‹ Les relieurs françaisChapitre 165 sur 171 · VARANGUE · texte numérisé non relu

VARANGUE

VAUGON.

deux fils, Antoine et Jean, et qu'il devint libraire-juré en 1618. Nous avons vu sur l'acte de réception de son apprentif Louis Fontaine, en 1633, qu'il était mort à cette date.

Comme le signataire du contrat de 1582 n'aurait pu avoir moins de oo à 60 ans en 1612, il est possible qu'il y ait eu deux Jacques Varangue, le père et le fils.

VARANGUE (Antoine), était libraire-doreur et fut reçu le 6 mars J6o3. Il commença l'apprentissage d'ÉIoy Chéron, qui se termina chez Jean Goguelin, doreur.

— (Jean), reçu libraire-doreur, le 12 février 1654, il exerçait encore en 1690.

— (Claude), dont la date de maîtrise nous est inconnue, figure parmi les anciens maîtres dans une liste de 1691.

— (Pierre), libraire-doreur, est nommé dans l'arrêt de mai 1668 en faveur des batteurs d'or, ainsi que son frère ou cousin :

— (François), qui lui aussi était doreur.

— (Jean-Baptiste), reçu vers

— (Christophe), reçu le 19 février 1731, demeura rue du Mont- Saint-Hilaire et rue de Beauvais,puis quitta Paris entre 1776 et 1779.

Quoique ignorant auquel des Varangue se rapporte la note suivante, nous la transcrivons intégralement:

Le 14 juillet 1706. La veuve Duhamel et la personne du sieur Varangue poursuivis pour payer le taxe de 6 et 12 solz pour la répartition de l'annexe 1704, plusSliv. otCsolzspour la moitié en sus. (Au dos) : Varangue, relieurdoreur à l'image de Saint-Sébastien vis à vis le Puits Certain. {Bibl. Nat. Ms. fr. 21 741.)

On doit croire que tous les maî-

tres ci-dessus, même ceux qui ne sont pas qualifiés doreurs, exercèrent la dorure.

VARLET (Jacques), reçu le 10 octobre 1765, ne paya pas le droit de réunion en 1776 et demeurait rue des Carmes. Il fut marguillier de Saint-Hilaire en 1776. UAlmanach du Commerce cite un Varlet (sans prénom) demeurant rue Saint- Jean-de-Beauvais de 1800 à 1810.

VAUCLIN (Pierre), doreur, reçu le lo juillet 1660.

VAUDRAN (Pierre), reçu le 12 janvier 1640.

VAUVILLIER(Jean), recule 2janvier 1738, demeurait en 1759, rue Saint-Étienne-des-Grès et plus tard rue Saint-Jacques. Il mourut entre 1771 etl774.

Une demoiselle Anne Vauvillier épousa, en juillet 1718, Jacques-Antoine Derome, et fut par conséquent la mère du grand Derome.

VAUGON (Marin), doreur sur tranche, apprentif de Jean Chrestien, fut reçu maître en 1617. Il eut pour apprentifs Rolin Delahaye et son jeune frère Nicolas.

— (Nicolas I'^'"), doreur sur tranche, apprentif de son frère Marin, fut reçu en 1635.

— (Nicolas II), doreur sur tranche, fils de Nicolas P"", reçu en 1653. Il opta pour la libi^airie et mourut en 1691. Sa veuve,

Marie Bierry, dirigea la librairie jusqu'à sa mort en 1706. Elle avait fondé avec ses enfants, à Saint-Hilaire, une messe basse trois fois par semaine et un salut le dimanche des Rameaux. La fabrique, par reconnaissance, leur accorda pour eux et leurs descendants une sépulture

VAUGON. - VENTE.

dans l'église. (Office propre de Saiiil- Hilaire, 1768, p. 9.)

VAUGON (Michel I), doreur sur tranche, figure comme compagnon dans des arrêts de IG4o, 1647 et 1650. Le dernier ordonnait sa réception, mais nous n'avons pas trouvé la date.

— (Michel II), doreur sur tranche, fils de Nicolas I et gendre de François Joron, fut reçu en 1654.

— (Louis I), fils de Michel I, reçu le 2 août 1603 en même temps que son cousin.

— (Louis II), fils de Nicolas II.

Tous les deux furent doreurs; mais Louis I opta pour la librairie, que sa veuve continua à exercer.

— (Jean),ri]sdeNicolasII, doreur, et

— (Michelin), fils de Michel II, furent reçus le 13 mai 1666. Michel III opta pour la librairie, et sa veuve lui succéda.

VENTE (Pierre), né en 1722. Ce

personnage se présente à nous sous d'assez tristes auspices : « Pierre Vente, garçon relieur, entre à la Bastille le 14 mai 1748 et en sort le 15 mars 1750. — Livres erotiques.

Thérèse Philosophe, le Portier des Chartreux, etc. » (Bibl. nat. Ms. fr.

22105, et Nouvelles acquisitions fr. n° 1891). Le délit pour lequel, à son début dans la carrière, le garçon relieur séjourna vingt-deux mois à la Bastille était fait pour compromettre son avenir, mais il n'en fut rien. D'après une lettre de lui conservée à la Comédie Française, et qui nous a été obligeamment communiquée par M. Monval, on voit que Voltaire, enchanté des reliures qu'il lui avait faites pour les exemplaires de sa Mérope qu'il en-

voyai t en présent,ravait recommandé au maréchal de Richelieu, et que celui-ci n'avait cessé depuis « de l'accabler de ses bontés et de l'honorer de sa protection ».

En effet, sans avoir eu la peine d'obtenir la maîtrise et de s'être soumis aux exigences légales imposées à tout aspirant. Vente, moins de quatre ans après sa sortie de prison, recevait un brevet qui allait être aussi fructueux pour lui qu'il était honorable dans ses termes. Il était nommé, par les quatre premiers gentilshommes de la Chambre du Roi, relieur des Menus-plaisir s de la Chambre de Sa Majesté, pour le récompenser de ses « sçavoir et capacité au sujet des ouvrages de reliures et dorures de livres et du contentement que ces dits gentils hommes avaient eu des services qu'il avait rendus dans sa profession, sous leurs ordres, etc. « Ce brevet, daté de Versailles du 20 décembre 1753, était signé par les ducs de Richelieu, d'Auniont, de Gesvres et de Fleury, qui mirent en marge leurs armes en cire d'Espagne.

Il faut croire que, dans la corporation des relieurs, on trouva le procédé quelque peu abusif et qu'on y eut des velléités d'opposition, car Vente, le 9 décembre 17oo, fut obligé de faire signifier par un huissier aux gardes de la Communauté ce fameux brevet qui l'autorisait à exercer la reliure.

Mais ce n'est pas (out : Messieurs les premiers-gentilshommes accordaient encore à leur protégé un nouveau brevet le l^"" avril 1758. On l'y congratulait toujours de ses savoir et capacité, du zèle et de l'intelligence avec lesquels il s'était acquitté de tout ce qui était confié à ses soins, ce qui lui valait, en passant, la confir-

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