SŒURS DE SAINT-FRANÇOIS
Congrégation enseigna pte et hosf MaisOK-titèfe à Lyon, à la Tour-Pilrat, rue Saint-François
I. Origine de la congrégation, les fondatri( maisons, esprit, approbations de la (
Ed 1813, une modeste, mais honotabi d'Oullins, joli village au sud de Lyon, si ville, au quartier dit des Chartreux, toi de Saint -Bruno.
Le chef et le patriarche vénéré de ce était M. Rollet, qui avait avec lui sa femi filles, Anne et Françoise; la première, issue d'un premier mariage de sa mère, sous le nom de Mlle Anne Rollet, à cai père.
Anne, née en 1791, c'est-à-dire au seir volutionnaire, non seulement n'eut pas bercée sur les genoux de son père, mais même ces joies chrétiennes extérieures qu d'ordinaire au seuil de la vie. Plus tard première communion dans un appartemen ans, pour achever son instruction et se de la soie, elle entra chez les demoiselle: Cérisiat, personnes fort recomm^ndable:
de leur esprit, la solidité de leur piété, et par leur habileté à former les jeunes filles à Tamour de Dieu et du travail.
Françoise RoUet, sa sœur maternelle, élevée dès Tenfance par une religieuse Ursuline forcément sécularisée, puisa auprès de sa sainte institutrice les premiers éléments de la science humaine et divine. Délicate et frêle, d'un caractère doux, aimable et toujours égal, elle faisait le charme du foyer domestique. A onze ans elle put obtenir, non sans peine, de ses parents qui la chérissaient beaucoup, d'entrer chez Mlle de Monjustin, où elle demeura sept ans avec sa sœur bien-aimée, s'animant dans une sainte rivalité à la pratique de toutes les vertus.
Le temps qu'elles devaient passer dans cette pieuse maison étant écoulé, elles firent à leurs maîtresses des adieux pleins de larmes, et rentrèrent au sein de leur famille, aux Chartreux. Ce fut alors que le parfum de leurs vertus se répandit autour d'elles. Leur retenue, leur modestie, la simplicité de leurs manières, attiraient à elles les jeunes personnes du quartier ; elles aimaient à secourir les pauvres et les malades, et surtout à s'entourer de jeunes orphelines qu'elles comblaient de leurs bontés.
Trois ans s'étaient à peine écoulés dans cette vie de charité et de paix, lorsque Françoise, ne pouvant résister davantage à la voix de Dieu, qui l'appelait à un état plus parfait, dit adieu à ses parents, au milieu de pleurs et de sanglots déchirants. Avant de partir, se tournant vers sa sœur, elle lui adressa ces paroles : t Je sais que je ne fais que te précéder dans la solitude du couvent ; mafs au nom du divin Maître, au nom de mon père et de notre mère commune, promets- moi de ne pas abandonner nos parents dans leur vieillesse. Cette promesse pourra seule assurer mon bonheur. — Il t'est facile de lire dans mon cœur, ô ma sœur, répondit Anne ; tu peux aller en toute sécurité jouir de la paix ; je te promets ce que tu me demandes. > Et toutes deux, les yeux au ciel, s'embrassèrent en se disant : « Au revoir. > Mlle Françoise Rollet se présenta au monastère de Sainte-Elisabeth, qui commençait à se reformer, la Providence ayant facilité à douze vénérables Mères
le moyen de se réunir en communauté mière postulante, et plus tard leur Sup rut dans l'exercice de cette charge, laï: souvenir d'une vie toute parfumée de s; de vertu.
Mlle Anne, demeurée seule avec ses lear bonheur, Ange de piété, intellîgeni sa vie s'épanchait en bonnes œuvres. E ger l'ouvroir de jeunes filles établi au & pliquant de toutes ses forces à les formi vertu. Elle les aimait comme savent ai et angélîques; mais elle avait une pt pour les orphelines, qui retrouvaient er jours aussi dévoué, quelquefois plus pi( leurs mères. Toutes ces enfants, ainsi t portaient les livrées de la sainte Vierg étaient uniformes, simples et de couleu C'était vraiment une couronue vii Mlle Anne, que ce groupe composé de On menait la vie commune, on travai semble on se livrait aux exercices de on était uni. La vie était aussi heureuse car il n'y avait qu'un seul cœur et une s charmante société. Elles assistaient a exemplaire à tous les nombreux offices siale, dont elles formaient le chœur di famille religieuse fut tour à tour dirij mort évêque de Nevers, qui leur donna ment de vie, puis par M. de la Croix, qi Gap ; après eux, par M. Pousset, M, qu'en 1875, par M, Crevât, si connu p zèle et son long dévouement dansla para L'activité de Mlle Anne ne se limitai jeunes filles qu'elle gouvernait. Elle fut zélatrices de la Propagation delà Foi, direction personnelle jusqu'à dix déci même recueillir la modeste offrande de l'aumône plus abondante du riche géni
tout. Le dimanche, entre les offices de la paroisse, elle se rendait à rétablissement des Frères des Écoles chrétiennes, pour y peigner et laver les enfants pauvres et leur fournir le linge dont ils avaient besoin. Elle soulageait encore un bon nombre de miséreux, en se faisant pour eux quêteuse et mendiante.
