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SŒURS FRANCISCAINES DE LA PROPAGATION DE LA FOI

Congrégation enseignante et hospitalière.

Maison-mère à Lyon-Monplaisir, i jç, roule d'Heyrieux.

I. Une fuérlsoD extraordinaire, la fondation, l'abbé Moyoe. — I[. Les missions étrangères en Datiamey. — III. Nouvelle extension de la congrégation.

L'illustre diocèse de Lyon, cette terre classique des martyrs et des apôtres, le berceau de l'Œuvre de la Propagation de la Foi, t'tait digne de donner le jour à l'admirable congrégation des Franciscaines destinées aux missions africaines.

Voici quelle fut l'origine de cet institut ;

En 1834, le petit séminaire de Saint-Jodard (diocèse de Lyon) comptait parmi ses directeurs M. l'abbé Moyne, prêtre rempli de zèle et de vertus. A ses fonctions dans cet établissement, il joignait le soin d'une paroisse voisine, privée depuis quelque temps de son pasteur, et la direction de beaucoup de bonnes ceuvres ; car aucune misère ne pouvait se présenter à ses yeux, sans qu'il -fit tous ses efforts pour la soulager.

A la même époque, une personne de cette ville paraissait réduite à la dernière extrémité, par suite d'une hydropisie dont elle se trouvait atteinte depuis plusieurs années. Chacun s'attendait à la voir bientôt expirer ; seule, cette pauvre malade, par l'effet d'un sentiment dont elle ne se rendait peut-être pas compte, espérait sa guérison, et ne

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pouvait se résigner i la mort. Ce à la volonté de Dieu inspirait de entouraient l'infortunée moribonc toujours rempli ses devoirs de chr fession marquée de piété.

M. l'abbé Moyne, après lui avoi et tous les encouragements exigé pérée, eut la pensée d'écrire au pour recommander à ses prières < même temps qu'un projet qu'il m( dans le secret de son cœur. Ce ] gloire de Dieu; il exprimait le dé; mort de la malade fut pour lui 1' que le souverain Maître accordait tion.

Le célèbre thaumaturge allemai en lui fixant le jour où ilcommen< intention, et en lui envoyant une saint nom de Jésus. Le jour arriva la paroisse et tous les séminariste rent au prince par la récitation de

Tout d'abord, la malade se sei rir, soit à souffrir encore, bien qi accorder au moins un peu de sou pas entièrement la guérir. Un des vaine, elle vit disparaître subitemi pait sou corps tout entier et le c elle eut le bonheur de se voir co son mal, proclama hautement celi rivée sans les secours humains, avaient prié avec elle à joindre leu siennes. Ce même jouf , le digne sous le sceau du secret, le projc voir l'approbation dans cette guéri la fondation d'une congrégation re but unique de consacrer ses prières à l'Œuvre de la Propagation de sujets aux missioi^ lointaines.

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Peu après, M. Moyne dut quitter Sàint-Jodard. Comme à Neulise, où il avait précédemment été vicaire, il y laissait les plus édifiants souvenirs. Ses supérieurs ecclésiastiques lui confièrent la paroisse de Couzon, située sur le bord de la Saône, à peu de distance de Lyon. En 1836, méditant plus que jamais les moyens de fonder Toeuvre dont il se préoccupait, il fit part de son projet à l'un de ses vénérables confrères, curé de la paroisse des Chartreux, à Lyon. Celui-ci entrant dans ses vues, le mit en rapport avec trois ouvrières qu'il jugeait capables de fonder le noyau de cette œuvre, et, dès le 18 mai de la même année, elles vinrent, suivies de trois apprenties, s'installer à Couzon, dans un local pris à loyer. En 1837, leur nombre s'accrut de plusieurs personnes désireuses de poursuivre le même but. Toutes ces bonnes filles faisaient ensemble quelques exercices spirituels, puis consacraient leur temps à travailler la soie sur le métier ; un tiers au moins du fruit de leurs gains était versé chaque année à la caisse de la Propagation de la Foi.

