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CHAPITRE XXXVI

SœURS DE SAINT-FRANÇOIS D'ASSISB GARDES-MALADES

Cong^régation pour l'œuvre des malades.

Maison-mère à Rodes, rue Peyroi, 4,

L'Aveyron est vraiment en France la terre classique des vocations religieuses et ecclésiastiques. Nul diocèse ne peut rivaliser avec celui de Rodez sous ce double rapport. On trouve ses enfants sous tous les climats et sur tous les rivages, portant les divers costumes des différents instituts qu'ils ont embrassés, mais ayant tous au cœur la même foi, la même ardeur, la même énergie. Le pays qui a donné en ce siècle le philosophe de Bonald, le martyr de son dévouement à la patrie, Mgr Affre, le ministre et orateur, de Frayssinous, le courageux évêque, Clausel de Montais, la vénérable et vénérée Emilie de Rodât..., se glorifie d'avoir de nombreux fils qui travaillent au bien social et chrétien ; nous n'en citerons qu'un seul : Mgr Livinhac, supérieur général des Pères blancs d Afrique, successeur et héritier de l'illustre cardinal Lavigerie.

Rodez, la vieille cité des Ruthènes que ne put dompter César, possède une cathédrale magnifique qui domine, comme une reine, tout le pays d'alentour et à l'ombre de laquelle s'abrite le berceau d'une congrégation de Soeurs franciscaines. La maison-mère est située rue Peyrot ; c'est une belle et spacieuse demeure entourée d'un grand jardin. De là, comme des boulevards extérieurs de la ville, le panorama qui se déroule aux yeux du spectateur est vraiment splendide. C'est une sorte d'amphithéâtre aux proportions grandioses dont les montagnes d'Aubrac et des Cévennes,

dominant tout le reste, forment le dernier écl mier plan , l'on voit de vertes prairies, des ja bitations solitaires ou groupées en villages champs bordés d'arbres où ramagent mélo rossignol, la fauvette et le chardonneret. Au zone, la vue s'arrête sur un vaste plateau, li reui et nu pendant une partie de l'année, n rable pour les céréales ; plus loin, à droite, c Palanges ou forêts immenses et la gaze azur tagne, des ruisseaux au cours rapide, des ni dure, des villas et de riants coteaux.

Les Sceurs franciscaines gardes- malades i été fondées en 1862, à Mur-de-Barrez {A M, l'abbé Victorin Jalbert, alors vicaire de < puis curé, actuellement cbanoine prébende di et maîcre des cérémonies, et par Mlle Jeai Signa lac, maintenant Supérieure générale d< tioû, sous le nom de Mère Saint-Frauçoîs d'j

Dès son bas âge, elle aimait à s'occuper Sa vénérable mère gémissait souvent devaii de soins que les malades reçoivent dans h et surtout de l'abandon spirituel dans leque souvent laissés, faute de parents chrétiens pieuse jeune fille sentit naître dans son co de se dévouer aux soins des malades et institut qui aurait pour but le service à dor qui souffrent. Elle s'en ouvrit â son directe bert, qui approuva son dessein et lui couse son œuvre sous le patronage de saint Fra conséquence elle entra dans le Tiers-Ordr former à la vie franciscaine qu'elle désirait mais, alla au couvent des religieuses francise au Puy. Elle revint au bout de six mois, ap l'habit religieux dans la chapelle des Clar ville.

388 LES RBLIGIBUSES FRANCISCAINES

Comme il fiaillait s'y attendre, les débuts furent pénibles, les épreuves nombreuses, mais confiante dans la Providence, elle ne se laissa pas décourager. Quelques sujets de bonne volonté vinrent se joindre à elle à Mur-de-Barrez et bientôt Tinstitut put avoir Tespérance de vivre et de grandir.

En 1S72, le noviciat et la maison-mère furent transportés à Rodez, pour se trouver dans un milieu plus central et à cause des souvenirs franciscains. Là, en effet, se trouvait avant la Révolution, un monastère de Franciscains, construit en 1232, sous Mgr Henri de la Treille. L'église, vrai chef-d'oeuvre d'élégance et de bon goût, était regardée comme la chapelle des comtes de Rodez et le lieu ordinaire des baptêmes, des mariages et des sépultures de leur famille. Mme Bonne de Berri, princesse de sang royal, mère du pape Félix V, passa quelques années dans un quartier séparé de ce couvent, y mourut en odeur de sainteté et fut enterrée dans la chapelle des Frères-Mineurs. Après la Révolution, le couvent fut converti en caserne de gendarmerie, puis démoli en 1834; sur son emplacement se trouve maintenant le palais de justice.

