‹ Les relations internationales des industries de guerre;Chapitre 49 sur 57 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

= Maintenant qu’on a parcouru le cycle, gard peut se reposer des détails et embre s l’ensemble. 7

beaucoup des humains, et que la autres se représentent comme les ancie

de PTOLÉMÉE.

Les a industriels de guerre, . de

tivité ie du onto :

Il existe entre les industriels de gue T relations internationales manifestes, ya d'innombrables Cas. Entre Dreux

et les Rôchling’sche Eisen und Stahlwerke ; entre lHYSSEN et LE CHATELIER, dans la Normandie; entre bien d’autres. Des firmes sont constituées ou reprises en commun : la Fabrique Nationale d’Armes de Guerre (Belgique), la Société Française des Torpilles Whitehead (France), la Harvey United Steel Co. Ltd. (Angleterre), l'A. G. der Dillinger Hüttenwerke, l'Halbergerhütte G. m. b. H.,, les Homburger Eisenwerke, la Neunkircher Eisenwerk A. G., les Aciéries et Usines à Tubes de la Sarre (toutes dans la Sarre), les Anciens Etablissements Skoda (Tchécoslovaquie), les Anciens Etablissements Hotchkiss et Cie (France), la \ British South African Explosives Cy Ltd (Angleterre), l’Union Espagnole d’Explosifs (Espagne), la Société d’Electrochimie (France), la Lonza (Suisse), la Compagnie Générale d'Electrochimie de Bozel (France), Ugine (France), les Hohenlohe Werke (Pologne).

Et, de temps à autre, quelque scandale éclate aux yeux surpris des peuples, qui ont la candeur de croire à l’exception : l'affaire des Usines Poutiloff, où sont associés KRUPP, SCHNEI- DER et ZAHAROFF; l'affaire de l’Ouenza, où sont associés les principaux industriels de guerre d'Europe; le procès des Carburiers.

En réalité, l’organisation internationale des ” industries de guerre est permanente et systé- - / matique. Elle aboutit logiquement aux trusts, aux cariels, aux comptoirs, aux syndicats, aux gentlemen’s agreements. On trouve l’Union … Européenne Industrielle et Financière; le trust

des explosifs : ia Société Centrale de À mite; le Syndicat du Ferrosilicium; le Syndi cat du Ferro-Chrome; le Syndicat internati

cier, SoUtrennett la mn intro ale des industries de guerre; elles y participen t elles présentent les mêmes caractères : Com] toir National Se es de ue avec TH

le Schweizerischer BVn Et, dans les divers Etats du monde, les mations internationales s'appuient sur ‘influence des puissantes organisations corp -tives : : Stahlwerksverband en Allemagne,

bre Syndicale des Forces hydrauliqu France. | LÉ L'histoire enseigne de façon évidente

les grands corps de Etat :

tion civile, diplomatie, armée, Forges et Aciéries de la Marine et d'Ek

court ont eu l’appui de NAPoLéON HI pa

WaLEwski, neveux de l'Empereur, et la France y a dû de n’avoir pas, en 1870-1871, de canons Krupp capabies de résister aux canons de GUILLAUME.

L'histoire est un perpétuel recommencement. On trouve, à l'heure actuelle comme hier et demain, quantité de personnalités influentes dans les firmes de guerre. Les magnats eux-mêmes et leur famille ont soin d’occuper des postes éminents et utiles. Deux de WENDEL sont sénateurs ; un von STUMM est général, un autre directeur au Ministère des Affaires Etrangères, un autre secrétaire d’ambassade; les CLEMENCEAU sont, l’un président du Conseil, l’autre chef du trust de la dynamite Nobel; HUGENBERG est administrateur de grandes firmes, ainsi que Vüô- GLER,

Les financiers en général et les magnats des industries de guerre en particulier, disposent aussi de l'influence considérable de la grande presse, qui fabrique l’opinion. Les agences d’information, source des nouvelles pour les journaux et distributeurs de la publicité commerciale sans laquelle la grande presse ne peut vivre, sont trustées. La presque totalité des grands journaux, dans tous les pays du monde, est aux mains ou sous le contrôle des financiers, dont certains, comme feu Hugo STINNES, constituent des trusts capables d’agir d’une facon décisive sur l’opinion d’un ou plusieurs pays.

La constitution de grandes puissances fi-

hancières entraîne un Re d le corruption, parce que chaque affaire est as importante pour que ses bénéfices légitim des commissions et des campagnes payées Procès au Japon, procès en Allemagne, procès aux Etats-Unis; scandales répétés, démontren qu'on est en face d’un état de choses permis pent.