L'année suivante, ellçs purent faire l'acquisition d'une maison où elles s'établirent définitivement.

En 1840, S. Em. le cardinal de Bonald étant venu présider la bénédiction des cloches de la paroisse de Couzon» daigna porter lui-même ses encouragements et le témoignage de son estime à cette petite société naissante. Cette première visite de Téminent archevêque fut le signal de beaucoup d'autres encouragements que Dieu ménagea à ses humbles filles, pour les soutenir au milieu des épreuves qui ne manquèrent pas de les assaillir. Dieu inspira de dignes ecclésiastiques, dont les visites et la parole remplie de toute l'énergie de la foi, maintinrent les courages à la hauteur des événements. Notons, en particulier, les paroles vraiment étonnantes qu'un éminent prélat, Mgr Douarre, vicaire apostolique de la Nouvelle-Calédonie, fit entendre à nos bonnes Sœurs. Ayant eu l'occasion de se rendre auprès d'elles à différentes reprises et à plusieurs années d'intervalle, il leur avait dit, dans la première de ses visites : c Mes Sœurs, vous demeurerez cachées à Nazareth,

N^ •mAli.M^

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inconnues et oubliées pendant au moi as trente a vous vous étendrez au loin. Je ne suis pas je vous le prédis, i

Jusqu'en 1844, ^^^ épreuves les plus doi tinuèreni à menacer l'existence de la comr coup de sujets y entraient et en sortaient présentait pas plein d'assurances. Cependa circonstances où il semblait que l'œuvre di Providence, par des bénédictions ioattc qu'elle veillait à sa conservation.

Dans le courant de l'année 1844, le vénéi fut amené à connaître le Tiers-Ordre de Sa demanda et obtiat de S. Ém. le cardinal permission d'y agréger sa petite commune de la même année, le saint habit fut donnd AlUbert, secrétaire de l'archevêché, aux hu composaient, et dont Son Éminence venai Supérieur, Depuis lors, la visite canoniqui lièrement par M. Cognet, chanoine de l'ég délégué par les supérieurs ecclésiastiques.

T.^2 juillet 1846, ces deux vénérables p Couzon bénir la chapelle de la commun; saint habit à cinq nouvelles Sœurs, et rec siondes huit premières. Le digne M. Me même jour, prononcer la sienne.

Bientôt, le nombre des Sœurs s'accrut, e munauté comptait dix-sept membres, Ion raents politiques de 1848 vinrent la mettre d'une ruine totale. Les métiers furent briil lace, et la maison, d'abord pillée, fiit ensu: des militaires. Les Sœurs, obligées de se gièrent, les unes chez leurs parents, et les ai ateliers qu'elles formèrent à laCroix-Rous

Deux d'entre elles seulement reslèreut : observer les événemenis. Une de celles-c rencontre d'une personne qui lui portait s'efforça, par un sentiment d'amitié trop '. persuader d'abandonner une carrière doi

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venait d'être rendue redoutable par la ruine de sa communauté. € Au moins, lui disait-elle, devriez-vous tâcher de

vous assurer un avenir pour le cas oii votre maison ne se relèverait pas ; sans cela, vous vous exposez à vous trouver un jour sur le pavé. — Est-ce là, répondit la bonne Sœur, le conseil que vous devriez me donner? Si la rnaïsou croule, il me restera bien'au moins une pièce de quarante sous, et si elle ne me reste pas, vous me la donnerez volontiers. Elle me suffira pour acheter une besace, et j'irai mendier mon pain ; ainsi aurai-je tout ce qui me sera nécessaire. Je me trouverai heureuse d'avoir une ressemblance de plus avec notre Pi>re saint François. •

Cette bonne Sœur mourut deux ans plus tard, après avoir donné à la communauté les plus touchants exemples de charité, de dévouement et d'abnégation. Sur son lit de douleurs, elle n'était pas un seul instant sans prier et s'entretenir à haute vois, dans les termes les plus ravissants, avec Notre- Seigneur et ses saints patrons.

