‹ Les religionnaires de Bordeaux de 1685 à 1802Chapitre 110 sur 166 · Journal eincr Reise durch Frankreich (1785, p · texte numérisé non relu

Journal eincr Reise durch Frankreich (1785, p

l'ont connue, et l'on dit couramment qu'elle eût pu écrire sur l'esprit de prudence féminine aussi bien que son mari sur l'esprit des lois ». M. Paul Bert ^ la considère comme une « zélée calviniste»; Grellet-Dumazeau 2 se contente de dire qu'elle était «calviniste pratiquante ». — Elle mourut le 13 juillet 1770, à l'âge de 78 ans, et fut inhumée « à la huguenotte ». On peut deviner par là ce que valait le titre de « nouvelle convertie » dont on l'affublait encore quand elle épousa Montesquieu en 1719, âgée déjà de 23 ans.

La question peut dès lors être posée de savoir si, conformément à l'opinion deM.Vian (rapportée dansnotre Introduction), qui lui attribue la suggestion des idées protestantes répandues dans les livres de Montesquieu, dame Jeanne de Lartigue aurait réussi à intéresser celui-ci tant soit peu à la restauration du protestantisme à Bordeaux. Cette question est d'autant plus naturelle que l'intervention du philosophe en faveur de la tolérance religieuse est justement de l'année 1753 (Introd., sect. 2) et qu'une lettre de lui, récemment publiée, nous le montre comme fort occupé es années 1753-54 d'établir entre le Roi, l'Eglise de France et le Parlement de Paris l'union qu' « il aimait par dessus toute chose » (voyez J. Dedieu,owi'. cilé p. 231, note l).Et en effet, d'abord séparatiste, Montesquieu avait fini par se ranger à la théorie de l'union des deux pouvoirs. Dès lors il n'y a guère apparence que les efforts faits par les églises réformées de France et en particulier par celle de Bordeaux pour se reconstituer sur la seule base de la conscience religieuse collective, en dehors et même à rencontre de l'Etat, aient pu inspirer au philosophe autre chose qu'indifférence ou scepticisme.

Les Bacalan, venus d'Auvergne au xvi^ siècle, mais originaires de l'Agenais, occupaient depuis longtemps une grande place dans notre ville, tant par leur fortune que par leurs fonctions. Au xvii^ siècle ils étaient à certains égards l'une des colonnes de l'église réformée. La belle propriété qu'ils possédaient au nord de Bordeaux ^ a depuis longtemps disparu, mais en laissant son nom

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