Les profits en valent la peine. Les industries de guerre font des bénéfices inouïs, tel: que les firmes n’osent pas les montrer. Le profits de guerre des Forges et Aciéries de I: Marine et d’Homécourt ont atteint 800 millions; les profits de l’United States Steel Crpn ou Steel Trust, dus à la guerre, ont. attei plus de 5 milliards. | L'expérience de la guerre mondiale démo tre, en outre, que l'explosion des hostilité provoque une redistribution des marchés en tre les firmes, ainsi qu’une réorganisation de firmes, de telle sorte qu’une guerre doit, pour les magnats, être ou très courte ou très lo gue : très courte, elle ne dérange que fort p leur situation; très longue, elle leur permet de s'adapter et de réaliser des profits mons trueux. La guerre mondiale pouvait être abré gée par deux moyens sûrs, le bombardeme du bassin de Briey, et le blocus économiq réel de l’Allemagne; les relations internatio nales des magnats s’y’ sont opposées.

On pourrait dire d’eux ce que MIiCHELET dit de MARLBOROUGEH : « Ils se disaient le parti patriotique, et patriotiquement gagnaient e

toute manière. Ils s’engraissaient par la Bourse et par la Banque. Pendant que leur poète Apison écrivait Caton à la gloire de leur chef, MARLBOROUGH s’arrondissait et se faisait tout d'or. Il gagnaiït par les fournitures, gagnait par les troupes incomplètes, recevait pension des rois, les juifs de Londres. Peu à peu cependant, les offres de la France augmentant, il devenait clair qu’on ne voulait plus rien dans la guerre que de remplir ses poches. »

Et maintenant, les auteurs veulent mettre les pacifistes en garde contre des interprétations erronées.

L’exposé qui a été fait n’est pas un tableau complet des relations internationales des industries de guerre : les auteurs ont indiqué les limites de leurs recherches. Dans ces limites mêmes, tout n’est pas dit, à beaucoup près.

Les précautions que les auteurs ont pris de préciser les sources ne les empêchent pas de courir le risque d’erreurs; maïs ceci encore est peu de chose : il faut songer que, pas plus pour l’étude que pour l’amour, le temps malgré l’invocation du Lac, ne suspend son vol; et la description que l’on peut tracer du monde politico-financier se situe à un moment de l'éternel cours des choses. L'évolution est incessante, et chaque jour, la mort d’un magnat, la brouille de tels capitaines d'industrie, des événements imprévus ou prévus, modifient la

carte.

__ L’exposé d’un problème semblable court entre deux lignes d’écueils. Le Dantec, parlant

ae et les cas, et donner une vue de l'existence réelle, avec sa prodigieuse complexité. Les : teurs auraïent pu, même, descendre à Pa dote, et peindre les magnats au naturel; t d’entre ceux-ci, qui, lors d’une grève, es grand peine détourné d'employer contre personnel les pompes à incendie : signe .

état d’âme qui est susceptible de répercuss n infinies; ou décrire tel incident romanesqu un financier mourant dans un taxi et laisse ainsi par accident des papiers qui prouven l’agiotage contre le franc; ou rappeler l’entretien que le grand mathématicien et anarchiste C.-A. LAISANT a raconté dans la Bataill Syndicaliste et qu’il précisait à l’un des

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On risque de s’élever si haut que kr mo de réel disparaît aux yeux; ou de se ne ns une quotidienne rancœur.

Les auteurs ont essayé de se tenir à. R distance des écueils, exposant les faits

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généralisant par la répétition et l’histoire, qui

prouve qu'il ne s’agit pas de la femme rousse de STERNE, et construisant sur les faits et la généralisation leur système abstrait.

L'un des auteurs a déjà exposé, en maints rapports aux congrès des grandes organisations, sa conception. Et l’autre a des idées arrêtées et connues sur la vie sociale.

Les faits et les organismes sont la manifestation de l’activité des individus. Il n’existe rien hors des individus et du milieu. Les

firmes, les syndicats, sont des façades et,

si l’on veut, le lieu géométrique de personnalités puissantes qui ont leur existence propre. Quand on dit « le Comité des Forges », il faut savoir ce qu'il y a derrière, les luttes intestines qui s’y livent, les appétits qui essaient de s’éliminer, l’intérêt commun qui crée, face à lennemi populaire, une solidarité agissante

limitée et momentanée.

Les industries de guerre se situent au sein de la finance, et leurs dirigeants parmi les financiers. Tout se résout dans les intérêts et les caractères, la situation matérielle du mon-

de, les lois économiques, la volonté et les faiblesses des individus.

Il importe autant de connaître l’inéluctable nécessité, pour les industries, de s’approvisionner en matières premières indispensables à l'extérieur — ce qui explique le cosmopolitisme et le rend irréductible, quel que soit le nationalisme politique, et la prédominance, dans les causes déterminantes des actions hu-

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