En 1S49, M. AUibert et M. Moyne invitèrent toutes les religieuses à revenir dans la maison qui leur était rendue. La petite société entra dans une voie de tranquille prospérité et continua d'offrir annuellement le fruit de son travail au trésor de la Propagation de la Foi. En 1854, elle eut la douleur de voir la mort lui enlever le vénérable abbé Moyne.

Le calme et la douceur avaient été les vertus habituelles de ce digne prêtre ; elles parurent plus grandes encore dans la longue et cruelle maladie qui le conduisit au tombeau. Au milieu de ses intolérables douleurs, il ne cessait de prier pour les âmes du purgatoire et d'invoquer le doux nom de Marie, sa tendre mère. A mesure que ses forces s'épuisaient, on voyait sa ferveur augmenter, et dans les derniers jours de sa vie un contentement extraordinaire parut sur son visage et se produisit par de fréquents et suaves sourires. Il mourut en baisant le crucifix.

Peu de mois avant sa mort, le vénérable Père avait envoyé quelques-unes de ses Sœurs kBelUviUe-sur-Saâne, pour y fonder une salle d'asile. Leur éublissement y a tou-

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jours prospéré depuis et forma la la maison de Couzon.

Le pieux institut continua sou e et de dévouement. Les épreuves naieut seules en rompre la religii temps, en s'écoulant, avait laissé de vie obscure prédites à la cong vént-rable Mgr Donarre; le mome vidence voulait montrer, semble-t de ses projets au saint évêque.

Mgr de Marion-Brésîllac, évè rempli de l'esprit de Dieu et di âmes à Jésus- Christ, méditait, dep un grand projet, celui de l'évangél traies de l'Afrique. Quelques pr zèle, s'unirent à lui el il put jeter ' d'une nouvelle société d'apôtres, i gation des Missions africaines, d Lyon.

Dès qu'un petit nombre de mi offrit son dévouement et celui des grégation de la Propagande. Ce prélat avec quatre compagnons foi Leone, dont le climat est meurtrie avec trois de ses religieux, peu ap à Dieu le soin de propager sa jeu dément privée de son fondateur et

Mgr de Marion-Brésillac avait ' blissement d'une mission au Dahc exaucés et aujourd'hui, après les ( Béhaozin, la captivité du R. P. D par l'amiral de Cuverville et surto du général Doods et des soldats contre le Dahomey, la plupart des

parler des bienfaits répandus dans ce pays par les missionnaires appartenant aux missions de Lyon, secondés par le zèle des Sœurs franciscaines de la Propagation de la Foi.

Le 6 février 1867, M. Tabbé Planque, supérieur général des Missions africaines, était venu à Couzon demander quelques religieuses franciscaines pour la mission du Dahomey. — Cette proposition causa une grande joie dans Thumble maison des filles de saint François, qui, pendant les longues années d'une existence violemment éprouvée, n'avaient cessé de soupirer après une œuvre, semblable. Elles accédèrent, avec la bénédiction de leurs supérieurs ecclésiastiques, à la demande qui leur était faite et bénirent la mémoire de Tévêque d'Amata, qui avait si justement prédit la longue obscurité de leur dévouement et Textension que Dieu rappellerait à prendre après un espace de trente ans.

Le premier fruit de cette acceptation fut Tenvoi d'une colonie de Sœurs, qui, le 20 mars 1867, alla s'établir à Lyon y auprès du séminaire des Missions africaines, afin d'y rendre des services désirés depuis longtemps. Puis, dans le courant de Tannée, une autre colonie, celle des Sœurs missionnaires y fut choisie par les Supérieurs.

Leur départ de Couzon fut fixé au 24 janvier 1868. La solennité de cet événement, à une époque où le départ des religieuses missionnaires était assez rare, frappait tous les membres de la petite congrégation d'une émotion qu'il est plus facile de comprendre que d'exprimer. Toutes les Sœurs, les ouvrières et les enfants qui travaillaient à la maison, voulurent accompagner les partantes au moins jusqu'à la gare ; chacune voulait échanger avec elles quelque objet de piété. Les larmes coulaient de tous les yeux et Tattendrissement de ces bonnes filles gagnait jusqu'aux personnes étrangères, témoins de la scène d'adieux.