Vingt-quatre années s'écoulèrent ainsi dans cette vie commune de piété, de zèle et de dévouement. Pendant ce temps, le père et patriarche de la famille s'était endormi du sommeil des justes; une petite-fille de Mme RoUet, une nièce de Mlle Anne, Anne-Marie Murillon, était venue s'adjoindre à cet essaim pieux de jeunes filles qui avait pris alors l'organisation et la physionomie d'une société religieuse.
Sollicitées par plusieurs communautés de s'adjoindre à elles, ces saintes filles ne purent se déterminer à briser les liens d'intimité qui les unissaient, ni à quitter le nid si doux où elles vivaient dans la piété et le bonheur. Voulant devenir religieuses et demeurer réunies, elles résolurent, sur les conseils de la Sœur Françoise RoUet, alors supérieure à Sainte-Elisabeth, d'entrer dans le Tiers-Ordre régulier de Saint -François d'Assise.
Le 15 décembre 1837, Mlle Anne RoUet (désormais Sœur Agnès de la Conception)^ Mlle Anne Murillon {Sœur Marie de la Croix) ^ puis le i*'^ mai 1838, Mme veuve Rollet, leur mère et grand'mère {Sœur Marie-Françoise), prirent l'habit du Tiers-Ordre des mains de M. AUibert, chanoine et secrétaire général de l'archevêché de Lyon, tenant ses pouvoirs du Ministre général des Franciscains de l'Observance.
Toutes trois, dans leur maison des Chartreux, sous un costume religieux, que leur permit Mgr de Pins, elles s'appliquèrent à l'observation de la Règle séraphique et aux vertus qui en sont les fruits nécessaires. Quelques jeunes personnes connues et déjà éprouvées, sollicitèrent l'entrée de la maison, et bientôt leur nombre croissant toujours, il se forma une communauté tout entière, ardente à la prière et à la perfection.
LES RELIGIEUSES FEANaSCAINES 287
Cependant, Sœur Marie de la Croix, ancienne élève du couvent de Sainte-Elisabeth, retourna quelques mois dans ce saint asile, afin de s'y former aux usages et aussi à la pratique plus exacte des vertus religieuses. Là, sous la direction et par les enseignements de sa bonne tante, qui y était Supérieure, elle étudia à fond l'esprit de la Règle du Tiers-Ordre, s'initia aux observances de la vie com- □lune et alla ensuite imprimer à ses Sœurs des Chartreux, le cachet qu'elle en avait elle-même reçu. En les formant à la perfection, elle dirigea leur étude à l'éducation des jeunes allés.
La communauté eut alors Sœur Marie-Françoise pour supérieure, Sœur Agnès pour assistante, Sœur Marie de la Croix pour maîtresse des novices.
Trois ans s'étaieot bien vite écoulés dans ce travail de perfection personnelle et de préparation aux exigences pénibles de l'enseignement, lorsque M, Chauvet, curé de Juliénas (Rhône), vint demander quelques Sœurs pour diriger l'école de sa paroisse.
Cette invitation effaroucha un peu nos pieuses solitaires, elles craignaient de retourner dans le monde et d'aborder une carrière encore inexplorée. Tel le jeune oiseau poussé une première fois sur le bord du nid et vivement saisi par la lumière du soleil, se replonge aussitôt dans son moelleux berceau et ne regarde plus le ciel qu'à travers l'aile de sa mère, jusqu'au jour où il peut s'élancer dans les espaces pour unir ses accents aux harmonies de la nature. Nos Sœurs durent obéir à l'appel de Dieu, et le 15 novembre 1841, Sœur Marie de la Croix, accompagnée de deux Sœurs, partit pour Juliénas. En 1843, on y fonda même un second noviciat spécialement destiné à la formation des Sœurs pour renseignement, sous la direction de Sœur Marie de la Croix. Elle les dirigea d'une main ferme dans le sentier de la vie religieuse et devint ainsi en réalité la véritable fondatrice de la communauté des Sœurs du Tiers-Ordre de Saint-François d'Assise, de Lyon. Du reste, en 1848, la maison-mère étant un atelier, ne fut pas à l'abri des dévastations; beaucoup de Sœurs
rentrèrent dans leurs familles pour ne plus revenir. Il ne resta donc que le seul noviciat de Juliénas, qui vint ensuite s'établir à la maison-mère, pour être désormais Tunique noviciat.
