‹ Les relieurs françaisChapitre 74 sur 171 · DELORME · texte numérisé non relu

DELORME

17Jo ; son nom n'est plus porté sur les listes de la Confrérie en iTil.

Un Delaunay sans prénom est nommé dans les comptes des Bâtiments du Roi comme ayant reçu, en 1685, o7 1. 8 s., montant de reliures, qu'il avait faites pour la Bibliothèque royale.

DELAVILLE (Daniel), né à Rouen, entra en apprentissage chez Pierre Ferrand en 1661, et fut reçu maître en 1666, « étant sur le point d'épouser Catherine Decourbes. » Il employa comme compagnon Pierre Julien (voy. ce nom). Lors de la division en deux communautés de l'unique qui avait toujours existé entre les libraires, imprimeurs et relieurs, Delaville fut un des plus farouches opposants àl'éditde 1683, mais il finit par se soumettre et opta pour la librairie ; il mourut en 1703. Sa veuve figure sur les listes de la Communauté des Libraires.

DELEAT (Gérard), reçu en 1726, demeura rue d'Ecosse.

DELORME (Pierre - Salomon), reçu en 1743, marguillier de Saint- Hilaire en 1764, vivait encore en

— (Pierre - Marcel), reçu en 1763, demeurait rue du Mont- Saint-Hilaire et était administrateur de la Confrérie de la Vierge de Saint-Hilaire en 1784. Il ne voulut pas payer le droit de réunion en

— (Jean). 11 est possible qu'il y ait eu deux Delorme portant le nom de Jean : l'un, resté compagnon, aurait intenté un procès, en 1744 ou 1748, à un marchand de vin du nom de Coppin qui prétendait que sa défunte femme était bâtarde, afin de garder sa succession et l'en pri-

ver lui, Jean Delorme, l'héritier légitime; et l'autre aurait été reçu maître en 1767. Enfin, qu'il y ait eu deux Jean Delorme ou un seul, il est certain que celui qui fut reçu en 1767 n'acquitta pas le droit de réunion, qu'il demeura rue Saint- Jacques, et que VAlmanach Dauphin de 1777 le donnait comme « un des plus renommés pour la dorure sur cuir et les reliures précieuses d'Étrennes mignonnes et Collombats ».

Cela ne prouve pas que son goût et son habileté fussent bien grands, car j'ai vu chez M. Claudin les œuvres de Le Sage, en 10 vol. in-8°, portant, doré au fer au bas de la roulette intérieure de tous les volumes : « Relié par Delorme, rue Saint-Jacques, 191 », et la reliure dans son ensemble laissait beaucoup à désirer. Ces volumes, en maroquin rouge très lisse, avec fers au dos sans nerfs, dentelles sur les plats, gardes en papier jaspé bleu, avec une double roulette intérieure, étaient fort riches sans doute, mais d'une exécution inégale et maladroite.

DELORME (Richard) , reçu en 1769, demeurait rue du Four. Il avait quitté Paris en 1779.

— (René-Pierre), né à Paris, en 1751, est désigné comme fils de Pierre ; mais était-ce de Pierre-Salomon ou de Pierre-Marcel ? Il eut sa maîtrise le 18 mai 1774, paya le droit de réunion en 1776 et demeurait rue Saint-Jacques. Délaissant quelque peu la reliure, il se livra avec passion au commerce des gravures et mérita les lignes élogieuses qui suivent :

Les estampes destinées aux livi-es que la protession de René-Pierre Delorme lui faisoit passer sous les yeux secondèrent le penchant naturel qui l'attiroit vers les produc-

DELTO.NA. — DE MNVILLE.

tions do la gravure. Ce goût, fortifié par los ouvrages des meilleurs maîtres devint irrésistible. Cédant à la noble passion qu'inspirent les arts, il quitta en partie l'état de relieur pour se livrer au commerce des estampes. Le désir de collecter les chefs-d'œuvre de la gravure le déterminèrent à suivre cette carrière. A en juger par quelques pièces do son cabinet, on regrettera sans doute qu'une mort trop prompte l'ait empêché de réaliser le projet qu'il avoit conçu de former une collection nombreuse, d'ouvrages d'art célèbres.

L'amour des estampes lui faisoit souvent refuser à des prix très hauts la vente de morceaux de maîtres anciens; consultant moins le cours du commerce que sou goût dominant pour les belles choses, il les accumuloit et achctoit plutôt en amateur qu'on homme qui espère réaliseravec bénéfice : aussi, dans les estampes qu'il a laissées, on trouvera des épreuves doubles de plusieurs morceaux d'habiles graveurs, etc., etc.

René - Pierre Delorme mourut à Montreuil, près Paris, le 18 germinal an V (8 avril 1797), soit à l'âge de 46 ans. On vendit sa collection au mois d'octobre 1798, sur un catalogue dont voici le titre : Catalocfue d'Estampex anciennes et modernes montées en feuilles des Écoles d'Italie, des Pays-Bas et de France, etc., qui composaient le cabinet et le fond de commerce de feu le citoyen Delorme ancien relieur et marchand d'estampes. An VI (1798). Nous remercions ici M. le baron Pichon d'avoir bien voulu nous prêter son exemplaire de ce rarissime catalogue ; son amabilité' nous a permis d'y prendre la notice intéressante qui précède.

