FERRAND
relieur Louis Le Duc. L'explication du malentendu se trouve dans une lecture un peu trop hâtive du nom de Clovis Eve, qui, tracé en écriture du temps aura trompé le copiste de la Cour des aides.
EVE (Nicolas II), paya les droits pour ouverture de boutique en 1602 ou 1603, quand Clovis était maître de la Confrérie, sur la liste de laquelle il figure en 1606. Quoique son nom ait été biffé, on le voit encore dans celle de 1608 à 1610; mais il ne reparaît plus sur la suivante. C'est tout ce que nous pouvons dire de Nicolas II.
FACIER (Henri-Charles), reçu le 12 août 1726, demeurait rue des Carmes en 1739 et rue des Sept- Voies en 1770. Nommé administrateur de la Confrérie de la Vierge de Saint-IIilaire en 1737, il en était le doyen de 1776 à 1784.
— (Joseph), son fils, obtint sa maîtrise le 13 novembre 1747, et demeurait rue Saint- Jacques en 1739. D'après les tableaux de 1770 à 1779, il habitait Auserre à ces dates.
FAGOT (Sébastien), reçu le 19 septembre 1727, demeura rue des Sept- Voies et mourut en 1775.
— (Henri-Victor), son fils, reçu le 0 février 1730, habita la môme rue au moins jusqu'en 1779, date à laquelle il était député en exercice.
C'est lui, qui avec Louis-Étienne Batillot, s'était misa la tête de l'opposition faite par les jeunes maîtres, en 1737, à Louis-François Lemonnier, garde. Il s'agissait de l'emploi d'une somme de 40 livres deman-
dée aux nouveaux apprentifs, dont les opposants voulaient le versement entier dans la caisse de la Communauté, tandis que les gardes en charge croyaient devoir répartir cette somme entre le notaire, le clerc de communauté, l'hôpital, la Confrérie, et en jetons pour les maîtres ayant assisté à la réception de l'apprentif {voy. p. 83).
FASQLELLE (Charles), reçu le 30 septembre 1772, demeurait rue des Sept-Voies et ne paya pas le droit de réunion.
FAUCHEUR. Voy. Roffet.
FÉLIX ( Jean) , reçu le 30 juin 1732, demeurait rue Chartière. Élu administrateur de la Confrérie de la Vierge de Saint-Hilaire en 1741 ; il mourut en 1772.
— (Jean-Baptiste), son fils, reçu le 20 avril 1763; demeurait rue du Mont Saint-Hilaire.
— (Louis-Nicolas), deuxième fils de Jean, reçu le 17 juin 1766; demeura rue du Plâtre, puis rue Saint-Jacques, et ne paya pas le droit de réunion en 1776.
FERRAND (Pierre), apprentif de Alain Quec, relieur, fut reçu maître le 28 juin 1633. Daniel Delaville fit son apprentissage chez lui. Il accepta la convention signée vers 1630 pour le tarif des reliures des livres dits Usages, avec défense d'entreprendre sur la clientèle des adhérents à cette convention.
En 1692, deux frères Ferrand sont portés comme ayant qualité pour être reçus maîtres ; l'un deux, Claude, semble avoir opté pour la librairie, tandis que l'autre,
— (Jean-Alexis), demeurant devant le puits Certain, fut reçu comme
PERRAULT. — FÉTIL
doreur dans la Communauté des relieurs. Les relieurs n'ayant pas voulu supporter une augmentation de la part des doreurs, à la tète desquels s'était mis J.-A. Ferrand, celui-ci les dénonça comme reliant à la grecque au lieu de coudre leurs livres sur nerfs, ainsi que le règlement l'ordonnait. De là, procès que les relieurs gagnèrent (1700).
Jean-Alexis Ferrand fut élu Garde pour l'exercice de juillet 1709 au 10 novembre 1711. Il exerçait encore en 1727.
Un Ferrand dont nous n'avons pas le prénom demanda à être reçu libraire ; mais le lieutenant de police, par sentence du 24 janvier 1702, le débouta de sa demande.
FERRAULT (Antoine P^ , ap-
prentif de Pierre Dupuis, se fit recevoir maître le 16 juin 1633. U succéda, en 1639, à Simon Roland comme clerc, c'est-à-dire bedeau de la Confrérie. Charles Cabry et Charles Blosset furent au nombre de ses apprentifs. 11 mourut en 167?, ayant déjà comme suppléant dans sa charge de clerc Charles Bourdon, qui lui succéda.
— (Antoine II), son fils, fut reçu le 3 mai 1666. Nous croyons qu'il opta pour la librairie après l'éditde 1686.
FERRET (Robert), fut successivement apprentif de Paul Chevrol et de Jean Badier; mais on ne lui donna son brevet d'apprentissage que sur la supplication de ses parents et à la condition que, lorsqu'il se présenterait à la maîtrise, il saurait mieux lire et écrire. U ne fut reçu qu'après l'éditde 1686 vers 1692.
Lottin écrit son nom Fayret et dit qu'il était mort avant 1694, alors qu'il figure encore dans une liste
de 1700 comme demeurant rue des Carmes.
