‹ Les religionnaires de Bordeaux de 1685 à 1802Chapitre 108 sur 166 · Ihid., 18 août · texte numérisé non relu

Ihid., 18 août

du royaume à Paris ^. Ou nous nous trompons fort, ou bien ces innovations répétées témoignent de la grande place qu'avait reprise l'église de Bordeaux dans le protestantisme restauré, rappelant celle qu'elle avait possédée au temps de la Fronde^ ou pendant le second tiers du xvi^ siècle.

Outre les noms bien connus de Jacques Saurin, d'Ostervald, d'Antoine Court, de Court de Gébelin^, de Paul Piabaut, du chapelain Armand, qui ont passé ou passeront sous nos yeux sans appartenir à l'église, — outre ceux de Jarousseau ^ et Pierre Dugas ^, les actifs pasteurs de la Saintonge, ou encore de Rabaut-Pommier, Rabaut-St-Etienne et Jean Bon St-André dont les talents brillaient d'un si vif éclat à la veille de la Révolution, — d'autres moins notables méritent pourtant d'être rappelés ici, parce que, à l'inverse des précédents, ils faisaient partie soit en fait soit nominalement^ de la petite communauté bordelaise.

A la vérité, Isaac Sarrau de Boynet (fils du dernier pasteur de l'église réformée de Bordeaux avant la Révocation), l'un des fondateurs de notre Académie des sciences où il tint une assez belle place par ses écrits^, ne nous appartient plus, puisqu'il fut élevé et enterré catholiquement. Mais nous pouvons revendiquer MM. de Vernejoul ^ (originaires de l'Agenais), Latour de Lagravère et

1. Cf. le Registre consistorial à partir de l'année 1775, passim. — Sur cette Agence générale, fondée en 1763, voy. Ch. Coquerel. (mu. cité, II, 376, 379, 390, 466, 467.

2. Au dire de M. Aug. Cochin [Rev. des quesl. histor., XXXII, 1904, p. 134), lors des troubles qui agitèrent le Midi en 1653, « les trois centres de correspondance paraissent avoir été Paris, Nîmes et Bordeaux », au profit de la Fronde protestante.

3. La présence de Court de Géhelin se constate dès septembre 1763 par la suscrif)tion d'une lettre que lui adresse Paul Rabaut (dans CIj. Dardier, rec. cité, 1, p. 339).

.C'est plus tard qu'il est de nouveau question de lui, à plusieurs reprises, dans le Registre consistorial.

4. Pasteur à Saint-(leorgcs-de-Didonne près Royan. Son nom a été rendu popidaire par Eugène Pelletan dans lui loman liistoriciue qui a pour titre : Le pasteur du désert (bS54).

5. Le 29 août 1791 son fils Pierre-Louis Dugas, aussi pasteur, épousa à Bordeaux D^ie Nancy Cazalis, fille de Mathieu Ca/alis, négociant (Meller, ouv. cité, p. 71).

6. Leurs noms figurent sur les registres dits d'état-civil protestants.

7. Né à Bordeaux vers 16S5, y mourut en 1772. — Outre les ouvrages qu'indique M. de Gères (dans une notice publiée par La Guienne du 25 mars 1S78) : Discours sur la sagesse. Dissertation sur le son, Eloge de J.-J. Liel, Essai sur l'origine et le progrès de la musique, Isaac Sarrau de Boynet a laissé [)lusi(Hu*s travaux inédits qui sont conservés à la Bibliothèque municipale de Bordeaux : mss 445, 4^6, 450, 457, 465 et 564.

8. Originaires d'Uzerche en Bas-Limousin les Vernejoul avaient été obligés de s'expatrier vers 1570 et s'étaient fixés d'abord à Gavaudun j)uis à Monllanquin. En 1683

HISTOIRE EXTERNE Di: I..\ COMMINAITÉ DES RELKIIONNAIRES 2^^^

Picri'c-l Iciii'i-Sylvestre de J'crroii, axocal en la coiii'. Nous jii' j)()iiv^ons oublier MM. Taiizia de Ullciic (orioiiiaircs du Prrigoid), .Jausseliii de Tasta, Lahal de N'ivriis cL LabaL de Scrèiic, tons desceiidaiiLs de vieilles rauiillcs nobles immigrées dans notre villes depuis })lus ou moins longtem]>s, ((uaïul elles ne s<' ])ei']>éLnai('nl pas plus ou moins traïuinillenuMit au loin dans les (;m])lois do l'armée et de la marine.

A ces noms, il faut ajouter par même raison eeux de Messirc; Jean comte de Ségur^ chevalicM- seigneur du Grand-Puch, de la Louvrière et autres lieux, ancien capitaine de cavalerie ^; puis j celui de dame Marie (Uiapuzet, veuve de Jean Nicolas de Lislcfcrme (1787). On peut y joindre Jean Valeton deBoissière,écuyer (1785), et Joseph Valeton de Boissière, son fds (1783) 2; Pierre-Hector Petit de Laburthe, écuyer (1780), et Pierre de Salleneuve, avocat, marié à Dlle X'éronique de Lislcferme. On ne saurait taire les noms de Messire de Journiac (1783), Messire Pierre- Jacques de Baqueman, écuyer (1788), Jean de Grenier de Cariât (1793) et le chevalier de Solvignac (1785), qui moururent presque tous fort âgés et voulurent être inhumés avec leurs coreligionnaires dans le modeste cimetière de la rue Laville, aux dates que nous indiquons^.

Nous nous arrêterons plus longuement au nom de dame Jeanne de Lartigue, épouse de Montesquieu, que nous avons déjà rencontrée*. Son acte de décès porte qu.'elle était fdle de Pierre de Lartigue, chevalier de Saint-Louis et lieutenant-colonel au régiment de Maulévrier^. «C'était, nous dit M"^^ (j^ Laroche^, une femme dépourvue de beauté physique, mais méritante comme maîtresse de maison, épouse et mère. Son souvenir reste honoré de tous ceux qui

un de leurs ancêtres, Daniel de \'. avait été autorisé à s'embarquer à Bordeaux pour la Hollande a\ec sa femme (Marguei-lte'de X'illepontoux), un valet et une servante {Benseifjncmenls fournis par M. le pasteur Edgar de Verneioul, avril 1919).

1. Décédé à Tâgc de 85 ans et inhumé, le 1«' octobre 1781, dans le cimetière protestant de la rue Laville.

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