‹ Les relieurs françaisChapitre 156 sur 171 · UU ETTE · texte numérisé non relu

UU ETTE

ROUILLÉ (Philippe II), son fils, reçu le 10 décembre 1665.

ROUSSEAU (Nicolas). Nous ignorons la date de sa réception; il exerçait avant 1787.

ROUSSEL (Jacques), reçu le 21 janvier 1732; il était mort en

ROUSSELET (François), reçu de 1608 à 1610.

ROUSSET( Antoine), figure comme relieur dans le contrat de 1582 concernant le transfert de la Confrérie chez les Pères Mathurins et dans une liste de 1622.

— (Nicolas), reçu de 1599 à 1600, fut lui aussi relieur, ainsi qu'il est dit dans les actes d'apprentissage passés par lui avec Nicolas Triboulet en 1617 et Nicolas Dubray en 1630, qui toutefois n'arrivèrent pas à la maîtrise.

La Caille et Lottin citent les Roussel comme libraires-imprimeurs, mais ils ont dû faire erreur, ainsi que le démontre ce qui précède.

ROYÉ (Ogier). J'ai vu chez le baron Pichon le Dialogue de Consolation entre lame et raison, etc., édition de Simon Vostre, 1499; volume relié en bois recouvert de veau, les plats frappés à froid avec médaillons et ces mots : Ogié Roie.

ROYNY. Voij. Le Royny.

RUBERT (Emelotde).

Broderesse, doniourant à Paris, confesse avoir eu et receu de Denis Mariette, argentier de Monseigneur le duc d'Orliens, la somme de cinquante solz tournois, qui luy estoient deubz, pour avoir fait taillées et (étoffées d'or et de soye deux couvertures de drap de Uampmas vert, l'une pour le Bréviaire et l'autre pour les Meures dudit seigneur, et

fait quinze seignaux et quatre paires de tirans d'or et de soye pour les diz livres, po\ir tout ce, pour or et soye et paine, la dicte somme de cinquante solz, et de laquelle somme elle se tient à bien paiée, et en quicte le dict seigneur argentier et tous autres, et promet et oblige. Ce faict l'an 1398 le mercredi 25«jour de janvier. (Arch. Joursanvault., n° 844.)

RUE-NEUVE (Rogierde), relieur, nommé dans les Lettres du 5 novembre 1368 concernant les privilèges des suppôts de l'Université.

RUETTE (Macé). Voici son acte d'apprentissage, tel qu'il a été pris chez le notaire qui le passa, par le baron Pichon:

Nicolas de Bigues, prieur et sieur d'Essonne, Claude Leroy, contrôleur de la maison de Me'' le prince de Couti, demeurant dans l'enclos de l'Abbaye Saint-Germain des Prés, et Michel Ruette, chargeur de bois au port de l'Escale de Saint-Germain l'Auxerrois, mettent Macé Ruette, fils dudit Michel, en apprentissage pour quatre ans avec Dominique Salis, libraire et relieur de livres, demeurant rue Saint-Jean-deLatran. Les parties promettent à Salis vingt escus, savoir dix dans six mois et dix dans un an. Le 5 mars 15'J8.

Suivant La Caille, « c'est Macé Ruette qui a trouvé l'invention du papier marbré et du maroquin jaune marbré ». Je ne sais ce qu'était le maroquin jaune marbré, et je ne m'explique pas bien cette désignation, tandis que, sous le nom de papier marbré, il faut comprendre le papier peigne, dont le procédé de fabrication est assez singulier pour que nous en disions ici quelques mots. On jette, sur une eau gommée remplissant un récipient de la dimension du papier qu'on se dispose à colorier, des couleurs minérales en poudre et variées qui se maintiennent sur l'eau sans s'y mêler.

La surface bien couverte, on y passe dans sa longueur un peigne aux dents plus ou moins espacées qui forme le dessin. La couleur adhère à la feuille présentée à plat, et on

RIETTE.

la glace à l'agate après l'avoir fait sécher. Les papiers du xviii« siècle, généralement à tortillons ou escargots, s'obtenaient de la même manière, mais, au lieu du peigne on se servait d'un bâton pour faire contourner les couleurs. C'est, du reste, exactement le même procédé qui s'emploie encore de nos jours.

Les seuls apprentis de Ruette qui nous soient connus sont Barthélémy Garoche et Jacques Dehors; celui-ci même ne parvint peut-être pas à la maîtrise.

Macé Ruette fut nommé relieur du Roi après la mort de Clovis Eve, arrivée en 1634 ou 1635.11 fut administrateur de la Confrérie de 1629 à 1634 et mourut vers 1644.

RUETTE (Antoine), son lîls, né le o février 1609, fut reçu le 9 juillet 1637. Comme fils de maître, il n'avait rien à payer pour sa réception, mais il était d'usage que le récipiendiaire donnât quelque petite somme pour la Confrérie. « Antoine, est-il dit sur le registre des réceptions, n'a rien voulu donner, sauf 20 sols pour les pauvres. »

A la mort de son père, il lui succéda comme relieur ordinaire du Roi et recevait 100 livres par an. Le 3 juillet 16o0, Louis XIV le gratifia « d'un logement sa vie durant dans son Collège royal, pour en jouir tout ainù qu'ont fait ceux qui estoient devant pourveus de la ditte charge de sonrelieur de livres ordinaires, etc.».

Antoine Ruetfe paraît avoir publié principalement des livres de sainteté; nous avons eu souvent entre les mains des Offices de la Semaine sainte de différents formats, l'un entre autres de 1644, in-S", où son adresse est indiquée rue Saint-Jeande-Latran, devant la fontaine Saint- Benoît, et d'autres in-12 sans date ou avec celle du IGOi. L'un d'eux por-

tait imprimé sur la dernière page :

« A Paris, chez Claude Groult, rue Saint-Jacques, à la Résurrection. »

{Voy. ce nom.) Les reliures de ces volumes étaient ou des semés d'L couronnés, mélangés de fleurs de lis, ou des entrelacs avec rinceaux à fers pointillés du genre Badier; mais l'exécution n'en était pas d'une grande finesse.

D'après Paul Lacroix, c'est par Ruette que Pierre Corneille aurait fait relier 20 ou 30 exemplaires de sa traductioa de l'Imitation in-4o, qu'il envoya en présent à diverses personnes ; ils étaient tous reliés en maroquin rouge à compartiments.

De son cùté, Ed. Fournier suppose qu'Antoine a travaillé pour le chaii-

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