C. — Après la guerre mondiale
I serait vain d’attendre de laprès-guerre
un changement des habitudes chez les cosmopolites, alors que le cosmopolitisme financier
s’est développé en face du nationalisme poli- ne
tique.
A peine le clairon de larmistice avait-il sonné, les financiers se réunissaient autour
des tapis verts pour de nouvelles combinaïisons. Il était peu question de patriotisme, sinon pour justifier les appétits et surtout pour éliminer les groupes des pays vaincus,
dans la mesure du possible et sauf avantage .
particulier à les favoriser.
On est frappé, lorsqu'on met côte à côte des annuaires d’avant-guerre et des annuaires d’après-guerre, du peu de changement, au fond, qui s’est produit et de la facilité avec laquelle on reconnaît la configuration des groupes. :
Il y eut des cas presque touchants de soliz darité internationale entre magnats des in
dustries de guerre; touchants, si l’on n’en.
avait une explication dans les intérêts.
Ainsi les DREUX et les ROCHLING On a vu
plus haut les relations des DREUX avec les
RÔCHLING aux Mines de Valleroy et à 4.
Gewerkschaft Carl-Alexander zu Baesweiïler.
M. Robert ROCHLING fut mobilisé en Alle-
magne comme capitaine de cavalerie, et investi des fonctions de délégué du Ministre de la Guerre, avec mission de surveiller lex-
ploitation du bassin de Briey. Il fit enlever des quantités considérables de matériel des
usines françaises et en fit détruire une partie. Pris par les troupes françaises à Thionville, il fut inculpé au titre de soustraction de ma-
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tériel et de destruction, totale ou partielle, d’édifices et de matériel. L’instruction se termina par le renvoi devant le conseil de guerre d'Amiens, et — fait remarquable — certains membres du Comité des Forges de France joignirent leurs efforts à ceux de la famille RÔCHLING pour faire acquitter Robert Rôcx- LING. M. Alexandre DREUX, vice-président du Comité des Forges, vice-président-délégué des Aciéries de Longwy, vint témoigner en faveur de Robert RôcHLING, et tout un ensemble de manœuvres aboutit à l’acquittement.
S'il s'agissait de justice, il n’y aurait qu’à féliciter M. Alexandre DREUx; mais il s’agit d’affaires. Le groupe Dreux fut déclaré adjudicataire, moyennant 34.150.000 francs, de la Carlshütte, de Thionville, et des Mines d’Angevillers, appartenant avant-guerre aux Rôchlingsche Eisen-und Stahlwerke. Une société fut formée, avec le concours de grandes firmes métallurgiques françaises et belges, et la Société Lorraine Minière et Métallurgique, au capital de 50 millions, et M. Alexandre DREUX en est président et administrateurdélégué (Annuaire des Sociétés par actions du Bas-Rhin, etc., par la Société Générale Alsacienne de Banque).
Il y a mieux, car les RôcHLING et les DREUX sont restés en collaboration financière après comme avant la guerre, après comme avant le conseil de guerre. On a vu plus haut la composition du Conseil d'administration de la Gewerkschaft Carl-Alexander zu Baes-
weiler en 1913. La voici brièvement rapp
MM. Hermann ROCHLING, press t:
Alexandre DREUX, vice-président; Lo :
RÔCHLING ; Robert ROÔCHLING ; Edouarc DREUX.
En 1920, le Conseil d'administration ; composait comme suit :
M. Hermann RÔCHLING, à Véllingen, pré sident;
M. Alexandre DREUX, vice-Drédde Comité des Forges, vice-président délégué d | Aciéries de Longwy; vice-président; Ua
M. von Ruporpx, à Beasweiler, administrateur-délégué ; Se
M. Louis RôCHLING, à Volklingen,;,
M. Robert RÔCHLING, à Volklingen;
M. Edouard DREux, administrateur-dire teur général des Aciéries de Longwy;
M. Paul LABBéÉ, membre du Comité di Forges, administrateur des Aciéries de Lon wy. (Recueil des valeurs de la Région de l Es par la Société Nancéienne.) #
Qu on suppose « l’homme à l'oreille cass
les relations avec les confrères ie,
On a vu que M. Jules RosraN», admi trateur du Comptoir National d'Escomp Paris, était administrateur en 1913 de L
ciété des Hauts-Fourneaux et Aciéries de Caen, avec les THYSSEN. Il ne paraît pas contestable que le Comptoir National d’Escompte de Paris fut, avec la Société Française de Constructions Mécaniques et sous l’impulsion de M. Emile ULLMANN, alors vice-président, le principal introducteur des THYSSEN en Normandie. Il en résulta que M. ULLzMANN dût quitter le Comptoir National d’Escompte de Paris. Pour venger le patriotisme offensé ?
Il ne semble guère, car un député, M. CLaus- SAT, a pu produire à la tribune de la Chambre la lettre suivante :
Aix-la-Chapelle, 23 mai 1919.