M. Brisson, député franc-maçon
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de faire reculer la main-morte! c'est-à-dire pour parler plus clairement et en bon fiançais, d'exterminer les congrégations religieuses d'une manière hypocrite et détournée par des impôts nouveaux, vexatoires et injustes, appelés droits d'accroissements.
En vertu de la loi du 29 décembre 1SS4, les employés du fisc forcèrent le P. Robert à se reconnaître débiteur d'une somme assez élevée pour droits d'accroissements. Ce n'était pas tout : il fallait payer. Et comment aurait-il pu le faire ? Comment aurait-il pu économiser ? Fallait-il jeter à la porte quelques-uns des malheureux qu'abrite le toit hospitalier de la Devèze? Fallait-il gagner sur les dépenses nécessaires à leur nourritiure, à leur entretien ?
Au mois d'août 1890, époque de l'échéance du paiement, l'impitoyable régie, arrive à la Devèze et s'apprête à saisir tout ce qui est saisissable. Les agents pénètrent un peu partout. Ils ne trouvent guère que des malades, des infirmes et Dame Pauvreté ! Cependant, une bête à cornes, étonnée sans doute de ce va-et-vient, mugit. . . Les employés ont trouvé de quoi saisir, ce sont quelques vaches dont le lait soutient les forces et adoucit les soufirances de tant de malheureux I Voilà l'exploit! L'huissier énumère et décrit longuement les vaches laitières qu'il a placées sous la main de la justice. Il s'excuse néanmoins de n'en pouvoir saisir davantage, car il a conscience qu'il est l'instrument d'une mauvaise action, c Ces animaux, dit-il, sont les seuls que j'ai trouvés pouvant être saisis, étant réservés par l'article 591 du code de procédure civile, comme servant au coucher, à la nourriture, aux divers soins et aux secours à donner à environ deux cents incurables, épileptiques, idiots et vieillards, tous soutenus par une œuvre vivant uniquement d'aumônes et de la charité publique. » (i).
I. Il y a actuellement près de 300 épileptiques ou incurables à la Devèze, 60 à Mirabel, 66 à RoUeville, 40 à la Tresne, etc.
Lire la ôeUe plaidoirie de M* Andrieux, ancien préfet de police et député, en faveur de la communauté de Notre-Dame de la Devèze. — Tribunal civil de Saint-Flour, audience du 27 mai 1891. — Brochure en vente à la Librairie catholique, 6, rue Cassette, Paris.
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Après un tel aveu, quel est le tribunal, nous ne dirons pas chrétien, mais même païen, qui oserait imposer de pauvres vieillards décrépits, des épileptiques, des idiots, de lever un droit dit d'accroissement sur leurs misères?
On sait comment le droit d'accroissement a été changé par une loi d'avril 1895 en un droit d'abonnement et comment la plupart des communautés ont refusé énergiquement et héroïquement de souscrire volontairement à une pareille iniquité. Nous sommes heureux de dire que la grande majorité des communautés de Sœurs iranciscaines ont résisté sans peur et sans crainte. Les religieuses de Saint- Philbert, de Lons-le-Saulnier, d'Angers, etc., ont reçu des contraintes et ont laissé faire...
Le fisc apparut à la Devèze, pour la seconde) fois, au mois de juillet 1896, et saisit ou plutôt marqua cinq vaches comme saisies. Mais les Sœurs ne se sont pas laissé intimider; elles ont résisté et résisteront jusqu'au bout.
Le bon P. Robert vit encore et exerce toujours sa charité. Il se fait toujours remarquer par son grand amour des nmlheurcux, des âmes du purgatoire, du culte divin et l'ornementation des églises. Sa devise est celle de saint François : « Etre méprisé et compté pour rien. »
Les Franciscaines de Notre-Dame de la Compassion ont pour costume une robe de bure brune, un voile et un manteau noirs, une guimpe blanche, la corde de laine blanche. Elles sont actuellement au nombre d'environ cent soixante.