S<BURS FRANCISCAINES DE NOTRE-DAME DITES PETITES S(EURS DES AMES D
Congrég'aiion hospitali' Maison-mère à la Devise, par Piei (i«6s) »- «.
I. Origines de la congfrfgation. — II. Œuvre persécution fiscale.
A l'eudroit où s'élève aujourd'hui 1' Devèze, il n'y avait, trente ans deçà, auvergnate assise sur les pentes d'un lieu était désert et inculte. De tous ci massifs abrupts et rocailleux qui se.
monceaux de prairies humides. Au fo qui sautille avec un bruit de cascatelU galets. Le site est pittoresque. On dira creusé par réboulement des monts voii sont les volcans éteints de la chaîne ( porte partout la trace des éruptions pr autrefois dans ce lieu que bois, brouss En face, de l'autre côté du Brezon, départements du Cantal et de l'Avi monticule sur lequel est bâti Lanss; village du liouergue. Là était la n:
l'homme de Dieu qui allait changer ce en une oasis de bonnes œuvres. Là appelle dans toute la contrée • le boo
histoire, ce sont ses œuvres. Consacré à Dieu par le sacerdoce, il n'eut qu'un but : se dévouer pour le prochain. Sa vocation était l'exercice de la charité. Dans le partage du petit bien patrimonial, il hérita de la ferme de la Devèze ; ce fut l'instrument que la Providence lui mit en main. Les ressources étaient bien petites, mais Tardeur immense. Le lieu n'était pas favorable pour Téclosion des projets qui germaient dans une âme où il y avait à la fois du François d'Assise et du Vincent de Paul : ce qui fit hésiter quelque temps entre la voie de l'un ou de l'autre. Un pays de rochers, aussi inculte et aussi dénudé de moyens de communication, ne semblait pas se prêter à une fondation d'œu vres charitables comme celles que voulait entreprendre le jeune prêtre. Mais la Providence ne Tavait-elle pas placé là, et n'y avait-il pas un bien particulier à accomplir dans un pays très dépourvu de secours spirituels et temporels?
De grands souvenirs l'attachaient, du reste, à ces lieux. Il y avait là comme un emplacement saint, tout préparé pour l'établissement d'œuvres nouvelles. Sur le monticule de Laussac auquel confine le rocher de la Devèze, s'élevait jadis un monastère fondé à la fin du xi® siècle par saint Gausbert et le bienheureux Bernard de Montsalvy. La communauté des religieux Augustins établie par leur zèle devin^ célèbre dans toute la contrée et subsista jusqu'au temps des guerres de religion. A cette époque, le couvent et l'église furent brûlés et les religieux mis à mort.
L'établissement de saint Gausbert était une de ces admirables institutions de prière, d'études et de charité, comme le moyen âge en créa dans toute la France. Les pauvres, les infirmes y avaient un refuge ; les vieux prêtres un asile ; ceux qui voulaient quitter le monde et se donner tout à Dieu, un lieu de retraite. De nombreux enfants et jeunes gens s'y préparaient dans l'étude et la piété au sacerdoce et à la vie religieuse. Devenus prêtres, les uns allaient prêcher l'Evangile, soit dans les pays de France, soit chez les infidèles ; les autres avaient pour mission de fonder
des paroisses sous la direction des Supérieurs. Pour le Rouergue et c'était UQ centre de prières et d'ensei et de charité, dont la bienfaisante in toute la contrée et même au loin.
Le bon P. Robei
Ce sont toutes ces œuvres réuniï ardente et douce du continuateur d rêvé, dès le premier jour, de res mêmes où elles avaient fleuri peut L'entreprise était vaste, et, disons-li seul homme dans les condilioiLS reprendre.