FERRIER (Pierre), doreur. Son brevet d'apprentissage fut signé par Portier, Delafontaine et Ballagny.
Gendre de Saulnier, il parvint à la maîtrise le 12 mai 1633. Eu 1640 ou 1641, le registre de la Confrérie mentionne : « Pour un chanteau, à cause que Ferrier, doreur, l'avoit refusé, 12 sols. »
FÉTIL. Nous avons trouvé l'acte d'apprentissage d'un nommé Marin Fétil, fils d'un fruitier, qui entra en apprentissage, âgé de treize ans, en 1664, chez Jean Musier, relieur, et en 1666 chez Gilles De Courbes, autre relieur. Il quitta la reliure et termina son apprentissage comme libraire chez Lebouc et Guignard, Un de ses parents sans doute,
— (Michel I"), entra en apprentissage chez Pierre Mauger en 1658.
Ne pouvant se faire recevoir maître à raison des arrêts de 1666 et 1667, il exerçait la reliure en chambre, sous le nom d'un ancien maître, mais fut condamné à cesser en même temps que d'autres compagnons, le 27 février 1671. Nous ne croyons pas qu'il réussit à avoir sa maîtrise en 1679, comme le dit Lottin : ce ne dut être qu'après l'édit de 1686. U figure comme nouveau maître dans une liste de 1691 avec Jacques, son frère probablement, et son fils Michel IL II demeurait rue Chartière.
— (Jacques), paraît avoir été reçu en même temps que Michel 1", mais il mourut jeune, vers 1700 environ, sinon avant. Sa veuve, Geneviève Brunen, continua la reliure. Elle travaillait pour le maréchal de Vauban depuis 1689 environ, et relia
FÉTIL.
pour lui le manuscrit de son Projet d'une dlxme royale, daté de 1700, qu'il présenta au roi, relié en maroquin roupe avec les armes i^oyales.
Trois jours après la mort de Vauban, on exécuta les arrêts du Conseil d'État des 14 fe'vrier et 19 mars 1707, ordonnant la saisie et la confiscation de l'édition qu'il avait fait faire de son œuvre. Le 2 avril 1707, le commissaire Delamarre opéra cette saisie chez la veuve Fétil,' qui avait déjà relié près de 300 exemplaires. {Voy.
le procès-verbal de cette saisie, p. 74.)
Le volume de Vauban relié pour le Roi est à la Bibliothèque nationale; la reliure en est ordinaire, ainsi que celle des nombreux exemplaires de l'édition in-4o que nous avons été à même de voir.
Le commissaire venu pour le livre de Vauban utilisa son temps en saisissant encore chez la veuve Fétil un exemplaire du Véritable esprit des nouveaux disciples de saint Augustin, du P. Lallemant.
La veuve Jacques Fétil exerçait encore en 1718.
FÉTIL (Michel II), fils de Michel I", reçu maître vers 1691, fut demandeur avec son père dans le procès de 1698 pour l'annulation d'un grand nombre de maîtrises accordées par les gardes en charge quelques années avant. Il était mort en 1721.
— (François). jN'ous n'avons vu son nom que dans le mémoire des relieurs de 1700, se défendant contre la dénonciation de Ferrand, et sur une liste de la Confrérie de 1710.
— (Pierre), est nommé dans deux listes de relieurs de 1742 et de i7o0, et non après. Une veuve Félil qui habitait rue des Cordeliers en 1760 était peut-être sa femme;
elle est signalée dans un rapport de police comme brocheuse « ayant la confiance des libraires et autres gens les plus suspects ».
FÉTIL (René-François), qui aurait été, au dire de M. P. Deschamps, apprentif d'Antoine-Michel Padeloup, fut reçu maître le l"aoùt 1748 et demeurait rue des Cordeliers. Il était administrateur de la Coufrérie du Saint-Sacrement de Saint-Hilaire et fut élu Garde en 1762.
Malgré sa qualité de garde, le syndic des libraires l'accusa de vendre des livres et fit opérer une saisie chez lui en 1763. On lui rendit toutefois ses volumes moyennant 200 livres de provision, qu'il recouvra sans doute plus tard, car l'affaire ne fut pas jugée. Son prénom n'est pas indiqué dans le document qui nous apprend ce fait, mais c'est bien lui dont il s'agit, car il était alors le seul Fétil établi relieur à Paris. {Voy. p. 91.)
René-François, à la tète d'une nombreuse famille, était fort occupé et employait beaucoup d'ouvriers et d'ouvrières, chez lui et en ville. Il avait une grande clientèle de libraires et d'amateurs, entre autres celles du comte de Montmorency, du comte de Bury et de Mérard de Saint-Just. Ses reliures, sauf de rares exceptions, étaient en généi-al d'un travail assez ordinaire. Il aimait à s'instruire et faisait des extraits de ses lectures. Un de ses fils, ou un de ses neveux, portant le même prénom que lui, se fit recevoir libraire en 1767, et demeurait aussi rue des Cordeliers. La liste des membres des Confréries de Saint- Hilaire le cite encore en 1790.
— (Jean-François), reçu le 3 février 1750, est indiqué dans les ta-
FETIL.