I. Revue Franciscaine, mai
des mains pures, avec du froment b
On conçoit que le cœur du P. Simon, pect et d'amour pour l'adorable Eucha dans la tristesse et l'angoisse. Qu'il aurait procurer à tant de paroisses des hosties ] et plus dignes ! Mais que pouvait-il faire gieux sans ressources ?. . .
A cette première préoccuf>ation venait autre, celle de procurer du linge et des c sables aux églises pauvres. Que de sacri par leur dénuement à l'étable de Bethléer sacrés sur lesquels repose chaque jour le de Jésus-Christ et qui sont plus pauvres < la crèche !
Que pouvait faire le P. Simon en face t Il confia ses peines et ses désirs à quelqui rilables de sa connaissance; mais elles m procurer en passant quelques ornements les plus nécessiteuses. Il en parla à quelqi religieuses; mais, tout en gémissant ave était obligé de lui répondre que, malgré lonté, il était impossible de se charger cette importance, chaque communauté a) cial et déterminé, ses occupations et ses i
Il fallait donc créer une œuvre nouvell ses projets. Maïs créer une œuvre de i présentait de telles difficultés qu'elles se Otre insurmontables. Et cependant cette p vaît partout, surtout au pied des autels, personnes qu'il dirigeait, qu'il connaissait, de vocation religieuse, il u'en voyait auci pût compter pour débuter dans cette entn donc un instant le jouet d'une pieuse illu; de le délivrer de cette pensée qui l'obs* Son idée persistant malgré tous ses efforts quatre ans de réflexions, de recherches i ce qu'il appelait « une persécution • , il se en pèlerinage à Paray-le-Monial pour « s
Cœur de Jésus de le délivrer ou de lui trouver quelqu'un qui fut capable de commencer Tœuvre ».
C'est là que le divin Maître l'attendait ; c'est à Paray qu'allait prendre naissance l'œuvre eucharistique si nécessaire et si désirée, au moment où le P. Simon reconnaissait son impuissance.
En même temps que lui, se trouvait en pèlerinage à Paray-le-Monial une personne d'une rare intelligence, d'une solide piété et d'une énergie de caractère qui s'est assez démontrée dans la suite. Etant déjà dans sa trentetroisième année, elle soupirait depuis quatorze ans après la vie religieuse, et elle était venue dans la ville du Sacré- Cœur pour lui demander l'aplanissement des difficultés qui, jusque-là, du côté du monde, s'étaient opposées à son entrée dans le cloître.
Cette personne ne connaissait pas le P. Simon ; voulant faire la communion et purifier auparavant son âme, elle entra par hasard dans son confessionnal. A peine le Père eut-il entendu cette personne et pénétré ses dispositions intérieures, que, par une grâce évidente du Cœur de Jésus, il comprit que c'était l'âme que Dieu lui envoyait pour commencer l'œuvre. En quelques mots, il lui exposa ses projets, et lui dit c de réfléchir et de prier beaucoup ».
« A partir de ce moment, disait le P. Simon, je n'eus plus le moindre doute ; je fus persuadé, sans que je pusse m'expliquer ma persuasion, que Dieu agréait cette œuvre. » Cependant, la personne dont nous venons de parler ne lui avait rien promis, sinon c qu'elle réfléchirait et prierait dans cette intention le Sacré-Cœur de Jésus ».
Le lendemain, le P. Simon rentra dans son couvent de Paris, heureux d'avoir enfin trouvé le premier élément de son œuvre. Et pourtant quelle était la personne à qui il avait fait part de ses projets ? Il ne le savait pas. Où habitait-elle } Il l'ignorait, c J'étais parfois tenté, ajoutait-il, de prendre mon assurance pour de la témérité. Et cependant, intérieurement, je ne pouvais plus douter. J'étais délivré, sans que je pusse m'expliquer pourquoi. J'attendais donc avec patience le moment marqué par Dieu. »
LES RELIGIEUSES FRANCISCAl
Or, six semaines plus tard, Mlle Vailla Paray-le-Mooial, se présentait au couvent de Paris, 83, rue des Fourneaux, demai P. Simon. Elle aussi avait obtenu du Sac qu'elle sollicitait : elle pouvait désormais pour la vie religieuse ; les personnes qui ji retenue, changeant tout à coup de mai s'opposaient plus à son entrée en religioE son pèlerinage, le projet que lui avait ej le P. Simon la poursuivait partout ; plus s'en détourner pour entrer chez les Ursuli dail depuis longtemps, plus elle était tou œuvre eucharistique. C'est au milieu d»
rieure qu'elle vint trouver le P. Simon, C en détail tous ses projets. Il la renvoya persévérer dans la prière aux pieds du ta sulter son directeur, qui était un des prêtr et les plus recommaudables de Paris, et d sans l'assentiment de ce dernier.