Le zélé rénovateur commença bU
n'aurait pu faire ce qu'il voulait. Il lui fallait des auxiliaires. La Providence lui en envoya. Il se rencontra avec lui une brave personne de la campagne, à l'âme dévouée et entreprenante aussi, qui avait une amie qu'elle s'adjoignit dès le début pour les œuvres auxquelles les appelait le jeune abbé Robert (i). Quelle que fut l'ardeur généreuse des deux compagnes, grande fut leur déception lorsqu'elles arrivèrent dans ces lieux sauvages. Elles ne pouvaient croire que ce fut à cet endroit qu'on les conviait à commencer une fondation de charité. Ce n'était pas le courage qui leur manquait ; mais la petite ferme de la Devèze, où Ton allait s'établir, manquait de tout. Il fallut d'abord la mettre en état. C'est à quoi servit le modeste pécule du fondateur. Pendant ce temps-là, les deux bonnes filles se réfugièrent dans une masure de Laussac, entièrement dénudée, avec les deux ou trois infirmes qu'elles avaient recueillis. On vivait de rien, presque en plein air, par une température rigoureuse. Tel fut le début de l'œuvre. De son côté, le P. Robert s'occupait des moyens de réaliser le projet de la Devèze. Après avoir débuté par l'apostolat des missions paroissiales, sous l'humble livrée de saint François, il couvrit de la soutane noire l'habit franciscain, en prenant la Règle du Tiers-Ordre, qui devait être celle de la communauté de femmes qu'il voulait constituer pour le service des infirmes et des enfants. Il pria, il quêta : ce furent ses grands moyens d'action.
Par quel prodige la petite ferme de la Devèze est-elle devenue le grand établissement qui s'élève aujourd'hui sur le terre-plein pratiqué dans les flancs de la montagne ; par quelle merveille plus grande encore les deux ouvrières de la première heure se sont-elles multipliées au point déformer une famille de nombreuses religieuses vivant en communauté, sous la Règle du Tiers-Ordre de Saint-François, et adonnées à toutes les œuvres spirituelles et temporelles de charité ? C'est vraiment le secret de Dieu, qui seul connaît
I. La Mère Thérèse. La Révérende Mère Marie de Nazareth devint la première Supérieure générale de Tlnstitut et Test encore.
bien toutes les prières, tous les sacrif rosités qui ont fait ce miracle.
L'argent ne manqua pas, quoiqu'il Providence de tenir toujours l'œuvi des aumônes, des secours inattendus mencer les constructions ; les bonnes vinrent les unes après les autres augn gieuse de la Devèze, et se mirent vaill sous la conduite d'une femme de vei donnée pour Supérieure. Il fallait tr; arracher les rochers, pratiquer des s volcanique. Les bonnes religieuses y mains avec la pelle et la brouette c qu'elles appelaient leur Père était l leur donnant lui-même l'exemple et rt le miracle de l'Evangile de transport" la foi. Ce n'est pas un palais que l'on bâtiment, simple, sévère, pouvant k des Sœurs de Saint- François et abrita de misères. Des prés pour les bestiau et des bois pour la nourriture et le ch la Devèze, divers bâtiments pour les une usine pour la fabrication des vétei et des pensionnaires : ce furent les co sables de la fondation, dans un lieu jusque-là, et éloigné de tout centre de fit peu à peu, pauvrement, pénibleme
Ce qui manqua le moins, ce furent firmes, les vieillards, les nécessiteux de la Devèze fut connue, il en vint oi divers côtés. Impossible de recevoir t tait. Le local, les ressources, le persor Il fallut mettre de l'ordre dans toutes ser les divers services d'assistance. O bte. Établir un hospice à la ville avec tance publique, l'aménager selon loul et de l'hygiène, y installer des méd en nombre suffisant, l'entretenir ab
