient à l’assaut du fort de Douaumont, à Verdun, se sont heurtés aux réseaux de fil barbelé fourni à la France via Suisse par les Magdeburger Draht und Kabelwerke. On peut rapprocher le fait des déclarations du Stahlwerksverbund, Union des Aciéries, qui prétendit, devant le ministère de la Guerre, qu’il lui était impossible d'augmenter de 15.000 tonnes par mois les fournitures de fils barbelés.

La Deutsche-Luxemburgische Bergwerksund Hütten A. G., du groupe Hugo STINNES, s’est particulièrement signalée. (O0. LEHMANN- RussBuzt. L’Internationale sanglante des Armements).

Hugo STINNES fonda en 1917, en pleine période du blocus, à Hambourg, la A. G. Hugo Stinnes für Seeschiffahrt und Ueberseehandel, Société par actions Hugo Stinnes pour la Navigation maritime et le Commerce d’Outremer, au capital de 5 millions de marks. Il commerçait surtout avec la Suède (R. LEWINSOHN, Histoire de l'Inflation). La Deutsche-Luxemburgische était parfaitement préparée à son rôle cosmopolite, puisque le Conseil d’administration comprenait parmi ses très nombreux administrateurs (42) en 1913, avec M.

Hugo STINNES, président, MM. Victor WEIL, à

Bruxelles; Paul van HOEGARDEN, à Li ie Adolphe LaLoux, à Liège: Hector MoNNoM, :

Bruxelles; Arm. OPHOVEN, à Liège; et. Sam À WIENER, à Bruxelles. (Recueil Financier).

THYSSEN fournissait à la Hollande, au prix de 68 marks, des boucliers pour pièces de.

campagne qu'il faisait payer 117 marks à.

l'Allemagne. (Revue Sozialisten, éd. par R.

BREITSCHEID, cit. par G. LEHMANN-RUSSBULT).

L’attitude des fabricants de guerre a été.

analogue dans les autres pays belligérants.

La retentissante interpellation de BARTHE à la Chambre des Députés a fourni des préci-. sions significatives sur le Comité des Forges. - « J’affirme, dit M. Edouard BARTHE, que | certains adhérents du Comité des Forges ont.

fourni pendant la guerre des matières premièëres à l'Allemagne et que, pour étouffer cette affaire, le Comité des Forges a gêné les investigations de la justice (Mouvements divers). « J’affirme qu’à la tête du Comité des For … ges se trouvaient et se trouvent (M. BARTHE parlait le 24 janvier 1919) des étrangers, entre à autres un sujet allemand dont le père est .

industriel à Berlin.

« J’affirme que par le fait, soit de la solidarité internationale, de la grande métallurgie, OU pour sauvegarder des intérêts privés, l’ordre a été donné à nos chefs militaires de

Briey exploitées par l’ennemi PES la guerre. -

instructions pour respecter les hauts-fourneaux qui coulaient l’acier ennemi et qu’un général qui avait voulu passer outre a été blâmé ! (Mouvements divers.) »

M. BaArTHE développe son interpellation, et un dialogue s'engage, à un moment, avec M.

François de WENDEL, député, président du Comité des Forges:

— M. de WENDEL. — Voulez-vous me permettre un mot ?

— M. BARTHE. — Je vous en prie.

— M. de WENDEL. — Les forges ont vendu

du minerai, mais n’ont jamaïs vendu ni acier ni fonte en Allemagne.

— M. BARTHE. — Tout à l’heure, nous en parlerons, car je vise une organisation très puissante qui a pratiqué cette politique, le Comptoir de Longwy.

[Le Comptoir Métallurgique de Longwy siège social à Longwv-Bas (Meurthe-et-Moselle), avait comme Conseil d'administration en 1914 :

M. le comte de SAINTIGNON, président; membre du Comité des Forges; président des Aciéries de Longwy;

M. J. PLANCHE, vice-président; administrateur-délégué des Forges et Fonderies de Montataire;

M. Marc RaTy, vice-président; administrateur des Aciéries de Longwy;

M. Paul LABBÉ, administrateur-délégué de la Société Métallurgique de Gorcy, administrateur des Aciéries de Longwy;

M. Auguste DONDELINGER, administrateur-di-

recteur de la Société Métallurgique de Senelle-Maubeuge;