A Lyon, elles reçurent une paternelle bénédiction de S. Em. le cardinal archevêque, allèrent placer leur voyage et leur mission sous la protection de Notre-Dame de Fourvières. Poursuivant leur chemin jusqu'à Marseille,

ellçs s'embarquèrent le 28 janvier, à bord du eo compagnie de M, i'abbé Tillier, missionn clétë des Missions africaines, et de huit jei dans le Dahomey, auxquels cette société avi une éducation chrétienne dans la colonie agri farick, en Algérie, Une jeune négresse, no mène, qui avait été amenée toute petite confiée à une dame marseillaise, taisait ai voyage.

La traversée fut heureuse ; malgré le vent la pieuse troupe missionnaire arriva à Widh:

■ L'excellent capitaine, écrivait une des Sœi avec nous dans la pirogue, et traversa la bar déposer à terre ; mais auparavant, il se passa peu émouvante. Nous étions tous dans la 1 noirs se tenaient prêts à ramer, quand le capi < Vivent nos chers passagers ! • Aussitôt, le répondre par un triple hourra. Le capitaine : « sieur l'abbé ! » Nouveaux hourras, c Vive

■ Sœurs, dont le zèle et le dévouement «épreuve! — Hourra! hourra! hourra! »

M. l'abbé TiJlier cria : » Vive notre cher ca[ « nos bons matelots! vive tout l'équipage! « hourra! hourra! » Et nous nous séparâmes Nous traversâmes la barre en'chantant VAve puis, arrivées à terre, nous nous mîmes à remercier Dieu du bon voyage qu'il nous ava pour saluer les anges gardiens de ces pays ic Supérieur nous bénit, et nous nous relevâmes nous trouver sur cette terre sî désirée. »

Quelques jours après, les Sœurs mission transportées en pirogue jusqu'à Porto-Nov résidence. Les noirs de l'endroit étaient fort les voir débarquer, ils les dévoraient de leu taient, gesticulaient, criaient et montraient ment extrême pour porter leurs bagages. Ci trait le plus de complaisance et de dévoue notable du pays, nommé Baba.

Les religieuses se rendirent à Tégiise de la mission pour y chanter le Laudate Dominum et remercier Dieu de la protection qu'il avait accordée à leur voyage.

Au bout de quelques jours, elles reçurent dans leur école un grand nombre de petites filles et dans leur internat plusieurs élèves des bonnes familles du pays. — Dès les débuts aussi, elles s^occupèrent de soigner les nombreux malades qui se présentaient à elles, souvent dans un état horrible de malpropreté et d'infection. Ceux qui étaient abandonnés des parents étaient recueillis dans Thôpital bâti à cet effet.

Les Franciscaines de la Propagation de la Foi fondèrent en 1872 une autre maison à Lagos. Là, comme à Porto- No vo, elles s'appliquèrent aux mêmes œuvres de miséricorde, et Dieu sait avec quel dévouement et quel mérite, au milieu de nègres dégradés, à demi-sauvages et sous un climat de feu ! (i).

A cause des troubles et des difficultés sans nombre qui précédèrent l'expédition française et la guerre, les Franciscaines furent obligées de quitter la mission du Dahomey. Espérons qu'un jour elles pourront reprendre leurs postes, ou du moins s'établir dans quelque autre mission étrangère pour y propager la foi catholique.

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L'œuvre des missions attira de nouvelles vocations à l'humble maison de Couzon, si bien que les supérieurs ecclésiastiques jugèrent utile de transporter, en 1872, le noviciat dans la ville de Lyon^ au quartier Monplaisiry afin d'y jouir des nombreux avantages matériels et même spirituels qu'on peut y trouver. C'est là que se forment maintenant les aspirantes à la vie apostolique.

Il y a quelques années, les Franciscaines de la Propagation de la Foi ont été appelées à dirigera Lille un hôpi-

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