avec les revenus d'une administration riche, ce n'est point là merveille. Si Ton compare la Devèze à quelqu'un de ces établissements de bienfaisance fondés et entretenus aux frais de TÉtat ou des villes, on n'y trouvera pas ce confortable, cet ordre, ce luxe qu'on rencontre dans ceux-là. Mais ce que nous avons ici, c'est l'œuvre d'un seul homme, et c'est un vrai miracle de charité que d'avoir fait sortir du flanc des rochers, dans ce coin perdu d'Auvergne, au milieu d'un pays pauvre et désert, ce vaste établissement hospitalier, qui est aujourd'hui la gloire des montagnes du (Santal. Si les capitaux et les conditions d'organisation matérielle des institutions publiques y manquent, la charité du moins s'y exerce merveilleusement et compense tous les petits défauts d'installation et de fonctionnement. La maison de la Devèze, desservie par la communauté de religieuses du Tiers-Ordre de Saint-François qui y a été fondée, reçoit des orphelins et des vieillards des deux sexes; mais beaucoup de ces intéressants pensionnaires sont, par surcroît, affligés de diverses sortes de maux. Il y a surtout des épileptiques et même quelques folles. Les orphelines occupent le bâtiment principal. Elles reçoivent l'instruction primaire et apprennent la couture. Les plus grandes parmi elles, ainsi que les femmes retirées, pour qui la Devèze est devenue la maison, sont employées aux divers travaux du dehors ; les unes s'occupent des animaux, les autres des services de cuisine et de ménage ; celles-ci travaillent aux champs, celles-là à l'usine. La plus grande activité règne tout le long de l'année, malgré les chaleurs de l'été et les neiges de l'hiver. Un bâtiment indépendant, celui-là même où a commencé l'œuvre, permet de séparer les hommes des femmes ; il est réservé aux vieillards, aux infirmes. Les épileptiques, tou^s du sexe féminin, sont l'objet de soins particuliers dans la maison ; il y a un traitement et des procédés que connaissent les Sœurs pour diminuer les crises et même guérir le mal. Ces admirables infirmières arrivent aussi à avoir raison des idiotes et même des folles ; elles savent se faire obéir, se faire comprendre d'elles, prévenir du calmer leurs accès. Quelques
LES RELIGIEUSES FRANCII
dames âgées ou impoteotes ont pris \i Insatiable du bien, le bon P. Robert de la Devèze une maison de retraite très. Quelques-uns y sont déjà ; ma' que commencée, et l'idée a besoin ent mûrie pour recevoir son exécution (i) U semble que ces diverses fondatio au zèle du bon P. Robert. Il voulut eoc apostolique à Laussac, pour recueillir siastiques dans l'âme des enfants, s:
pays de foi, qui désirent embrasser 1 peuvent faute de ressources.
Cependant cette école qu'on devaii Toulouse, à côté de l'orphelinat di franciscaines de Notre-Dame de la'C encore définitivement établie.
Les Franciscaines de Notre-Dame < proposent d'atteindre un triple but :
1° De travailler au soulagement et pauvres âmes du purgatoire ; 3° de fa est en leur pouvoir, les vocations reli tiques ; 3" de recueillir et de soigner 1 infirmes : femmes âgées ou incurable; ques, idiotes, et spécialement les épil
I. Le premier paragraphe de cetle notice de VUnwefs, du lo mars 1889, sous ta sig;na grand admirateur des œuvres de la Dev plusieurs fois. — 11 ne sera pas sans înléi sont deu\ Sœurs Franciscaines de Notre-I qui assistèrent, pendant plus d'un an, l'illustr sa maladie et à l'heure de sa mon, el qui pondance pour l'impression . Elles ne s: exprimer leur admiration pour ce grand chrétien. • Si je n'avais eu la fol, nous d d'elles, je l'aurais obtenue rien qu'en voyai Veuillol. •
De ces trois œuvres si excellentes, la première, — nous ne craignons pas de le dire, — est celle qui leur tient le plus à cœur, celle qui caractérise le mieux leur institut, et lui donne son nom. Les Petites Sœurs des âmes du purgatoire font comme profession de les soulager. A cette intention, elles offrent leurs communions, la récitation du saint rosaire, l'exercice fréquent du chemin de la croix et leurs autres prières. De plus, le vénéré Père fondateur et la plupart des prêtres retirés à la Devèze célèbrent toujours le saint sacrifice pour les pauvres âmes et sans honoraires. Enfin, chaque groupe de Sœurs quêteuses doit faire dire journellement une messe à la même intention, pendant toute la durée de la quête. De telle sorte, plus de trois mille messes sont appliquées chaque année pour les membres de rÉglise souffrante.
La dévotion des religieuses de Notre-Dame de la Compassion est éminemment catholique et franciscaine.