En 1853, Sœur Marie-Françoise, et en 1855, Sœur Agnès, quittèrent cette terre d'exil. La première, âgée de quatrevingt-neuf ans, s'endormit paisiblement, sans maladie, du sommeil des justes; sa fille, éprouvée par des douleurs longues et aiguës, succomba à l'âge de soixante-six ans, pleurée comme une sainte.
La Sœur Marie de la Croix succéda à sa grand'mère dans la charge de Supérieure générale . Elle était digne et capable de porter ce fardeau. Entre ses mains, l'institut prospéra, les sujets se multiplièrent, les fondations s'élevèrent de toutes parts. La maison-mère des Chartreux étant devenue insuffisante, on fit l'acquisition d'un emplacement plus vaste et d'une maison connus sous le nom de Tour- Pitrat, Le premier usage qu'en firent les bonnes religieuses (31 mai 1856) fut de l'ouvrir aux inondés demeurés sans asile et sans pain à la suite du débordement du Rhône. Cinq ce^its d'entre eux y furent recueillis; les Sœurs se firent leurs servantes pour préparer leur nourriture, les soigner et les consoler. La nouvelle habitation reçut donc ainsi le baptême de la charité, et cette charité ne tarit pas au cœur de nos bonnes Franciscaines.
En 1870, elles logèrent encore quatre cents mobiles et la maison resta, tout le temps de la guerre, à la disposition de la ville.
Nous ne suivrons pas l'épanouissement successif de cette congrégation dans toutes ses fondations, disons seulement que déjà, en i86o, elle comptait plus de vingt établissements.
Une grande part de cette prospérité était due à la Mère Marie de la Croix, Supérieure générale de 1863 à 1875. C'était une grande âme. Elle avait reçu une solide instruction, mais sa piété était encore plus éminente. Son caractère ouvert et expansif, son cœur doué d'une bonté sans bornes, ne croyant pas au mal et ne se souvenant
i RELIGIEUSES FRANCISCAINES
que du bien, lui conciliaient l'estime de tous ceux qui l'approchaient. Aussi ses religieuses l'aimaient comme une mère.
Une telle vie reçut son achèvement de la souffrance. La
Révérende Mère Marie de la Croix.
maladie à laquelle elle succomba fut longue et douloureuse. Pendant les quatre derniers mois qu'elle dura, le courage de la généreuse martyre ne se démentit pas un instant. » Guérir vile pour travailler encore, disait-elle, ou mourir bien vite pour aller au ciel; mais une chose est meilleure : la volonté de Dieu ! » Jusqu'au dernier moment,
elle s'occupa de sa communauté et de ses Soeurs, mettant ordre à toutes choses comme on le fait pour un départ. La nuit qui précéda celle de sa mort, il lui sembla voir la sainte Vierge lui souriant et lui disant qu'elle allait guérir sans tarder. C'était l'annonce de la délivrance finale, celle qui donne Iç ciel. Elle mourut le 27 août 1875 (i).
L'œuvre de Mère Marie de la Croix continue à faire le bien. Dans cet institut, on travaille, on pratique la vie religieuse, on se dévoue, on est comme des enfants de la même famille, et comme aux premiers et beaux jours de sa fondation, il n'y a qu*ua seul cœur et qu'une seule âme.
Les œuvres des Sœurs de Saint-François sont, en premier lieu, l'éducation des enfants, tant dans les paroisses que dans les orphelinats, et le soin des malades. Elles se dévouent, en second lieu, au service des hôpitaux et des séminaires ou collèges, des vieillards et des petits enfants. Le caractère distinctif de cette congrégation est l'esprit de simplicité ; les Sœurs recherchent de préférence les œuvres où leur ministère est consacré aux délaissés, aux petits et aux humbles.
L'institut compte actuellement trente-quatre maisons habitées par environ deux cent vingt religieuses.
