‹ Les religionnaires de Bordeaux de 1685 à 1802Chapitre 138 sur 166 · I. — As-tu fai ton service dans la Garde nationale · texte numérisé non relu

I. — As-tu fai ton service dans la Garde nationale

R. — Je l'ai fait avec tout le zèle d'un bon citoyen.

I — Quelles preuves peux-tu donner de ton civisme ?

R. — Dès la naissance de la Révolution j'arborai la cocarde nationalle et fus l'un des premiers à m'incorporer dans les compagnies qui se formèrent. Mon zèle, mon amour pour la liberté, m'obtinrent la confiance de mes frères d'armes. Ils me nommèrent sergent, capitaine, adjudant général en 1793. Je fus électeur et successivement officier municipal; dans tous ces grades j'ai toujours témoigné à mes concitoyens un attachement pour la liberté, l'égalité, autant que ma haine pour le despotisme. Indépendamment de tout mon tems donné à la chose publique, je n'ai jamais manqué une occasion de donner à ma patrie des preuves que je n'étais pas insensible à ces [sic] besoins. Pour les subsistances en trois fois je donnai 16.000 livres; pour l'armement et équipement des défenseurs sur les frontière, environ 4000 livres; pour l'emprunt des 80 millions, 3.000 livres; pour l'établissement de la caisse patriotique, en deux fois, 2.000 livres; au Club, en diverses fois 5.000 livres; pour le quart du revenu, 4.000 livres 2.

J'ai sur les frontières à ma solde trois volontaires, sortis de ma fabrique et à qui j'ai promis leurs places à leur retour. Je ne parle de ce que j'ai fait pour la Révolution que parce que j'y suis forcé : mais je suis convaincu

1. C'est-à-dire le local où siégeaient les représentants du Département:

2. Son revenu net aurait donc été de 1.600 1., somme qui, avant la*i)résente guerre, aurait dû être doublée pour être estimée à sa pleine valeur.

de n'avoir fait que mon devoir, et si je [)uis donner à ma patiie de nouvelles preuves de mon attacliement pour elle, je serai au comble de mes vamx. J'oubliais de dire que j'ai donné 1.200 livres pour le vaisseau et 18 chemises.

I. — Etais-tu à la Commune lors de l'arrivée de Beaudot et Ysabeau, J et quelle fut ta conduite alors ?

R. — J'arrivai à la Commune le jour de l'arrivée des représentants, vers la fin de la séance. Je cherchai à inspirer à mes concitoyens le respect que j'avais pour la Représentation nationalle. Je fus chargé de les accompagner dans leur logement où je les remis sans qu'il se passât rien dont ils eussent à se plaindre. Lors de leur départ de la cité, je fus également chargé de les accompagner pour préparer leur départ libre que divers mauvais citoyens voulaient empêcher. Après avoir invité tous mes citoyens, qui étoient dans les environs, à se pénétrer du respect qu'ils dévoient à la Représentation nationalle, je leur dis que notre seul point de ralliement devoit être la Convention. Après je fis rassembler la compagnie de garde et leur Os part du désir que les représentants venoient de témoigner de quitter Bordeaux. Je leur demandai de pretter le serment qu'ils ne souffriroient pas qu'on portât atteinte à la Représentation nationalle et qu'ils la dél'endroient avec moi de tous leurs pouvoirs : serment qui fut pretté avec acclamation. De suite je pris un détachement de cette compagnie et dispersai les groupes de gens mal intentionnés qui pouvoient y être. Je fus joindre les représentants au sortir de leur logement. J'eus la satisfaction de les accompagner jusqu'au poste du Sablonnât et sans qu'il se fut rien passé de répréhensibîe. Ce ne fut qu'au moment de monter en voiture que j'eus le mal au cœur de voir que des scélérats avaient endommagé leur voiture et poussèrent l'audace jusqu'à huer les représentants. De suite je me portai sur le rassemblement et sommai les citoyens qui le composoient de me désigner les auteurs de ces crimes. Mais personne ne m'en donna connaissance. Lamarque qui étoit avec moi me seconda dans toutes ces mesures et, de retour à la Commune, après avoir fait mon rapport de cette scène horrible, Lamarque fil la motion de dénoncer à l'accusateur public ces forfaits, ce que j'appuyai de toutes mes forces. Dès le lendemain je témoignai chez moi et vis-à-vis de tous mes concitoyens combien j'étais affecté qu'on eut ainsi manqué à la R présentation nationalle.

Et plus n'a été interrogé. Lecture à lui faite, il a dit contenir vérité et a signé avec nous^.

J.-B. Nairac-.

Pour sa défense J.-B. Nairac avait rédigé ou fait rédiger par son avocat une courte biographie qui est conservée dans le même dossier et mérite d'être rapportée ici en raison des détails qu'elle contient :

Liberté - Égalité.

Vie privée de J.-B. Nairac.

Elevé dans un pays libre^ J.B. Nairac suça presque avec le lait les prin-

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