Trois mois plus tard, Mlle Vaillant, m sa défiance d'elle-mCme, malgré sa crai telle entreprise, se sentant pressée de pli attrait secret, prenait une résolution défii leur, après avoir mûrement examiné les c pénitente, qu'il dirigeait d'ailleurs depuis après avoir réfléchi devant Dieu sur le pi été confié, lui disait :«L'œuvrequ'ils'agitd admirable et peut rendre de très grands se qui vous y portent sont tous surnaturels ; fiant beaucoup de vous-même dans une t crois que vous pouvez accepter l'offre d j'estime d'ailleurs comme un excellent d'amour de Dieu et de zèle. »
Ellp vint donc trouver une dernière 1 qui, l'ayant encouragée, lui dit à son to fille, je crois que Dieu veut cette œuvre, qu'il a choisie pour en jeter les premiers 1 gré votre faiblesse, ne tremblez pas ; pi
confiance dans le Cœur de Jésus, il vous soutiendra, il vous bénira ; c'est lui qui en a décidé, qui a tranché toutes les difficultés. >
Quelques jours plus tard, elle partait pour Bussières, petite bourgade de TAuvergne, où une personne charitable offrait quelques ressources pour le début de la fondation. C'était en 1876.
Nous n'entrerons pas ici dans le détail des premières difficultés et des premiers succès ; disons seulement qu'au milieu des épreuves de tous genres, qui assaillent toujours les œuvres de Dieu, au milieu des privations, des contradictions, des souffrances ; au sein de la pauvreté et des mortifications, avec une constance admirable, l'œuvre a grandi et s'est développée (i).
Le P. Simon mourut sur le champ de bataille, les armes à la main, quatre jours avant la clôture d'une mission qu'il prêchait à M esseix, canton de Bourg-Lastic (Puy-de-Dôme). Il tomba victime de son zèle, le 9 décembre 1881, cinq ans seulement après la fondation de l'institut. Son corps fut transporté et enterré à Bussières.
La Mère supérieure des Franciscaines de la Mission tomba malade le jour de l'enterrement et alla le rejoindre dans la tombe quatorze jours après. Plusieurs fois on l'avait entendue dire au P. Simon : « Mon bon Père, n'est-ce pas, lorsque vous serez au ciel, vous m'appellerez aussi? » Il répondait toujours : « Oui. » Il tint parole. Us avaient gagné tous deux leur couronne.
Malgré ces deux pertes cruelles, au début de la fondation, l'œuvre a prospéré sous les bénédictions du ciel, des évêques de Clermont et du Ministre général de l'Ordre franciscain qui l'a toujours protégée et aimée.
I. Voir dans la Revue du Très-Saint-Sacrement , 1890, rarticle sig-né abbé J, B. : L'Œuvre Eucharistique des Franciscaines de la Mission, de Bussières.
Nous l'avons dit, l'œuvre de la o est d'une grande importance, au poin et de la manière de la traiter.
On sait avec quel respect on traitai de Cluny, tout ce qui avait rapport a messe.
On faisait à jeun le pain qui en d Quelque pur que fût le froment, on grain ; on le lavait soigneusement, pi un sac destiné uniquement à cet us reconnu pour homme de bien, le poi les meules et les entourait de courtii suite d'une aube et d'un amict, moula mis et préparait la farine. Trois prêi un novice, revêtus pareilleraeoi d'aul s'être lavé les mains et le visage, p pain. L'un d'eux pétrissait la pâte d qu'elle fût plus blanche, et formait 1 autres les faisaient cuire dans des fers bois sec, choisi et préparé soigneuseï vail, on chantait des psaumes.
Sainte Radegonde, reine de Frao roi de Bohême, sainte Elisabeth dt leur bonheur à choisir le grain desti d'autel... Saint Charles Borromée, d; cile de Milan, prescrivit que les ho confectionnées dans les maisons relij
Les Sœurs franciscaines de Bussiè ditions ; elles confectionnent les host une dévotion particulières.
Quant à l'altération des substances un point de la plus haute gravité, pui lidité ou licéité de la consécration, présence substantielle.
On sait combien le vin est falsifié, de nos jours, par Taddition d'eau sucrée passée sur le marc, sans parler d'autres procédés malhonnêtes et nuisibles à la santé. Depuis les dévastations faites par le phylloxéra, TEtat a consenti à dégrever les sucres d*une partie des droits en faveur des vignerons. Pour ne citer qu'un chiffre, en 1889, ce dégrèvement porta sur 30 millions de kilogrammes de sucre, de telle sorte que les propriétaires de vignobles pouvaient tripler le produit des raisins par le simple procédé de la seconde cuvée d*eau sucrée.
