‹ Les relieurs françaisChapitre 128 sur 171 · MICHON · texte numérisé non relu

MICHON

MICHON(Félix),reçuen 1612, eut pour apprentif, en 1619, Pierre Grignon.

— (François II), premier fils de François P', né le 24 octobre 1395, fut reçu le 28 avril 1633, le même jour que son frère cadet :

— (Etienne), maître d'apprentissage en 16bo de Pierre Michon(Fo?/.

plus bas) et en 1664 d'Antoine Lefebvre; il demeurait alors rue Saint- Jeau-de-Beauvais.

— (Guillaume), troisième fils de François 1", reçu le 13 octobre 1639, eut pour apprentif Claude Duflô, en

— (Pierre I'"''), recule 18 décembre 1664, était apprentif d'Etienne Miclion, et cette qualité énoncée dans son acte de réception nous donne à penser qu'il n'était pas fils de maître et appartenait par conséquent à une aulre branche de la même famille.

Pierre Michon avait quelque réputation et passait pour un des bons relieurs de son temps.

Le spirituel abbé de Montreuil était un de ses clients et s'en vantait, ainsi qu'il ressort d'une de ses lettres écrites à un monsieur du Champ qui lui réclamait la restitution de quelques volumes. L'abbé ne ménage pas son correspondant, et sa réponse très mordaiite est bonne à citer ici comme spécimen de l'esprit sarcastique d'un amateur de reliures du xvn^ siècle :

Je suis bien aise de la joie que vous avez eue quand vous avez appris la perte que j'ay faite avec M°" de... car je ne désire autre chose que votre satisfaction ; et pour vous le témoigner, je vous donne avis que j'en ay faite une presque aussi grande sur mon benétice de Bretagne. S'il m'arrive quelque malheur cette année, je ne manqueray pas de vous le mander. Quoj' que je n'aye jamais songé aux volumes que vous nie demandez, envoyez-moi l'attestation de

ma sœur (en la probité de qui je me fie) qu'elle les a vus parmi les vôtres, je vous en rendray de pareils. Cette précaution ne vous semblera pas déraisonnable, car je veux bien payer les livres que je n'ay point pris dans vostre coffre, mais je ne veux pas payer ceux qui n'j' ont jamais esté. Je devrois peut-estre m'en rapporter à vostre bonne foy, mais vous voulez bien que je tire quelque fruit de mon oxpérieuco. L'exemple du pré affermé en appostant de faux enchérisseurs me fait aller bride en main avec vous. Outre cela, quoique vostre calomnie soit fort puérile, vostre lettre pourtant est si furibonde, que ja}- sujet d'appréhender que vous n'ayez mis dans vos yjrétentions de me demander tous les Conciles de l'impression du Louvre. Car qui croirait que pour trois ou quatre bouquins de cinq ou six sous, un homme soi-disant sage se laissast emporter à écrire une lettre si pleine d'invention? J'ay icy ou à Paris six cens volumes que Mic/ion m'a reliés en maroquin noir et rouge : quelle apparence que dans une si grande richesse j'allasse piller les haillons d'une chaumière, etc., etc.

Ed. Fouriiier n'hésite pas à conclure de ce passage que les livres de Montreuil étaient pour la plupart « d'une sombre reliurejanséniste»("?).

Une note de Brunet reproduite au n° 18 de son catalogue annonce que cet exemplaire du Nouveau Testament, édition de Mous de 1668, relié en maroquin noir doublé de maroquin rouge, était une reliure de Michon. Quoique cette note n'indique pas la source de cette attribution, on doit croire que Brunet, autrement exact que Fournier, ne l'énonce pas sans raison ; mais il est regrettable qu'il n'ait pas dit si son affirmation provenait du nom de Michon poussé en or en quelque endroit de la reliure ou d'une étiquette.

Dans tous les cas, ce volume, comme les Poésies d'Anacréon de M""^ Dacier, édition de 1699, figurant dans ce même catalogue, sous le n" 184, portait à l'intérieur ce nom : Le R. P. Le Roy, puis au dos du volume et au coin des plats un chiffre composé des lettres A. L. R., surmonté d'une couronne de marquis. Cette

Page 1