Arcti. (lép. de la Gironde, L. 2861. v
3. Probablement en Hollande, comme Pierre Desclaux, qui nous arrête un peu plus loin.
cipes de Liberté, d'Efr;»Iil<'M'l dv Ixéinihliciiiiisiiic. Aussy a\ :iiil la Révolution étnil-i] luxé d'avoir l'esj)ril i'éj)ul)licaiii. Celle rdncal ion a déNeloppé ces idées cjuo la nature avail ^n-avées dans son cuui-, (pii onl lail la rè^de desa conduite soil privée soiL politique.
Iml)u de ces principes il vit arriver la Révolution, la saisit avec enthousiasme. 11 chercha à propager son opinion dans tous les lieux où il s'est trouvé, s'étant nettement déclaré l'cnnemy de toute es[)èce d'aristocratie. On l'a vu fiartout, soit comme homme privé soit comme homme public, poursuivre ces êtres immoraux et dangereux avec le plus grand acharnement. Dès le moment que sa patrie eut balbutié le mot de Liberté, il lit le serment de vivre libre ou de mourir. Il employa tous ces {sic) moyens physiques et moraux pour la faire triompher
Il fut l'un des fondateurs de la Société des Jacobins, qu'il ne fréquenta presque point dans les derniers temps, s'étant aperçu que divers intrigants dominaient cette Société et étant d'ailleurs obligé d'être constamment à la Municipalité.
Les puissances étrangères ont-elles déclaré la guerre: aucun sacrifice ne lui a coûté pour venir au secours de la Nation. A-t-il fallu des hommes pour former des bataillons, pour s'opposer aux vues des tyrans coalisés et les chasse du territoire de la République : il chercha à inspirer dans son attelier l'amour de la Liberté, la haine des tyrans et la nécessité de voiler au secours de la patrie menacée. Il a facilité à plusieurs les moyens de servir la cauze de la Liberté en les armant et équipant à ses frais, continuant à ceux des ouvriers qui ont embrassé le glorieux party leurs appointements et leur assurant leur place à leur retour.
L'agiotage et la p^erversité de nos ennemys ont-ils jette la défaveur et la déffience sur le papier-monnoye; a-t-on cherché à égarer le peuple sur cette partie : il a travaillé à rétablir une confiance qui n'aurait jamais dû être ébranlée. Pour y parvenir, son caissier sur ses ordres, et luy, ont échangé à différentes crises, presque à comptoir ouvert, pour des sommes co;iséquentes d'assignats de toute espèce, sans qu'il fut assés vil pour y prétendre aucun bénéfice; ce qu'il faisait principalement pour les citoyens les moins fortunés.
Certain du succès et du maintien de la République, il n'a point fait passer de fonds à l'étranger.
Les principes de Liberté et d'Egalité étoient tellement gravés dans son cœur que, lorsque les droits des gens de coulleur ont été agittés dans les Assemblées de commerce, il a été un de leur(s) plus zélés déffenseurs, quoique sa mère eut des pocessions conséquentes à Saint-Domingue et que sa fortune fut en apparence compromise par cette mesure. Sa correspondance avec le gérant de rhal)itation est un sûr garant de ses principes; on y verra que, dès l'année 1790, il préparait l'état de choses qui vient d'être adopté. Pôuv y parvenir, il donnait la liberté à quelques noirs pour les garder à titre d'ouvriers avec des appointements. Il confondait par ces moyens et démontrait aux ennemis de cette classe d'hommes intéressante, qu'ils pouvoient être employés utilement et que tout dépendait d'une bonne gestion et des principes d'humanité qui doivent régir tout bon Français et tout bon Républicain.
Il s'enrolla dès le principe de la Révolu ti(Ti dans la Garde nnlionalle, y
remplit ses devoirs en cette qualité dans les différents postes où il a passé avec tout le zelle et l'activité qui caractérisent un bon citoyen, sans jamais avoir éprouvé le plus petit reproche de ses chefs.
Il lut toujours empressé de publier toutes les nouvelf^s venues à sa connaissance, qui éloient avantageuses à la République, regrettant avec indignation celles que de mauvais citoyens répandoient au hasard pour décourager les patriottes. Son opinion sur les traittres Lafayette, Dumouriés etc., se manifesta dès le principe. Il ne fut dans aucun temps le partisan de ceux qui cherchoient à asservir le peuple.