L'établissement de la Tour-Piirat est un des plus importants et des plus heureusement situés. Bâti sur une colline, à la hauteur et en face de Fourvière, il domine toute la ville, jouit d'un air pur et sain et d'un horizon magnifique. Il y a là un externat, jouissant de tous les avantages les plus propres à l'éducation de la jeunesse sous le double avantage de l'éducation et de l'hygiène. Les jeunes élèves y sont initiées, sous d'habiles
I. Voir Revue Francise aânet janvier, février, mars 1873, novembre 1875; Semaine catholique cte Lyon, août 1875.
maîtresses, aux connaissances nécessaires aujourd'hui dans le monde. Mais, avant tout, la base de ce éminemment chn^tienne, et c'est la seule ( l'édifice de la vie. En pins de l'externat personnes, il y a aussi une école pour le
Voici la liste des autres maisons de l'in
Dans le Rhône :
Lyon, quai Saint- Antoine, 30.
ï.yon, rue de Créqui, 71.
Lyon, quai de la Guillotière, 6 : écoles
Lyon, séminaire de Saint-Jean.
Lyon, Externat des PP. Marisies, 4 Barthélémy : les Sœurs sont chargées de lingerie et de l'infirmerie,
Grésieu-la- Varenne, 6cole libre et pen de jeunes filles.
Juliénas, école libre.
Cuire, orphelinat de petits garçons.
Marcy-l' Étoile, maison de retraite.
Dans la Loire :
Ckantbœuf, école libre.
Essertines-en-Dousy, école communal)
Saint-Joseph de Rive-de-Gier, école co
Saint'Bonnet-les-Oules, école commun.
Dans l'Isère :
Sainl-Étienne-de-Crossey, école libre.
Villeurbanne, école libre et pension jeunes filles.
Villemoirieii, école libre.
Villette-d'Anihon, école communale,
Janneyrias, école communale.
Semons, école communale.
Dans la Saâne-ei-Loire :
La Genête, école libre.
Marly, école libre.
MarligTty-le-Comie, école libre et pen de jeunes filles.
Osolles, école libre.
292 LES RELIGIBUSBS FRANCISCAINES
Prisse, école libre.
Saint 'Pierre- le- VieuXy école libre.
Bussières, école libre.
Beaubery, école communale.
Verosvres, pays natal de la bienhem^euse Marguerite- Marie, école communale.
Dans la Nièvre:
Lucenay-leS'AiXy école libre.
Nevers (évêché), lingerie, cuisine.
Neversy Institution Saint-Cyr : cuisine, lingerie, infirmerie.
Pignelin, petit séminaire : cuisine, lingerie, infirmerie.
Dans le Var :
Toulon^ Externat des PP. Maristes : lingerie, cuisine, infirmerie.
Toutes ces fondations n'ont qu'un but : l'exercice de la charité sous toutes les formes.
Le postulat des Sœurs, qui est ordinairement d'un an, et la première année de noviciat se passent à la maisonmère ; la profession se fait pour trois ans, puis pour toujours. La dot est de 2.000 francs; elle est remise en tout ou en partie en faveur des jeunes personnes dont les aptitudes compensent les conditions matérielles qu'elles ne peuvent fournir.
Le règlement de la journée est ainsi disposé :
Le lever, en toute saison, a lieu à 5 heures. A 5 h. 30, les Sœurs se rendent à la chapelle pour y faire, en commun, une demi-heure d'oraison. A 6 heures a lieu la récitation des petites Heures de la sainte Vierge, suivie de la messe.
A 7 h. 30, on sonne le déjeuner qui se prend en silence, et après lequel toutes les Sœurs vaquent à leurs occupations. .
A II h. 45, examen particulier, suivi du dîner, qui se prend également en silence, sauf les jours de grandes fêtes. La récréation suit le dîner, puis les religieuses ' se rendent à la chapelle pour réciter en chœur les vêpres de la sainte Vierge, et ensuite retournent à leurs occupations.
A 2 h. 30, lecture spirituelle et récitation de 1 ronne fraociscaine.
La visite au Saint Sacrement se fait à 6 h. suivie de la récitation des Matines et des L sainte Vierge.
A 7 h. 30, souper et récréation jusqu'à S h. laquelle la communauté se rend à la chapelle, nier exercice de la journée, la prière en commi cher a lieu à 9 heures en toute saison.
La congrégation fut autorisée par le Goi le 8 décembre 1853; elle a été approuvée par datif du Saint-Siège, le 5 août 1S91 : < Attend cret, que les évêques des diocèses où sont Sœurs ont rendu un excellent témoignage su pline et observance régulière, et sur les fruit: produits par l'institut. >
Les Constitutions sont sur le point d'être par le Saint-Siège.
Les religieuses de la Tour-Pitrat sont vêtues et d'un voile nm'rs et ceintes de la corde de lai