Ce n'est pas que les messes manquent dans le monde ; mais pour soulager et délivrer la multitude d'âmes déteijues dans le purgatoire, combien n'en faudrait-il pas ?
Or, depuis un siècle, mille et mille événements, mille et mille circonstances ont concouru à en diminuer le nombre.
Autrefois, les pays chrétiens étaient couverts de monastères, et les monastères remplis de prêtres qui offraient tous les jours la sainte Victime pour les âmes des fondateurs et bienfaiteurs ; pas un chrétien qui quittât la terre sans léguer à l'Eglise des revenus pour services annuels; les pauvres eux-mêmes ne s'endormaient pas sans être assurés que leur souvenir serait porté au saint autel, grâce aux personnes charitables qui fondaient des messes pour les âmes délaissées. Nul fidèle qui ne pût se promettre de venir après la mort étancher sa soif à la coupe du Sang divin.
Jaloux du soulagement que recevaient ces saintes âmes, l'enfer, à la fin du siècle dernier, jeta ses hordes impies sur les monastères, livra leurs biens au pillage, leurs prêtres à la mort ; les messes devinrent rares, et les tristes et pauvres captifs du purgatoire virent se prolonger leur exil.
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. Après la sanglante persécution, les autels se relevèrent, il est vrai, mais Satan prit ses précautions pour empêcher que Je saint sacrifice fut ofiert aussi souvent qu'autrefois. Les antiques fondations ne furent pas rétablies, les nouvelles furent entravées. De telle sorte qu'elles deviennent à
Révérende Mère Marie de Nazareth.
peu près impossibles. Que se passe-t-il, en effet, journellement, sous nos yeux ? Un chrétien arrivé eu lace de l'éternité veut pourvoir à son avenir : il lègue à sa paroisse ou à une commune quelques centaines de francs pout que chaque année, et plusieurs fois l'année, on célèbre des messes pour^Iui et les autres défunts de sa famille. Quoi de plus sacré que cette dernière volonté? El pourtant, que d'obstacles se dressent devant elle ! Ce sont d'abord d'avides
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héritiers qai se refusent à raccomplir ; puis, les administrations publiques ; pour que le lecrs soit autorisé, il faut enquêtes sur enquêtes, formalités sur formalités. £n cas de recours aux tribunaux, où siègent trop souvent des librespenseurs, la pieuse libéralité est jugée excessive, et le legs annulé ou réduit à de mesquines proportions. Et les pauvres âmes languiront longtemps au purgatoire, privées qu'elles sont du fruit des messes qu'elles avaient voulu s'assurer par testament !
Là ne s'arrête pas la haine du démon contre ces âmes justifiées par le sang de Notre- Seigneur Jésus-Christ. Il voudrait tarir, autant que possible, la source même du sacerdoce, et, par là, rendre de plus en plus rare la célébration du saint sacrifice. De là ces lois scolaires impies, ces écoles sans Dieu, l'obligation du service militaire pour les candidats du sanctuaire, la fermeture des maisons religieuses. Sans doute, ces abominables projets n'aboutiront pas à éteindre le sacerdoce, mais ils ne peuvent que trop amoindrir le nombre de ses membres.
Il est donc certain que, depuis le commencement de ce siècle, le nombre des messes en faveur des chers défunts a diminué considérablement; l'enfer a tout combiné pour que cette diminution aille progressivement. Qui pourrait dire, qui pourrait calculer dès maintenant le préjudice causé à ces saintes âmes souffrantes? N'est-il pas temps, n'y a-t-il pas lieu de réagir ?
Qu'elles sont donc bien inspirées les Petites Sœurs des âmes du Purgatoire de se vouer à leur soulagement et de favoriser les vocations ecclésiastiques, afin que, par le ministère des prêtres, l'Hostie sans tache soit offerte plus souvent encore pour les besoins de l'Eglise militante et souffrante.
La charité du P. Robert, fondateur de la congrégation, a été bénie à ce point que la maison-rnère a. dû se donner des succursales à Pierrefort^ au diocèse de Saint-Flour, et kRollevïHe, au diocèse de Rouen. Parts {i)^ la Tresne,