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LESCLAPART (Antoine-Pierre),
nommé le 10 janvier 1713 l'un des dix Marchands Relieurs-Doreurs de livres privilégiés suivant la Cour. II démissiona le 20 décembre 1743 en faveur de
— ( Pierre- Augustin ) , qui luimême fut remplacé, sur sa démission, le 23 avril 1768, par
— (Pierre-Antoine), dont le successeur, toujoiu's après sa démission, du 15 mai 1781, fut Honoré- François Jollivet.
LESGUILLO.X (Thomas), apprentif de Jean Piot. Il fut reçu en 1654.
— (Jacques), Ht son apprentissage chez Jean Subjet, doreur, en 1646, et parvint à la maîtrise en
Un Jean Lesguillon fut apprentif d'Élienne Dubois en 1655, mais nous n'avons pas trouvé sa nomination de maître.
LESNÉ (Mathurin-Marie), né à Paris le 7 novembre 1777, mort aux BatignoUes le 31 juillet 1841. Ses études ayant été interrompues par la Révolution, il prit la lime et le marteau et se fit serrurier, état qu'il quitta pour apprendre la reliure, à l'âge de vingt-sept ans. Il dit s'être foruié tout seul et n'avoir pas eu de maître. Les volumes reliés par lui que j'ai vus étaient de façons très inégales; il y en avait de fort médiocres et d'autres d'un travail courant assez soigné. Je possède même un exemplaire de son poème, en maroquin giain long avec gaufrure et dorure dans le style du temps bien entendu , particulièrement réussi dans l'ensemble, et qu'on attribuerait volontiers à Thouvenin, s'il no portait pas le nom de I^osné poussé en ur.
A la fin de sa carrière, il semble
s'être attaché à la confection de cartonnages spéciaux, qu'il appelait conservateufs. Son système pouvait être bon, mais il ne sut pas donner la plus petite élégance aux spécimens auxquels il l'appliqua : ces types sont vraiment laids.
Lesné ayant la rime facile, étant très passionné pour son art, ne tarda pas à lui consacrer sa verve poétique ; il publia en 1820 : La Reliure, poème didactique en six chants. La modestie avec laquelle il déclarait s'être servi du vers comme moyen mnémonique, pour mieux fixer dans l'esprit de ses lecteurs les principes qu'il préconisait, ne lui mérita pas la moindre indulgence et ne le sauva pas de la plaisanterie ; elle était trop commode pour qu'on s'en abstint, et on eut vite fait de le proclamer aussi mauvais poète que triste relieur.
Nous ne prendrons pas la défense de ses rimes, d'autant plus d'ailleurs que lui-même a fait bon marché de touteprétention littéraire; mais nous dirons, laissantde côté la forme qu'il crut devoir adopter, que ses intentions étaient excellentes et que la lecture de son poème, faite sans prévention, est parfois utile, instructive, intéressante etde plus très amusante.
On doit donc regretter, croyonsnous, que le Manuel du Relieur et de l'Amateur de Reliure, auquel Lesné travaillait dès avant 1827, n'ait pas paru en 1835, comme il l'avait annoncé l'année d'avant.
Il fut professeur de reliure à l'Institution des Sourds-Muets.
Voici la liste de ses œuvres :
La Reliure, poème didactique en six c/tan<s, etc., Paris, l'auteur et Nepveu, 1820, in-8°. A la fin se trouve un Mémoire relatif au perfectionnement de la Reliure.
Seconde édil:un : Paris, Renouard.