Mais si René-Pierre a jeté sur les Delorme une illustration Tort honorable, il en est un parmi eux qui a fait à leur réputation, en tant que relieur, une tache fâcheuse. Malheureusement nous ne savons quel est le coupable, car le dénonciateur a omis de le désigner par son prénom. Il s'agit d'un singulier procédé de reliure inspiré par la manie qu'on eut vers 1780 d'imiter les reliuresanglaises, et voici l'accusation

portée en vers et en prose par Lesné sur celui des Delorme qui l'employa :

Delorme effrontément supprima la couture.

De Delorme fuyez la méthode perverse. Pour imiter l'Anglais, par trop d'ambition. Il ne put maintenir sa réputation.

Son affreux procédé détruisit plus d'un livre.

«Delorme, dit encore avec plus de précision le relieur-poète, s'était ingéré, à l'imitation de quelques mauvais ouvriers anglais, de rogner les livres par le dos, de les enduire de colle forte, et de se dispenser de les coudre ; son but était, je crois, do rendre le livre égal d'épaisseur sur tous les points. L'intention était bonne, excellente même, mais le résultat était très mauvais; heureusement que ce procédé n'a pas été adopté, car il aurait entraîné la ruine de quelques milliers de livres précieux... Les Anglais ont une reliure nationale : ayons la nôtre aussi, ne sommesnous pas Français? o

Très bien, Lesné ! mais vous auriez bien dû nous dire si le délinquant n'était pas Jean Delorme le relieur des Ètrennes mignonnes et Collombats, ce que je crois pour ma part.

DELTONA. Nous avons vu chez M, le baron J. Pichon un vol. in-12 imprimé en gothique, en lolO, chez Jean Petit et relié en veau noir gaufré à froid, avec la marque « Deltona fecit ». M. Gruel a reproduit cette reliure dans son Manuel.

DEMEAUX (Abraham), exerçait en 1610. [Voy. ABR.iH.\M.)

DEMONIER (Jean), doreur, fut successivement apprcMitif de Jean Michelin, Michel Dauplet et Bernard Picart. Reçu maître en 1637.

DE NINVILLE (Nicolas), figure comme relieur dans une liste des membres de la Confrérie de 1o82, où il est appelé de Noiuville. En 1616, Nicolas De Ninville, libraire-relieur, engagea comme apprentif Eustache Petit, qui resta compagnon.

Lottin cite trois autres De Ninville

DE NINVILLE. — DEROME.

qui furent libraires ; nous les faisons figurer ci-après, parce que nous croyons qu'ils pratiquèrent aussi la reliure.

DE NINVILLE (Thomas), exerçait dès au moins 1618. Nommé adjoint de la Communauté en 1639, il mourut le 19 août 1639.

— (Robert I"). son fils, reçu en

— (Robert II), son fils, reçu en 16oo, mourut en 1688.

DENIS. Qualifie' : Endoreur de livres dans les Comptes et dépenses du château de Gaillon; il dorait en 1502 les garnitures des livres « cou vers de velours >' du cardinal d'Amboise.

DENIS (Mathurin), reçu de 1614 à 1618.

— (Mathieu), exerçait en 1622.

— (Jean I"), exerçait en 1627.

— (Jean II), reçu en 1632.

— (Jean III), reçu en 1649.

Deux demoiselles Denis épousèrent deux relieurs, Louis Boulanger et Jean Chardon.

DENISE, « le Liéeur », demeurait à Paris, en 1292, à côté de Jean le Flamenc, ruelle aux Coulons, et payait 12 deniers pour la taille.

DENYS (Hierosme), qualifié relieur de livres dans une liste d'hérétiques condamnés au bûcher ou à la potence en 1533 ou 1334. Il est possible que lui et son confrère Cholin, nommé à côté de lui, n'aient pas été suppliciés. Voyez l'article Cholin où nous donnons le texte passablement obscur de cette condamnation.

Nous avons trouvé un Toussaint Denys, éditeur de quelques ouvrages

en loio et qui reliait peut-être les livres qu'il vendait.

DE NOGENT (Antoine), reçu en 1635, demeura rue Saint-Jacques.

Etienne Dubois, relieur, engagea commeapprentif, enl659,un nommé Jacques de Nogent qui n'arriva pas à la maîtrise.

DE NOINVlLLE.yoy. De Ninville.

DEREU (N.-F.). Voy. p. 236.

DEROME. Le Dictionnaire de Jal renferme sur cette famille des renseignements précieux, quoique insuffisants parfois, mais sans lesquels, malgré nos découvertes personnelles, nous n'aurions pu établir aussi clairement le crayon généalogique de tous ces relieurs du même nom tel que nous le donnons ici.

Les degrés de parenté, présentés sous cette forme, devront, croyonsnous, se comprendre facilement, en évitant au lecteur le souci d'avoir à les classer lui-même dans son esprit.

C'est de Pierre Derome et de Marie Petillon que descendent les nombreux Derome dont l'un occupe dans l'histoire de la reliure une des premières places. La profession de Pierre nous est inconnue; mais, si, ce qui est possible, il exerça la reliure, ce ne dut être qu'en qualité de compagnon, son nom ne se trouvant sur aucun des registres de la communauté. Ses deux fils, Claude et André, devinrent maîtres relieurs, et sont, par conséquent, les chefs des deux branches de la famille, dont les seuls membres qui furent relieurs nous intéressent exclusivement. La première de ces branches étendit ses rameaux jusque dans le xix« siècle, tandis que la seconde disparut vers 1788, avec l'artiste qui fit le plus d'honneur au nom de Derome.

DEROME

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