M. Charles HALLER, directeur de la Société 4

Métallurgique d’Aubrives et Villerupt;

M. Edmond BERTIN, directeur de la Société

Métallurgique d’Aubrives et Villerupt;

M. J.-L. REVÉMONT, président et administrateur-délégué de la Société Lorraine Industrielle ;

M. Paul Morarp, administrateur-directeur des Hauts-Fournaux de la Chiers;

M. Léon MAyaRp, président et administrateur-délégué des Hauts-Fournaux et Forges de Villerupt-Laval-Dieu;

M. J. Félix LACcANNE, à Marche

Pont, Belgique; directeur général des Lami-

noirs, Hauts-Fournaux, Forges, Fonderies et

Usines de la Providence, vulgo « Providence.

Belge »; M. Léon LÉvVY, membre du Comité des Forges, directeur général de la Compagnie des

Forges, de Châtillon, Commentry et Neuves-

Maisons; M. Alphonse FouLrp, membre du Comité des Forges; président et administrateur-délégué

des Hauts-Fournaux, Forges et Fonderies de -

Pompey; :

M. J. MARCELLOT, maître de forges; .

M. Camille CAVALLIER, membre du Comité

des Forges; directeur général des Hauts-Four-. a

naux et Fonderies de Pont-à-Mousson:;

M. Armand RÉsIMoNT, membre du Comité

des Forges; administrateur-directeur des Forges et Aciéries du Nord et de l’Est;

M. Alexandre DREUX, vice-président du Comité des Forges; administrateur-directeur des Aciéries de Longwy. (Annuaire du Comité des Forges.) |

— M. de WENDEL. — Pour le Comptoir de Longwy, je ne crois pas que vous trouviez, pour ainsi dire, de vente à l'Allemagne.

— M. Henry Roy. — Pour ainsi dire !.…

L’exclamation de M. Henry Roy résume admirablement l’impression que donne ce dialogue d’aveu.

Et M. BARTHE parle du nickel.

« Le nickel est certainement le produit le plus indispensable pour les fabrications de guerre; on ne peut pas fabriquer d’acier pour la grosse artillerie sans nickel.

Notre collègue, M. BALLANDE écrit le 3 décembre 1916 comme président-fondateur de la Société française des Hauts-Fournaux de Nouméa : -- Nous sommes les seuls producteurs indépendants du trust international qui, avant la guerre, était représenté en Europe par la Metallgesellschaft, de Francfort. Ce n'est pas nous qui avions un contrat avec Krupp, dont faisaient partie les cargaisons dirigées sur la Norvège, après l'ouverture des hostilités. »

— M. BALLANDE. — Il y a eu, en effet, un navire chargé de minerai de nickel, propriété de la maison Krupp, qui a été saisi par la marine française, puis relâché dans des con-

ditions extraordinaires. Le gouvernement a.

répondu, je crois, qu'à ce moment le nickel.

n’était pas considéré comme contrebande de guerre. (Exclamations). | — M. BARTHE. — Voici l'incident : a.

« Le 21 septembre 1914, un troïs-mâts nor- + végien, le Bennesloet, chargé de nickel, se ren dait à Hambourg, lorsque, le 24 septembre, Lo il fût arrêté par un navire français, le Dupetit-Thouars, et conduit à Brest. La moi tié de la cargaison était payée d'avance par KrupPP. Malgré l'avis du conseil des prises, ce navire fût relâché et dirigé sur Core : 2 Il venait de la Nouvelle-Calédonie, colonie : française. » je [Il importe de savoir que les mines de 4 nickel de la Nouvelle Calédonie étaient ex-.

ploitées, en dehors du groupe Ballande, par le groupe Rothschild, qui contrôlait la société « LE NICKEL », succursale à Nouméa, Nou velle-Calédonie, et dont le Conseil d’administration comprenait en 1914 : ce.

M. Ernest TAMBOUR, président, représentant se les ROTHSCHILD; es M. Charles GOMEL, vice-président, administrateur des Forges et Aciéries de la Marine . et d'Homécourt; M. Maurice EPHRUusSI:, Mme née de ras CHILD; :

M. Etienne GUYOT-SIONNEST; M. Charles-Emile HEURTEAU, administrateus. :

des Forges et Aciéries de la Marine et d'Homécourt.

