‹ Les religionnaires de Bordeaux de 1685 à 1802Chapitre 132 sur 166 · Délibération consistoriale des 3 avril et •?6 août · texte numérisé non relu

Délibération consistoriale des 3 avril et •?6 août

5. \n dire de M. de la Corce, qui a serré de près la question {Hisl. relig. de la Révol. frari':., II I (1918), une centaine de ces prêtres déportés succombèrent aux mauvais traitements. — Pour le nombre des guillotinés voy. notre Introd., sect. 3.

Afin de laisser passer ce gros orage, l'église réformée se dispersa dans le courant de décembre 1793 ^ Mais Olivier-Desmont n'ayant quitté Bordeaux qu'au bout de quelques mois, il y a présomption ([u'il présida secrètement jusqu'à son départ des réunions cultuelles dans les demeures particulières, avec le concours du pasteur Jacques Barre qu'il avait appelé près de lui pour suppléer Silva Blachon fugitif. C'était le retour au régime de 1753-60, tant il est vrai que la Révolution était tombée aux mains de ceux qui étaient le moins qualifiés pour la faire réussir selon l'esprit de 89.

En août 1794 seulement le Consistoire tint sa dernière séance et reçut la démission d'Olivier, « obligé par les circonstances actuelles à ne plus exercer son ministère ». On lui manifesta toutefois l'espoir de le lui voir reprendre, le jour où le culte serait rétabli ; on lui offrit une indemnité pour les dépenses qui allaient lui incomber et en même temps pour « témoigner à ce digne pasteur combien les fidèles et le Consistoire qui lesj représente étoient satisfaits du zèle et de l'assiduité avec lesquels il avoit rempli ses fonctions durant 23 années 2. » Nous le retrouverons bientôt.

Ainsi s'achevait, au bout de quarante ans, la nouvelle étape que l'église réformée de Bordeaux avait commencée en 1753. En l'obligeant à disparaître, les Révolutionnaires anéantissaient une des formes les plus accomplies de leur propre idéal. Car enfin, à la date où nous sommes parvenus, cette église réalisait manifestement, mieux que n'importe quel club révolutionnaire, la triple devise de la République à fonder : la liberté entendue dans le sens collectif de seljgovernmenl\ l'égalité devant l'évangile, qui ne fait point acception des personnes, mais proclame le droit égal dç tous aux biens spirituels et à la sollicitude des chefs, en corrélation avec le devoir égal de tous devant la loi morale; la fraternité vraie, sous la forme de la solidarité ecclésiastique et de la charité chrétienne qui déclarent que tous les fidèles sont fils de même Père et disciples du même Sauveur, pour le temps et pour • l'éternité.

L Rcfj. consisL, à la date. — D'une lettre d'Olivier- Desrnont; postérieure de vin;^t ans, adressée au révérend C Smith ftO janvier ISlô"', nous extrayons le passade suivant qui, dans l'idée de l'auteur, ?e rélère principalement à ce qu'il a vu à Bordeaux r «L'anarchie, conséquence de la Révolution, amena l'impiété et l'immoralité. Aussi le service divin lut il entièrement aboli et il n'y eut plus, de lon:^temps, des pasteurs lidèles pour édilier les troupeaux et instruire les enlants par leurs exhortation*; et leur exemple» '.Bullelin..., 191^, p. 219).

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