‹ Les relieurs françaisChapitre 8 sur 171 · LIBRAIRES CONTINUANT A RELIER · texte numérisé non relu

LIBRAIRES CONTINUANT A RELIER

PoiRION.

Remy.

Warin.

ment les statuts. De plus, les brevets d'apprentissage seraien enregistrés à l'avenir sur le livre de la communauté et celui-ci présenté au lieutenant de police lors de la prestation de serment des aspirants à la maîtrise. Faute de se conformer à cette formalité, les gardes seraientcondamnésà 300 livres d'amende et les réceptions faites déclarées nulles.

Pendant ce procès, l'attention de M. d'Argenson s'était portée sur cette prolongation tant soit peu abusive des fonctions des gardes nommés dans le principe pour deux ans ; suivant le règlement, il réunit douze maîtres et les gardes en charge dans la salle des Mathurins, et l'on procéda, le 31 mai 1698, en sa présence et en celle du procureur du roi, à l'élection des nouveaux gardes. Jean Lemonnier, Jean Chastagnan, Michel Sauvage et Bernard Bernache furent élus à la pluralité des voix ; les deux premiers pour deux ans et les autres pour un an. Depuis, ces élections eurent lieu exactement aux dates réglementaires.

Le doreur Ferrand dénonce les relieurs comme ne reliant pas suivant les ordonnances; ceux-ci se justifient (1700). — Décision de ne pas faire d'apprentifs pendant six ans (1702). — Saisie du Projet de dixme royale de Vauban, chez la veuve Fétil (1707). — Nouvelle décision de ne pas faire d'apprentifs pendant cinq ans (1727). — Séparation du bureau et de la confrérie entre les libraires et les relieurs. — Les relieurs se retirent à Saint-Hilaire. — Autre convention de ne pas faire d'apprentifs pendant dix ans (1741). — Création de la place de doyen. — Aumientation des droits de maîtrise. — Saisie chez la veuve Boujrarel.

En 1700, les doreurs non relieurs essayèrent de renchérir la dorure de « cent sols par cent », et les relieurs non doreurs n'ayant pas voulu satisfaire « à cette avidité », furent dénoncés au lieutenant de police, comme reliant leurs volumes à la grecque contrairement aux règlements, qui exigeaient qu'ils fussent cousus sur nerfs '.

Le doreur Jean-Alexis Ferrand, le meneur en cette affaire, fit opérer une saisie chez Jean Leroy, saisie déclarée bonne et valable, mais par défaut, celui-ci ne s'étant pas défendu. Les relieurs auxquels s'étaient joints quelques libraires faisant le commerce des petits livres et petits usages, en appelèrent au Conseil d'Etat en démontrant que la couture à la grecque, quoique moins coûteuse, n'était pas moins bonne que celle à nerfs et qu'elle n'a-

1. Dans la couture à la grecque, la ficelle, sur laquelle on cousait les cahiers, se plaçait dans une entaille faite au dos de ces cahiers, au lieu d'être en dehors et former les nerfs; le travail de la coulure s'en trouvait simjilifié.

vait jamais été défendue dans les anciens règlements; qu'on l'employait en Hollande dont les reliures étaient estimées, en Angleterre et dans d'autres pays, et enfin que l'article de l'Edit de 1686 n'avait eu en vue que les livres de prix et non tous les livres de classe, les petits usages appelés camelotes, ne pouvant supporter un prix élevé sans que la vente en diminuât tellement que tous ceux qui produisaient ces sortes de livres seraient ruinés et hors d'état d'en continuer la fabrication. Le Conseil d'Etat leur donna gain de cause par arrêt du 26 juillet 1700, confirmé par un second arrêt du 6 octobre suivant,

La couture sur nerfs était maintenue exigible pour les livres de privilège et de prix, pour les gros usages, missels, diurnaux, bréviaires, graduels, antiphonaires et psautiers, et la couture à la grecque permise « pour toutes les petites sortes de livres appelés camelotes, catéchismes, alphabets, rudimens, Despautères, particules, Racines, petits auteurs classiques et autres petits livres dont le prix n'estoit que de quinze sols et audessous * ».

Depuis 1690, les relieurs étaient en procès avec les papetierscolleurs. On avait saisi des merciers et des papetiers qui reliaient

1. Nous croyons devoir donner ici la liste alphabétique des relieurs qui luttèrent contre les doreurs :

Angcerrand (Etienne).

. Angcerrand (Jacques).

AuBERT (Roger).

Bailly (Martin).

Batillot (Jacques).

Berxache (Bernard).

Blachet (Jacques).

Bonnet (Michel).

Bradel (Pierre).

Bradée (Charles).

Cavelier (Guillaume).

Cheron (Eloy).

Coterel (.\ntoine).

Delafontaine (Charles).

Dero.me (Louis).

Derome (Jacques).

Didier (Robert).

Droc (François).

Dufaye (Pierre).

Ferret (Robert).

Fbtil l'F'rançois).

FiRMiN fSimon-Jacques).

Galimard (.\ugustin).

Gamet (Pierre).

Gamet (Jean).

Gamet i Guillaume).

Gamet (François).

Gogcelin (Etienne).

Hammerville fils Guillaume) Hérissant (Louis).

Larmessin (Guillaume).

Lebocc (Jacques).

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