Elevé à la place de magistrat du peuple, on l'a toujours vu déffendre avec chaleur ses intérêts, sanscesse poursuivant et s'élevant contre l'aristocratie, les royalistes égoïstes etc., s'étant transporté en différents endroits dans l'assemblée des jeunes gens pour la dissoudre, et ayant envoyé chercher plusieurs jeunes citoyens de sa connaissance pour les inviter à se deffier des pièges que les malveillants leur tendoient; venant toujours au secours du malheureux et du faible; invitant tous ses concitoyens au respect dû à la Représentation nationnalle en démontrant la nécessité de demeurer inviolablement attachés à la Convention nationalle; voulant maintenir l'unité etl'indivisibilité delà République, qui était un de ses grands principes. Il a donné des preuves non équivoques de cette opinion lorsqu'il a passé des représentants dans la cité. Il n'a participé en rien à la formation de la Commission populaire et n'a signé ny accepté de mission qui fut émanée de cette assemblée.
On ne détaillera pas les dons qu'il a faits à la Patrie. On trouvera son nom sur tous les registres ou souscriptions qui se sont faittes dans la cité. Ils s'élèvent à environ 40.000 1.
Les citoyens Paganelle et Garrau furent tellement convaincus des sentiments républicains qui l'animaient, qu'ils le désignèrent pour membre des Comités de surveillance^.
J. B. Nairac fut acquitté et relâché. Raymond Duthil et Jean Tarteyron le furent également. Mais Gabriel II Perrière, âgé d'environ 50 ans, fut condamné à une forte amende de 150.000 1 ^^. et Pierre Desclaux aîné, âgé d'environ 64 ans, à une autre de 50.000 1. quoique les griefs articulés contre eux nous paraissent sans fondement sérieux. Voici la lettre que le second écrivit à ses juges pour sa défense personnelle en juillet 1794 :
Je m'empresse, citoyens, à dissiper vos soupçons et à éclairer votre jUvStice. Je ne vous dirai que la vérité en vous prouvant mon innocence.
J'ai aimé la Révolution depuis le commencement et la République avant
1. Arch. flép. de la Gironde, L. 2861. — Là s'arrête le texte de cette biographie, au ba<î du second feuillet. Il est pos-^ible qu'elle ait eu une continuation «ur un troisième feuillet aujourd'hui perdu.
2. Jugement du l*""^ veniôse an II (19 février 1794), aux Archives dép. de la Oironde, L. 2486,
qu'elle fut (li'^crellée. relevé en Ilollniidc où je jcissiii mes premières nnnées', i'ni puisé dans celle Hèpuhlirjue le<' seulinieuls rèpuitiicaiiis. Ma vie (Milière el les ténioi^Miajifes (pi'ou vous a rendus sur mou compte prouseul que de tous lenijjs j'ai regardé tous les hommes comme des frères et les malheureux comme des créanciers à (pii je devois tles secours. Je u'ai lai! eu cela «jue reuq)lir les devoirs d'uu bou citoyen. Le prix est dans mon cciuir.
yuant à ma conduite depuis la Révolution, elle a été telle qu'on devoit l'attendre d'un bon citoyen. J'ay fait des dons nombreux et considérables à hi Patrie. Vous en avez l'état dans les papiers que j'ay remis à la Commission. J'ai lié ma fortune à celle de la République en achetant de la Nation une vieille maison que j'ai fait bâtir. Cepenlant, citoyens, la révolte des nèg-res à Saint-Domingue a renversé ma fortune dès la seconde année de la Révolution. Tout mon commerce étoit dans cette colonie, où il m'est dû des sommes très considérables par des habitants dont les propriétés sont brfdées. J'ay perdu dans cet événement les trois quarts de ma fortune. Ce qui me reste consiste en biens-fonds qui ne peuvent me faire subsister. J'ay mangé depuis deux ans mon capital et je dois des sommes considérables
P. Desclaux l'aîné 2.
Un autre Pierre Desclaux, sieur de Lacoste, parent du précédent, nous ne savons trop à quel degré, avait été arrêté le 10 frimaire an II (30 novembre 1793) et, malgré ses quatre-vingts ans, incarcéré^. Grâce à la courageuse intervention de sa fille (épouse Poehls), il fut relâché de la prison, mais maintenu en état d'arrestation à son domicile. C'est ce dont font foi les deux textes que voici :
Aux citoyens représentants du peuple en séance à Bordeaux.
Citoyens représentants. Le citoyen Desclaux de Lacoste, mon père, vieillard de 80 ans et infirme, a été arrêté, la nuitdernière et mené au séminaire.
C'est le seul appuy qui me reste. Le citoyen Poehls mon mari, que vous avez envoyé à Hambourg avec une mission qui regarde le service de la République, m'avoit remise entre ses mains, moi et quatre petits enfants. Son grand âge et ses infirmités le mettent hors d'état de supporter les rigueurs d'une maison d'arrêt. Daignés, citoyens représentants, y avoir égard et ordonner qu'il soit renvoyé chez lui en arrestation.
Desclaux-Poehls.
Bordeaux, ce 11 frimaire, l'an II de la République une et indivisible.