M. le baron Emmanuel LÉONINO (la baronne David LÉONINO était née de ROTHSCHILD) :

M. Edouard MANEUVRIER; représentant les ROTHSCHILD ;

M. Gustave MiRrABAUD, associé et chef de la banque Mirabaud et cie (Mme née CAMBEFORT ; M. Charles CAMBEFORT était administrateur du Comptoir National d’'Escompte de Paris):

M. Pierre de LA VILLE LE RouIx:;

M. Cornélis de WirT;

M. Basil ZAHAROFF, sur lequel il est inutile d’insister.

On observera que le Nickel avait une agence à Francfort. (Annuaire Chaïx.)]

Et dans la séance du 1° février 1919, poursuivant son interpellation, M. BARTHE ajoutait:

« La maison Krupp était, au moment de la guerre, propriétaire de 210 actions du groupe Rothschild. » (c’est-à-dire du Nickel).

Aux vaines explications qu’on opposait à M. BARTHE, M. l'amiral BIENAIMÉ répondait par les textes et la jurisprudence constante des prises.

M. BARTHE citait ensuite une lettre d’un ingénieur de la SOCIETE MINIERE ET ME- TALLURGIQUE DE PENARROYA, également du groupe Rothschild : |

[Le Conseil d'administration de la Société Minière et Métallurgique de Penarroya comprenait en 1914 :

M. le comte Louis CAHEN D’ANVERS, président;

M. Ernest TAMBOUR, vice-président; repré- |

sentant les ROTHSCHILD ;:

M. Gustavo BAUER, à Madrid; M. Robert CAHEN D’ANYERS;

M. Charles DEMACHY, associé et chef de la

banque Demachy et Cie;

M. William D’EircHTHAr, Mme née Mina

BAUD ; M. Paul Gaz; M. le marquis du LAU D'ALLEMANS; M. Charles LEpoux;

titut;

M. Albert MiRABAUD, associé de la banque

Mirabaud et Cie; M. Paul Paquor, à Bleyberg, Belgique; M. Arthur PERNOLET; M. le comte de ROMANONES, à Madrid;

M. le baron Robert de ROTHSCHILD, associé

de la banque de Rothschild frères; M. le marquis de VILLAMEJOR, à Madrid;

M. Humbert de WENDEL, gérant de la soit.

M. Paul LERoY-BEAULIEU, membre de l’Ins-

ciété de Wendel et Cie. (Annuaire Chait)|

« Au moment de l’achat des affaires Figue-

roa, l’accord liant la Penarroya à la Metall

gesellschaft de Francfort était déjà passé :

toute la production de plomb des usines Se.

la société était réservée à cette firme alle

mande et chaque mois nous devions adresser.

à Francfort un télégramme indiquant la pro” . |

duction du mois.

« A la déclaration de guerre, toute la pro- h

duction de juillet, 10.000 tonnes, était déja aux mains de la Metallgesellschaft et le paiement, 6 millions, n’était pas encore effectué.

« La guerre n’a pas empêché la société de Penarrova de continuer ses trafics avec les Allemands, car, en février 1915, j’ai eu à désargenter à Carthagène le plomb d'œuvre provenant de la Compagnie de Mazarron, société allemande. L'achat de ce plomb s’est fait de la façon suivante : A la déclaration de guerre, il y a eu en Espagne comme en France un marasme complet dans les affaires de minerais et métaux. Pour permettre aux fonderies de plomb de travailler, il se forma la Société Franco-Espagnole de Magasins et Dépôts généraux, qui prenait en charge le plomb des fonderies qui ne pouvaient plus le vendre et obtenait sur ces dépôts un prêt de la Banque d'Espagne, qui permettait aux usines de continuer à travailler. Comme par hasard, cette société franco-espagnole avait pour président le sous-directeur à Carthagène de la Penarrova, M. TARBOURIECH, et les dépôts étaient emmagasinés sur les quais de la société de Penarroya, à Santa-Lucia, dans le port de Carthagène. La Compagnie de Mazarron eut recours aux avances de la Banque d’Espagne, et son plomb fut pesé et échantillonné pour argent. sous ma surveillance, à la suite d’accords intervenus entre la Penarroya, Mazarron et la Société de Magasins et Dépôts. »

M. BARTHE expose enfin le cas troublant du COMITE DES FORGES, ayant à sa tête,

(titre officiel et complet), a une Comrnis de Direction, et ce sont les membres de 1 <

ges de France comprenait en 1914 :

