Délibération du 25 mai
quciil antérieur de près de 40 ans à celui qui se dresse aujourd'hui ^), ni l'aspect extérieur ni les dimensions intérieures ne nous sont exactement connus, à supposer même qu'il ait reproduit le plan qu'avait signé l'architecte Combes en 1788 2. Mais ce n'est sûrement pas se tromper que de supposer cet aspect fort simple et ces dimensions assez restreintes^. Nos religionnaires n'en étaient pas moins aussi satisfaits d'avoir bâti ce modeste oratoire que d'autres peuvent l'être d'avoir édifié une superbe cathédrale, — eux qui allaient répétant que le temple de pierre n'est plus la demeure de l'Eternel depuis que cette demeure a été reportée par les Réformateurs dans l'âme même des croyants.
Quoiqu'il en soit, en raison de sa position excentrique, ce premier templen'était guère fréquenté que par les Protestants du faubourg. Ceux du quartier de La Rousselle le trouvaient bien éloigné et n'y venaient guère, quoiqu'ils n'eussent plus leur maison d'oraison de la rue du Muguet. De bonne heure le Consistoire s'attacha à leur donner la satisfaction qu'ils réclamaient en cherchant au centre de la ville un second lieu de culte pour la seconde paroisse que l'on prétendait maintenir (20 juillet 1800). Il jeta son dévolu tout d'abord sur l'ancienne église Saint-Eloi qui, à la date de mars 1802, n'avait point encore été réouverte au culte catholique*. Les scrupules honorables que quelques Anciens manifestèrent à cette occasion nous permettent d'affirmer que personne, dans le Consistoire, n'aurait consenti à évincer les légitimes propriétaires d'un édifice qu'ils auraient déjà occupé^. — Les revendications élevées par les Protestants t plusieurs fois réitérées ne furent cependant point admises, sans que nous sachions le motif de ce refus. C'est la chapelle des
1. Le temple actuel de la rue Notre-Dame fut inauguré en 1835, à proximité d'un autre plus ancien, comme le dit expressément Bernadau (Le Vwijraphe bordelais, 1844, p. 73).