AVANT-PROPOS
S, s. le Pape Léon XIII recevant en audience, il y a quelques mois, le Ministre général de Tune des branches de rOrdre Franciscain, lui disait ces mots : c Parmi les patriarches qui ont planté dans le parterre de la sainte Eglise les grandes familles religieuses qui sont sa joie et son orgueil, le plus beau de tous, ah ! c'est sans contredit le séraphique Père saint François, parce que nul autre ne ressemble à Jésus-Christ, comme lui qui reçut sur le mont Alveme le privilège des sacrés stigmates, i
Il y a plusieurs siècles, un autre Pontife, Clément V, écrivait dans la bulle Exivi de Paradiso, « que le Fils de Dieu avait créé sur la terre de TÉglise un jardin choisi entre les autres, la sainte religion des Frères-Mineurs qui s'embellit chaque jour des nouvelles plantes de ses enfants >.
Des plantes nouvelles poussent sans cesse, en effet, dans ce parterre fertile arrosé par c le plus beau de tous les saints > ; elles deviennent si nombreuses, prennent des
parures et des noms si variés que les plus habiles euxmêmes ne peuvent s* y reconnaître.
Quoique fleuriste inexpérimenté, nous prenons la liberté de cueillir dans ce parterre des fleurs de même espèce, mais de nuances diverses, pour en faire un bouquet et le présenter au public catholique. Nous venons faire connaître dans ce livre les Religieuses du Tiers- Ordre régulier de Saint-François y établies en France^
Comme chacun le sait, le Patriarche d'Assise a fondé trois Ordres : le premier, celui des Frères-Mineurs y actuellement divisés en trois branches : Franciscains, Capucins et Conventuels, au nombre de 26.000 ; le deuxième, celui des Pauvres-Dames ou Clarisses ; le troisième, ou Tiers- Ordre séculier, pour les personnes retenues dans le monde qui veulent pratiquer la loi divine d'une façon très exacte. On compte en ce moment dans Tunîvers entier plusieurs millions de Tertiaires.
La Règle du Tiers-Ordre séculier aiyani été adaptée à la
vie de communauté donna naissance au Tiers-Ordre régu- '
lier. Les religieuses franciscaines du Tiers-Ordre vivant en communauté sont devenues les Sœurs de charité de rOrdre de Saint-François, s'adonnant à toutes les pratiques de piété et à toutes les bonnes œuvres.
Très répandues et très estimées en France avant la Révolution, elles se sont reconstituées depuis et sont maintenant établies dans la plupart des diocèses.
On compte actuellement en France une cinquantaine de
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congrégations ou communautés diverses indépendantes, ayant 450 maisons habitées par plus de 7.600 Sœurs; elles sont vêtues de bure brune, grise pu noire, etc. ; toutes portent la corde en guise de ceinture, c'est le signe qui les distingue des autres religieuses.
Si nous faisons une comparaison avec les deux congrégations de France les plus nombreuses et les plus populaires, nous voyons qu'il y a 4.400 Petites Sœurs des Pauvres, 13.000 Sœurs de Charité de Saint- Vincent de Paul. Les Franciscaines dépassent donc de près de la moitié le nombre des premières et atteignent plus de la moitié du chiffre des secondes.
Mais quoique très nombreuses, les Sœurs de Saint- François sont peu connues en dehors des diocèses ou des villes qu'elles habitent, parce qu'elles ont des noms variés, sont divisées en congrégations multiples, que la presse et le monde s'occupent fort peu d'elles : ce qui, du reste, ne les empêche pas, comme cela convient, de faire le bien, sans bruit.
Nous croyons, cependant, qu'il est très utile de publier des notices sur nos congrégations : i" afin que les Supérieurs et les Pères du premier Ordre sachent où se trouvent leurs Soeurs pour subvenir, à l'occasion, à leurs nécessités spirituelles; 2® afin que les Franciscaines des divers instituts apprennent leur propre histoire, se connaissent entre elles et puissent, au besoin, avoir des rapports plus intimes et plus suivis ; 3® afin que les Sœurs
tertiaires vivant dans le monde, qui désirent entrer en communauté, aient la facilité d'examiner quelle serait la congrégation qui leur conviendrait le mieux.
Ajoutons que cette année 1897 est le cinquième centenaire de la fondation et de l'organisation par la bienheureuse Angéline des communautés franciscaines (i).
En dehors de ces raisons spéciales, il est bon de parler du Tiers-Ordre régulier pour montrer la puissante vitalité du Tiers-Ordre séculier. C'est celui-ci qui a enfanté celui-là. De nos jours encore, la plupart des fondateurs ou fondatrices d'Instituts franciscains appartenaient au Tiers- Ordre séculier ; souvent même une Fraternité s'est constituée sur place en communauté. Le Tiers-Ordre régulier est la fleur la plus suave, le fruit le plus exquis du Tiers-Ordre séculier, si répandu» maintenant dans le monde entier, grâce aux immortelles Encycliques de Léon XIII {2),
Aussi les Tertiaires liront, croyons-nous, avec curiosité et émotion, les notices qui leur racontent les travaux et les actions parfois héroïques de leurs Sœurs.
Les autres religieuses, les simples fidèles parcourront aussi peut-être ces mêmes pages, avec un certain intérêt, en ce mopieni surtout où la persécution fiscale et franc-