M. re de MONTGOLFIER, président

mandeur de la Légion d'honneur;

. M. Florent GUILLAIN, président; inspecte:

ou HE des Ponts-et-Chaussées en retraite, je

commandeur de la É d’honneur:: ; a M. Eugène ScaNeInER, vice-président; m F tre de forges, au Creusot; ancien ue M. Alexandre DREUX, Re a

WYy; M. not PRALON, vice-président a+ ministrateur-délégué des Hauts-Fournea :

Forges et Aciéries de Denaïn et d’Anzin; M. le baron Fortuné de VAUFRELAND,

M. Charles BouUTMY, maître de forges;

M. CAPITAIN-GÉNY, maître de forges;

M. Camille CAVALLIER, administrateur-directeur général des Hauts-Fourneaux et Fonderies de Pont-à-Mousson;

M. Georges CLAUDINON, maïtre de forges;

M. Henri DarcCy, président de la Compagnie des Forges de Châtillon, Commentry et Neuves-Maisons;

M. François DUJARDIN-BEAUMETZ, vice-président de la Société Métallurgique de Montbard-Aulnoye (M. Etienne DuJARDIN-BEAU- METZ était sénateur et ancien ministre);

M. Alphonse FouLp, président et administrateur-délégué des Hauts-Fourneaux, Forges et Fonderies de Pompey;

M. le baron Henri de SAULCES de FREYCINET, directeur aux Etablissements Schneider et Cie; (M. Charles de SAULCES de FREYCINET, membre de l’Institut, était sénateur, ancien président du Conseil) ;

M. Léon Lévy, ingénieur en chef des Mines; directeur général de la Compagnie des Forges de Châtillon, Commentry et Neuves- Maisons;

M. LESAFFRE, administrateur-délégué des Etablissements Métallurgiques de Ferrièresla-Grande; président du Comité des Forges du Nord;

M. C. MaAGnin, vice-président des Forges et Aciéries de la Marine et d’Homécourt;

M. Louis MERCIER, président des Aciéries de France;

M. le baron Xavier REILLE, administrateur délégué des Mines, Fonderies et Forges.

d’Alais (M. le baron Amédée REïELE était député) ;

des Forges et Aciéries du Nord et de l'Est; vice-président du Comité des Forges du Nord;

M. le comte F. de SAINTIGNON, maître de forges; président du Comité des Forges et des Mines de fer de Meurthe-et-Moselle;:

M. Georges VÉSIER, président et administrateur-délégué de la Compagnie Frateee des Métaux;

M. François de WENDEL, maître de Éotses

Secrétaire général, M. Robert PINoT, secrétaire général des Chambres Syndicales de la

Construction Navale, du Matériel de guerre,

des Forces Hydrauliques et des Mines de fer

te

M. A. RÉSIMONT, administrateur Le

vr

de France; secrétaire de l'Union des Indus-

tries Métallurgiques et Minières.

On observera que les indications ci-dessus

sont données d’après l'Annuaire du Comité

des Forges, à l’exception des notes entre parenthèses et des décorations; elles ont donc un caractère officiel, et il importe de ne les -

perdre de vue à aucun moment.

Au seuil de la guerre, en 1914, les Forges et Aciéries de la Marine et d’Homécourt semblent avoir au Comité des Forges une in-

fluence au moins égale à Schneider. On sait,

d’ailleurs, limportance primordiale que Saint-Chamond possédait au point de vue

fabrications de guerre.

Il n’est donc pas indifférent de savoir que le président honoraire, M. Adrien de Monr- GOLFIER, a joué un rôle considérable dans l’histoire des Forges et Aciéries de la Marine et d'Homécourt. Une de MoNTGoLFIER s’est mariée à un MANTE : on sait que les MANTE, de Marseille, en relations suivies avec le Comptoir National d’Escompte de Paris — ce qui s'explique, puisque Mme Louis MANTE était née Rosranp et que M. Alexis ROSTAND était président du Comptoir National d’Escompte de Paris — ont eu des démêlés assez pénibles avec la justice sous laccusation de trafic avec l’ennemi; et qu’en tout cas, M.