Le monastère des Sœurs de Saint-François est actuellement la seule communauté franciscaine de la ville, si riche pourtant en maisons religieuses.

L'institut a été approuvé par S. Ém. le cardinal de Rodez, Mgr Bourret, que le diocèse vient de perdre et qu'il pleure encore. C'est lui aussi qui approuva les Constitutions, empruntées, du reste, avec des modifications, aux pauvres Sœurs de Saint-François d'Assise, Sœurs des malades et de la bonne mort, dont la maison-mère est à Avignon.

Citons-en quelques paragraphes :

« La sainte pauvreté doit faire les délices d'une fille de saint François. Ce séraphique Patriarche ne reconnaîtra jamais pour son enfant, celle qui ne partagerait pas sop grand amour pour la sainte pauvreté que le Fils de Dieu est venu épouser sur la tçrre, et qu'M donne pour leur bîenaimée compagne à toutes ses épouses. Une fille de saint

François doit aimer de sentir ^a pauvreté rien de recherché daos ses habits, oi de cellule. Elle sera toujours calme et en manquera du nécessaire, se gardant bien

c Toutes les Sceurs de la communa envoyées par la Supérieure ou l'AssistaQl malades. Chacune doit ambitionner ce l'acte de chanté le plus excellent que l'c obéir sur-le-champ, dès que la Supérieur! pour cet emploi.

1 il.es Sœurs s'animeront d'un gran voyant dans leurs malades les membres se Christ. Elles se souviendront de ces par< « Ce que vous aurez fait au dernier des m t fait à moi-même. • Elles montreront un rable, ne témoignant jamais la moindre laissant jamais paraître le moindre ennu montreront bonnes également envers les de la maison, ne leur parlant qu'avec do

« Les Sœurs profiteront avec pruden de parler de Dieu à leurs malades et saisi les occasions qui se présenteront pour le; des sacrements, surtout s'ils sont en dangi pourront offrir aux malades de leur faire édifiante; elles prieront elles-mêmes avec conversion et ne négligeront sous aucun ] qu'elles leur doivent.

" Aux approches de la mort, les Sœun zèle pour le salut de leurs malades; elles des sentiments de foi, d'espérance, de cl tion, de résignation et de patience. Pendï leur feront, à défaut du prêtre, la rec( l'âme ; elles leur répéteront avec plus de c tion les divins noms de Jésus et de Mar prononcent eux-mêmes et qu'ils expirent i

« Les Sœurs éviteront avec le plus g mêler en quoi que ce soit des dernières leurs malades.

€ La pénitence des Sœur;^ consiste principalement à se lever la nuit au premier signe, pour répondre à Tappel qui leur est fait, à combattre le sommeil, lorsqu'elles sont auprès de leurs malades, pour ne pas manquer aux soins qu'elles doivent; à se mettre au travail, dès qu'elles seront dans la maison, à ne jamais murmurer quand la nourriture n'est pas bien préparée, à supporter avec joie les privations que leur impose leur sainte pauvreté. >

Ces admirables conseils, nous savons pertinemment que les Franciscaines gardes-malades les mettent à la lettre en pratique. Dans toutes les campagnes ou villes qu'elles habitent, elles sont les anges de la consolation; partout elles sont aimées et estimées.

La note caractéristique de cet institut est la simplicité, vertu éminemment franciscaine.

Les religieuses sont actuellement au nombre d'environ cent cinquante. Elles sont vêtues pauvrement de huieârune grossière, avec corde en laine blanche et voile noir.

Elles ont pu fonder quinze maisons, dont voici les noms : Rodes^ Mur-de-Barres y Entraygues^ LaissaCy Saini- André-de-VésineSi Saint- Sernin^ Sainte- Geneviève ^ Saint- Isaire^ Salles-la-Source^ CransaCy Monastère près Rodez ^ dans l'Aveyron; Valence (Tarn-et-Garonne), Ecommoy (Sarthe), Lézignan (Aude), Serrières (Ardèche).

Les Franciscains de l'Observance dirigent les Sœurs gardes-malades de la Congrégation de Rodez.

M, l'abbé Gély, vicaire capitulaire, est actuellement leur Supérieur.

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