‹ Les religionnaires de Bordeaux de 1685 à 1802Chapitre 111 sur 166 · Ouv. cilé, p. b^'i · texte numérisé non relu

Ouv. cilé, p. b^'i

3. Elle se t.rouvail mit remplace iiioiiL de la vuv Delbos aciiielle. dans le quartier Achard. \oy. notre monographie Le quartier de Bacalan (1912, p. 4. Extrait de la Revue philomalhique). L'histoire de Bacalan depuis le xv*^ siècle a été écrite par Maurice Campagne. Bergerac, 1905. Voir particulièrement p. 197 à 240,

HISTOIRE EXTERNE DE LA COMMUNAl TÉ DES RELK;I0NNAIRES 255

à Vmu des j)i-iii(ipaux fjnil'Crur <j:s (ricdui. La révocation d<' Vrd'd de Nantes, si elle les ahadit pendani iin temps, ne j)nl les empêcher de sr reh'Ncr. Dans la seconde moitié du x\in^' siècle Isaac de Bacaian {wô en 17oG) était président an I^nlement, professenr de " dioit à l'Univeisité et membre de l'Académie des sciences ^ Ses goûts particnliers l'avaient porté de bonne lieni'e vers l'étude des questions agricoles et économiques, et c'est j)oui- (|uoi il avait tenté de doter sa ville natale d'une Société d'agriculture, à l'instar de celles (jui se fondaient alors un peu partout en France. Ses efforts ne purent aboutir, mais la preuve en d(imeure dans le programme de travaux qu'il proposait à l'activité de cette société sous ce titre : Essai sur Vagromanic^ on sur ce que Von doit espérer en France el surloul dans la province, de Guyenne du nouveau goût de la nation pour Vagricullure (1768). Il composa également, deux ans plus tard, un Paradoxe philosophique (resté ms.) sur la liberlé du commerce enlrc les nalions^, « véritable joyau » au dire d'un bon juge. — Sa Disserlalion sur les Druides n'ajoute rien aux mérites qu'il s'était acquis par ses autres écrits^.

Pierre-Romain-Nicolas Jarlac de Lisleferme faisait, lui aussi, partie de cette fraction de la noblesse protestante qui avait résisté à toutes les menaces comme à toutes les séductions*. Poète et

1. Probablcrneiil fils do cv Bacalaii, jurai de Bordeaux, qui contresi^^'iie un arrêt du Parlement en 1740 (Arcli. hist. de la Gironde, XXIII, p. 29<)).

2. C:f. notre Introduction. secL 2. — M. le professeur Sauvaire-Jourdan a nii> en lumière la valeur de ces écrits dans un article de la Revue philomnlhiquc , 1904.

3. M. de Bacalan ne demeura à Bordeaux que jusqu'en 1766, et fut appelé à Paris connue maître des requêtes, puis intendant du commerce. 11 mourut jeune en 1769. .\ la dernière pliase de son existence appartiennent les Observations faites par M. de Bacalan, intendant de commerce dans son voyage en Picardie, Artois, Haynaiil et Flandre Van 1768, en faveur de la liberté du commerce (Ms. conservé aux Arch. nationales).

4. M"**^ de Laroche raconte (pie, fioin- ne point se marier «au désert », M. de Lisleferme obtint du roi l'aulorisalioii de faire bénir son mariage en Hollande afm de conserver à ses enfants, considérés dès lors comme léiritimes, tout froit sur son hérilafje : « Herr von Isleferme wollte sicli nicht im l^esert trauen lassen, sondern befirehrte von dem Kœnis^ die Erlaubiiiss, seine Ehe mit Mademoiselle Boissier in llolland zu > ollziehen, weil dadurch seinen Kindern das Erbreclit und rechtmaessige Oeburt zu- -l'sichert wurde >>. {.Journ(d einer lieise diircli Frankreich, p. 297.) — M. J. Fonade, avocat, a rédiiré sur Bomaiu-Nicolas de Lisleferme un mémoire qui a obtenu une haute réeonq)ense à l'Académie des sciences, lettres et arts de Bordeaux en 1909-10, mais qui n'a pas été publié. L'auteur a eu la bonne fortune de découvrir quelques pages autobiographiques fort intéressantes, qu'il a fait entrer dans son récit (Cf. Actes de V Académie, 1909, p. 495).

II ne faut pas confondre le"père avec le fils J«'an-NicoIas, ancien garde dv la Marine,

jurisconsulte, l'un des fondateurs de la société Le Musée de Bordeaux, il fut plus tard « fort mêlé aux querelles qu'excita à Bordeaux la Constitution civile du Clergédont il était chaud partisan ^)> jusque là de publier un écrit sur la^Nécessité du serment ordonné par Varlicle XXI du liire X des décrets ^. A la distance où nous sommes des événements de ce temps, cette adhésion donnée à une organisation où le pouvoir civil empiétait si outrageusement sur le pouvoir ecclésiastique, apparaît plutôt comme une erreur de jugement. '

Venus des environs de Tonneins (Agenais) les Desclaux de Lacoste étaient de bonne famille bourgeoise et devaient leur demi-noblesse à la charge de conseiller-secrétaire du roi^acqnise par l'un des leurs. Pierre I Desclaux, l'aîné de dix-septjenfants (1748)^, vient s'établir à Bordeaux au commencement du"^ règne de Louis XV et semble avoir prospéré dans sa maison de la rue Raze, puisque l'un de ses fils Pierre II devint le gendre'de Laffon de Ladébat (1766) et maria deux de ses filles à deux' riches négociants de la colonie allemande : Poehls et Bentzien (1786 et 1788)^.

Mais il est infiniment plus intéressant pour nous de savoir que ce Pierre II Desclaux de Lacoste fut l'un des principaux armateurs bordelais de ce temps et qu'il mit deux fois sa flottille au service de l'Etat, durant la guerre de Sept ans, pour soutenir l'effort français au Canada ^

Deux autres branches de la famille Desclaux, celle de Latanné et celle de Lataponne, furent ramenées au catholicisme à une date que nous n'avons pu retrouver. Il ne semble pas d'ailleurs que la seconde ait jamais quitté ses domaines de l' Agenais. Quant à la première, il y a grande apparence, quoiqu'on ait dit, qu'elle séjourna

({ui eu sL'pLeinIjrc 17H9 é|)()usa une D^'^' Jeanne BonnafTé (Meller, oiw. cité, p. 70). — \Jn frère de Jean-Nicolas, prénommé Daniel, mourut à (iradignan près Bordeaux en 1771 {Inv. des Arch. dép. de la Gironde. E. suppl., n° 1496).

1. D'après Péret, Biographie girondine, qui cite en outre quelqlles-un^^ de ses éeiits Calon, tragédie (Bordeaux, 1780) ; Fables choisies (1797) ; Abrégé niélliod. de droit romain conféré avec le droit français. (A^en, 1801-1803, 3 vol.)

2. Brochure in-8^ d(> 51 pages (1791) dont on rencontre encore (piekpies exenii)laires dans nos bibliotlièque^ locales.

3. Vcy. Meller, Arm rial bordelais, 11, 21, oiisouLsignaléesbeaucoupdautres alliances: avec les d'Espagne en 1738, avec les de Lenoy en 1762 etc.

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