La falsification des farines de commerce est à peu près universelle, par le mélange de différentes fécules qui donnent au pain un plus bel aspect et un goût plus agréable, réclamé du reste par le public.
Le docteur Bérard cite un savant académicien qui déjà, en 1852, parcourut plusieurs départements sans pouvoir trouver du pain sans mélange.
Un honorable fabricant de farines affirma, au congrès catholique de Malines, qu'un ouvrier venu de Paris chez lui, avait fait, sous ses yeux, un mélange dans lequel n'entrait pas la moitié de froment, et cependant cette farine était de très belle apparence et facile à placer dans le commerce.
Les ouvrages spéciaux enregistrent les arrêts des tribunaux contre les fraudes découvertes, qui prouvent jusqu'où peut aller l'art des falsifications. Pour ne citer qu'un fait, en 1847, la Cour d'appel d'Orléans a confirmé un jugement de première instance, qui condamnait à quatre mois de prison un riche meunier de Closes, près Châteaudun, convaincu d'avoir vendu de la farine dans laquelle le blé n'entrait que pour un dixième.
On n'a pas oublié qu'en 1851, M. l'abbé Rouard de Card, alors directeur de la maîtrise de Limoges, dénonça dans les journaux religieux la fabrication, sur une large échelle, des hosties avec la fécule de pommes de terre (i).
I. Voir Univers, 31 octobre 1851. — L'Ami du clergé, 17 décembre 1891, 21 janvier 1892.
Nous pourrions multiplier les cîtalio fîcatioo.
Pour obvier à ces graves iuconvéni nés de la Mission s'adressent aux Trap qui donnent sûrement de la pure farii sont donc certaines de la bonne qualité fabriquent ; elles ont moins belle appa: rapports que celles de certaines autrf ne fait que prouver une chose : qu't aucun mélange.
La maison de Bussières est supérieu l'œuvre des hosties; déjà le P. Simi instrument très ingénieux pour coupei système actuel on coupe 3000 hosties i
Les Franciscaines sont honorées de lîers de prêtres qui réclament leurs ser des diocèses de France, mais encore l'Allemagne, de l'Espagne, de l'Iul même de l'Amérique.
L'expédidon des pains d'autel, par postaux, se fait avec une exactitude m
Donnons quelques chiffres pour faire de la pieuse industrie des Sœurs.
Elles ont 3000 abonnés réguliers t 4000 prêUes.
Elles fabriquent par an 5 à 6 mîll I million et demi de grandes hosties.
Pendant le Carême, elles expédient tites hosties par jour, et de 15a 20.00
Le Carmel de Carthage, pour ne c prend 6000 petites hosties par mois, e1 distribuer aux paroisses.
Le prix des hosties est de o fr, 30 tites ; I fr. 20 pour les grandes. Il y a giaods dépôts.
Eussières-Pnins est un village de se proximité de la gare d'Aiguepersc.
Les religieuses de la Mission esp
Tœuvre du vin de messe — œuvre établie actuellement chez les Prémontrés de Frigolet.
Pour compléter leur œuvre eucharistique au point de vue surnaturel, elles ont le Saint Sacrement exposé tous les jours, dans leur chapelle, de 7 heures du matin à 6 heures du soir, pour Texpiation des péchés des hommes, et spécialement pour la conversion des pécheurs des missions. A chaque demi-heure, même pendant le travail, chaque Sœur fait une prière pour la conversion des pécheurs, pour les missionnaires vivants et défunts.
Dès maintenant, elles donnent quelques secours pour les missions ; plus tard, quand tous les frais de bâtisse et d'organisation seront soldés, leurs bénéfices de la fabrication des pains d'autel et de la confection des ornements sacrés seront uniquement employés à faire donner des missions dans les paroisses pauvres. C'est le but de leur institut ; voilà pourquoi les Sœurs s'appellent Franciscaines de la Mission,
A la mort du P. Simon, elles étaient au nombre de douze ; actuellement elles sont quatre-vingts. Elles n'ont jusqu'ici que la maison de Bussières. Mais leur exemple a déterminé un grand nombre de communautés à s'occuper de la fabrication des hosties.
Les religieuses portent une robe et scapulaire de qq\X' leur grise, avec un voile noir; la guimpe est remplacée par une sorte de mosette de la couleur de l'habit ; la corde est en laine blanche.
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