‹ Les relieurs françaisChapitre 104 sur 171 · JUBERT · texte numérisé non relu

JUBERT

maître, exerçait cependant la reliure; sa boutique fut fermée en même temps que celle de Christophe Rémy (1674).

Une veuve Jouvenel, pauvre, reçut, en 1684,13 sols de la Communauté.

JUBERT (Jean-Pierre), se fit recevoir maître le 3 septembre 1771 et succéda à Boisraare ; il ne put exercer par conséquent du temps d'Eloy Levasseur, qui mourut vers 1701, comme l'a cru M. Pierre Deschamps. La copie d'une de ses étiquettes nous apprendra en quoi consistait principalement son genre de travail :

A Paris, rue Saint-Jacques, vis-à-vis les Mathurins. — Jubert, successeur de M. Boimare, doreur sur cuir, fait et tient magasin de toutes sortes do jo)ies couvertures d'almanachs, maroquins de toutes couleurs avec glaces, petits brillants et beaux brillants avec jolis médaillons et cercles d'or et d'argent à la provençale, brodés de toute façon, avec médaillous, peintures et cercles. Il tient tout ce qu'il y a de plus nouveau en ce genre et de mieux fait en dedans, le tout avec glaces et petit gousset ; souvenirs de toute grandeur, de toute façon et à secre pour mettre un portrait avec glaces. Petit Almanach à la Dauphine avec de jolies gravures et glaces pour les dames. Il pose toutes les armes et chiffres ainsi que l'on désire, des jolis médaillons et toutes sortes d'inscriptions sur'les porte-feuilles et registres, Il fait tout ce qu'on peut lui demander en ce genre. Il fait aussi les envois pour la province et les pays étrangers.

Mais, en dehors de ces petits almanachs dont on connaît l'insignifiance au point de vue de l'art de la reliure, Jubert entreprit des travaux plus artistiques et fit de véritables reliures. Nous ne croyons pas qu'il fut relieur de Marie-Antoinette, car le volume aux armes de cette princesse signé de lui et dont M. Gruel a donné le fac-similé pourrait bien être un volume de dédicace dont la reliure avait été commandée par les auteurs. En effet, il s'agit d'un recueil de pièces

de théâtre, toutes de Piis et Barré, que ces vaudevillistes, comme c'était l'usage, durent faire couvrir aux armes de la Reine avant de le lui offrir. Nous remarquons toutefois que toutes ces pièces étaient éditées par Vente, qui lui-même faisait de très riches reliures; mais Piis et Barré eurent sans doute leurs raisons pour lui préférer Jubert. Quoi qu'il en soit, voici la description de ce volume accompagnant le fac-similé donné par M. Gruel :

Il est couvert en maroquin rouge et orné sur les plats d'une large dentelle, composée h petits fers dans le goiit de l'époque, telle qu'en faisaient Padeloup et Derome. Tout au bas du premier coté, et mêlé dans l'ornementation, est frappé le mot : Jubert. Au centre du volume, les armes de la Reine sont poussées eu or sur fond de mosa'ique bleu foncé .

Un autre volume qui passa à la vente de Louis-Philippe sous le n" 28 : L'Ordinaire de la Messe et les Vêpres du dimanche avec les psaumes de la Pénitence, « riche reliure à mosaïque en maroquin rouge, bleu et vert, doublé de maroquin vert, dentelle, tranches dorées, » était signé Jubert. Il fut vendu 75 francs.

Indiqué sous la date de 1733, qui pourrait bien être une erreur, nous croyons que c'est ce même volume qui, avec le millésime de 17o3, repassa en avril l88o à la vente Bardet sous le no 903. La reliure, également signée Jubert, est décrite, à peu de chose près, comme dans le catalogue de Louis-Philippe ; mais cette fois le prix d'adjudication fut de 1 200 francs.

Nous avons vu quelques reliures mosaïques portant le nom de Jubert poussé en or au bas des plats extérieurs ; la composition en était banale et l'exécution soignée, mais sans excès.

Jubert fut député de sa corpora-

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