Théodore MANTE était président, jusqu’en 1914 d’une filiale du Deutsch Kohlen Syndicat, à

la suite de tractations auxquelles fit partie le Comptoir National d'Escompte de Paris; (Edg. Trormaux, Le Commerce avec l'Ennemi); et ces faits ne sont pas sans signification, car les Forges et Aciéries de la Marine et d’Homécourt sont très liées avec le Comptoir National d’Escompte de Paris.

Le Comité des Forges avait donc à sa tête deux personnalités représentatives des Forges et Aciéries de la Marine et d’'Homécourt.

Il est utile de donner également la composition, en 1914, de la CHAMBRE SYNDI- ‘CALE DES FABRICANTS ET -CONSTRUC- TEURS DE MATERIEL DE GUERRE, dont le siège était le même que celui du Comité des Forges, 7, rue de Madrid, à Paris :

M. Adrien de MONTGOLFIER, président

LIFRARY UNIVERSITY OF ILLINOIS URFANA

d'honneur;

commandeur de la Lénine d'Honneuras M. Léon LÉVY, use en .

bodatre nes be Hotchkiss |

Cie;

MARREL frères:

M. AVISSE, administrateur die ou ral de la Compagnie de Fives-Lille;

. la Société d’Electrométallurgie de Dives; —. M. Paul CLEMENCEAU, directeur de la :

ciété Centrale de Dynamite (frère de su

M. ie GOUIN, SrésMient de de Construction des Batignolles;

M. Lucius, fondé de pouvoirs de MM. Jacob Horrzer et Cie;

M. PaARAFr, directeur général des Mines et Fonderies de Pontgibaud;

M. C. MAGNiIN, vice-président honoraire ; vice-président des Forges et Aciéries de la Marine et d’'Homécourt:;

M. THoMASs, membre honoraire; ingénieur; ancien chef de service des Constructions mécaniques de la Société de Construction des . Batignolles;

Secrétaire général, M. Robert PiNorT, secrétaire général du Comité des Forges de France. (Annuaire du Comité des Forges.)]

M. R. BINDSCHEDLER, « étranger douteux », comme dit M. Barthe, et ayant des attaches en Suisse, — a une singulière ressemblance avec M. le Dr Rudolph BINDSCHEDLER, qui est depuis administrateur de nombreuses affaires cosmopolites, notamment de l’Alliance - Aluminium Compagnie (/nformation, 24 octobre 1931), et directeur du Schweïizerischer Kreditanstalt (Vade-Mecum des Bourses de Zurich, Bâle, Genève).

M. GOLDSBERGER, industriel, est né à Zurich, le 16 août 1885, fils de Félix GOLDSBERGER et de Jacqueline-Caroline KAHN, industriels à Berlin, selon un document officiel.

M. François de WENDEL, député, sans contester l'exactitude des faits, prétendit que M. GOLDSBERGER était Suisse. Il oubliait sans doute la législation allemande.

Et les faits étaient si exacts que peu de

temps après qu’ils eurent été signalés, le Cor

mité des Forges remplaçait M. GOLDSBERGER.

M. Fernand ENGERAND, intervenant dans le débat, vint dire : « Au mois de mai 1915, les six grandes associations allemandes déclaraient que, sans le minerai lorrain, la guerre serait perdue pour l'Allemagne; et, depuis, cet aveu a été répété cinq ou six fois. Il fal-

lait donc, par tous les moyens possibles, arrik-

ver à troubler dans ces deux bassins qui n’en

faisaient qu’un, l'extraction du minerai, puisqu’il n’y avait que là que la métallurgie alle-

mande pouvait se le procurer. Il fallait

anéantir, si c'était possible, ces mines lorraines d’où les Allemands tiraient tout leur fer.

« À la fin de 1915, voyant qu’on ne faisait rien, je songeai que c'était peut-être parce

qu’on ne savait rien et je crus de mon de-

voir de faire prévenir le Grand Quartier Général. Je n’y avais pas de relations. Je mis au courant de la situation un membre éminent de l’Académie Française qui, lui, avait

ses grandes entrées. Il reconnut comme moi

la nécessité de signaler une telle situation.

Je fis une note.

« Rien ne fut fait. Je renouvelai cet envoi à deux, et même, je crois, à trois reprises. …

Depuis, mon éminent intermédiaire m'a

donné le nom de l'officier auquel, au Grand

Quartier Général, il avait remis le document. « C'était un maître de forges. »

Un autre parlementaire, peu suspect de dé- on

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