‹ Les relieurs françaisChapitre 161 sur 171 · TALON · texte numérisé non relu

TALON

Fozet, maîlre relieur. Il prétendait, par le fait de son raariaf^e, exercer son état à Paris, et une sentence du Châtelet lui donna gain de cause, le 28 août 1716, contre la Communauté des Relieurs, qui lui refusait la maîtrise, La Communauté en appela au Parlement, et un arrêt du 23 février 1718 la déchargea des condamnations prononcées contre elle, en déboutant Sureau de sa demande d'être reçu maître, et en le condamnant aux dépens.

Il dut réussir à se faire admettre plus tard, car, le 21 juillet 1721, il était nommé Relieur du Roi, « de l'avis de Mgr le duc d'Orléans, Régent ». {Arch. Nat. VM97.)

TALON (Nicolas), fil son apprentissage de doreur chez Guillaume Nyon et fut reçu maître le 24 décembre 1613, moyennant 3 liv. 4 s., par Christophe Touchard, maître de la Confrérie, mais à la condition de n'ouvrir sa boutique qu'après avoir produit son brevet d'apprentissage.

11 joignit la librairie à la dorure, édita quelques ouvrages, et devint libraire de la reine Anne d'Autriche, aux gages de 10 livres par an.

Il est vrai qu'on ne les lui payait pas toujours, notamment en 1642, où M« Jeannot, sieur de Barillat, trésorier général et comptable, consigna sur son registre des dépemes de la Reine qu'il « n'en avait payé aucune chose, faute de fonds ». Mais Talon était mieux payé de ses fournitures, car nous voyons qu'il reçut, le IC juillet 1634, la somme de 213 livres « pour une paire d'Heures reliée en maroquin noir, fermée d'argent, pour la dite dame et pour les

offices de la Sepmaine sainte ».{BibL Nat. Ms. fr. 10411 etl0412.)

Seul de son nom à cette époque, c'est lui évidemment qui reliait pour Mazarin, et qui, dans les comptes de 1643 à 1647 du cardinal bibliophile, est désigné sans prénom, demeurant au-dessus de Saint-Benoît et comme relieur de M"" Charles ^

Le fils de Nicolas, nommé Pierre, se fit recevoir imprimeur en 1645.

TALO.N (Jacques), s'engagea comme apprentif chez Nicolas Talon, son oncle probablement, le 31 mai 1643, et parvint à la maîtrise le 17 mars 1661. Son brevet, comme tous les brevets de la Communauté, le qualifiant maître libraire, imprimeur et relieur, il se crut en droit d'ouvrir une imprimerie, ce qu'il fit à la fin de 1669; il commençait déjà limpression d'un ouvrage pour lequel il avait un privilège du Roi, quand le syndic et les adjoints lui firent fermer son atelier. Ils s'appuyaient sur les arrêts du Conseil d'État de 1666 et 1667, défendant d'accorder de nouvelles maîtrises.

Talon, dans son mémoire qu'il adressa au lieutenant de police, remontrait qu'il avait toujours voulu s'établir imprimeur et que, s'il ne l'avait pas fait plus tôt c'était faute d'avoir pu trouver jusqu'alors un local à sa convenance; qu'il n'existait pas de loi bornant le temps pendant lequel un maître devait exercer son brevet, sous peine de déchéance de ses droits; qu'il était

1. Il y avait alors lalilié Charles, dilettante passionn(S qui n'était peut-être encore que l'habile m;ithématifien dont il est parlé dans la correspondance de IIuj ghens et l'amateur portant les mêmes nom et qualité possédant, d'après Spon, « des instruments de toutes sortes ", dans son domicile quai do l'École. Ce digne abbé aurait donc été de plus un reliuriste distingué?

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