Registre consistorial. 21 novembre
6. Inventaire des archives mani'^ipale'^; période révolutionnaire, par G. Uucaunnès- Duval, II. p. M, reg. D. 104.
Il est bien délicat, en l'absence de toute explication donnée par les intéressés, d'apprécier leur conduite en cette occasion et de dire si, inspirée par l'esprit de civisme, elle ne le fut pas aussi par le secret désir d'éloigner d'eux les violences qu'ils se fussent attirées' en opposant quelques résistances ^. On aimerait trouver sur les lèvres d'Olivier quelques mots de protestation contre la politique ecclésiastique des maîtres de ce jour là, quelque réserve dans sa tenue vis-à-vis d'eux, au lieu de ce baiser fraternel qu'il échange si' naïvement avec leurs représentants. Car enfin la remise des vases sacrés pour être envoyés à la fonte et convertis en monnaie, si ce n'était pas pour le ministre protestant comme pour beaucoup d'ecclésiastiques catholiques une manière de se « déprêtiser, » c'était malgré tout la renonciation à la célébration du culte public, l'acceptation d'une prochaine dispersion de l'église, la soumission à une jurisprudence d'hypocrisie.
Et en fait, nonobstant tout principe de liberté, de justice et de fraternité, il devint bientôt évident pour les Protestants qu'il était prudent, devant le triomphe de la déesse Raison et de l'Etre suprême^, d'interrompre le culte en commun non seulement au temple de la rue du Muguet qui fut abandonné pour toujours^, mais encore à celui des Chartrons*. L'interruption ne cessera qu'après plus de trois ans, vers la fin de l'année 1796. Au règne des lois s'était substitué celui des motions et des décisions prises par des pouvoirs démagogiques, avec lesquels toute discussion était impossible; au régime de la- fraternité celui de la guillotine pour les nobles ou les bourgeois suspects, et celui des plus odieux traitements pour les prêtres déportés à Bordeaux et à Blaye avant d'être transportés en Guyane ^.
1. il n'est point superflu lie noter, pour !a ju'^te appréciation de cette conduite, que les ministres protestants de ce temps ne recevaientaucuntraitementdel'État (nous l'avons établi précédemment), n'étaient point fonctionnaire'^ olliciels et ne pouvaient dès lors être astreints aux mêmes obligations que les prêtres constitutionnels D'autre part, ils n'encouraient pas les mêmes suspicions que le clergé réfractaire. 11 semble donc, à la dislance on nous sommes du fait qui nou>^ arrête en ce moment, qu'Olivier- Desmont et son Consistoire eussent dû interpréter autrement leur devoir et donner à leur « oi'ïranfle civique » une autre forme, qui eût réservé les droits de l'église et la dignité du ministère évanî^élique.