Délibération du 23 déc
d'annoncer la réouverture du temple, d'exposer les besoins do l'église et de réveiller le zèle de chacun. Un des membres, non dénommé, fit à cette occasion un discours fort instructif :
Citoyens, je suis tous les jours visité par des infortunés qui demandoient {sic) des secours et qu'il est impossible d'aider si le culte n'étoit pas soutenu et complètement rétabli. Les comptes ayant été épurés [sic), il en est résulté qu'il y a un léger déficit, les loyers des chais ayant été payés jusqu'à extinction en papier, que l'on doit se féliciter d'avoir employé à bâtir l'église.
Cependant les frais du culte et des aumônes se composent de dépenses fixes et accidentelles. Les revenus fixes de l'église ne peuvent encore être portés guère au-dessus de 2.000 1. nets; cela ne peut suffire. Il faut pouvoir offrir au pasteur qui sera appelé une subsistance honnête, et beaucoup d'objets sont encore chères [sic). Il faut entretenir les bâtiments, payer les impositions de l'église et du cimetière. Il faut autant qu'il sera en votre pouvoir aider les pauvres et les familles honteuses.
Après mures réflexions, il a été délibéré que les Anciens seroient députés vers les fidelles pour les prévenir que le culte étoit ouvert i; qu'ils y trouveroient des consolations s'ils étoient affligés, un concert de louanges à Dieu s'ils étoient préservés; qu'ils étoient invités à participer avec les fidelles et à soutenir le culte par leur libéralité par dons ou souscriptions.
Le Consistoire ne s'est point dissimulé que beaucoup des membres de cette égli e avoient soufferts {sic) dans leurs J)iens; mais il est un devoir indispensable : celui de communier avec les fidelles, celui d'aider les malheureux. Il est indispensable aussi de rétablir l'instruction de notre jeunesse. Ce n'est que par les principes religieux qu'on peut arrêter le fléau terrible de l'immoralité qui règne et qui désorganise la société.
Chacun, c'est le vœu et l'espoir du Consistoire, frappé dé l'importance de cette délibération, fera un effort dans ces circonstances difficiles: il donnera avec joye cette contribution volontaire pour une destination sacrée, toujours nécessaire et plus indispensable que jamais.
Le Consistoire sera bien encouragé si on le met à même de fournir à la première année, qui présente le plus de peine. {Reg. consist., à la date).
En vue d'obtenir au plus tôt les dons attendus, les Anciens résolurent de dresser la liste des principaux protestants de Bordeaux chez lesquels ils comptaient pouvoir se présenter. Cette liste nominale, insérée dans le registre ^ des délibérations, est intéressante à beaucoup d'égards, tout au moins en ce qu'elle nous révèle la répartition de la population protestante.
Dans la municipalité du Sud (fossés de la Ville, rues Léteyre, des
1. C'est la seule mention précise que nous ayons de la réouverture du temple; encore laisse-t-elle subsister un doute sur la date.
2. Elle a été reproduite en son entier par M. J. Gadehe, oiw. cité, p. G4-7G, avec indication des demeures de chacun.
RÉGIME DE LA MI3r]RTÉ DÉFINITIVE, ETC. 345
Moiiuls, JJvicasso, dos lioiiN iors, du Moniiii, des F;uii"OS, etc.), les collecteurs s'arrêtèrent dans trente-liuit nnisons.
l^ans la municipalité du Centre (pince Tourriy, rues de l'lnt(Midance, des Carmélites, du Cha])eau-Houg-e, Saint-Rémy, du (^liaides-Farines, Sainte-Catherine, de La Mousselle, Ausone, des Argentiers, Neuve, Bouquière, du Muguet, du Soleil, Kenière, deGourgue, fossés des Salinièi'es, etc.), ils })rrseiitèrent leur registre dans cent trente-six maisons.
Enfin dans la municipalité du Noi'd (Pavé des Chartrons, coufs du Jardin-Public, place et rue Fondaudège, place Michel, (piartiejdu Palais-Gallien, façade des Chartrons, ruesTourat, Borie, Poyenne, Cornac, Raze, du Couvent, de Noti-e-Dame, de la Course, etc.), ils obtinrent la souscription de cent quatre-vingt-trois familles.
Ce total de 38 +136 4- 183 = 357 maisons, est sujet à discussion. Pour en apprécier l'exacte valeur il faut admettre que les collecteurs eurent vraisemblablement la discrétion de ne point se présenter dans les familles pauvres ;
Que, par contre, ils s'adressèrent à quel(|ues familles de la colonie germanique, celles du moins qui ressortissaient, comme les Hollandais et les Suisses, à la confession réformée plutôt qu'à la confession luthérienne;
Enfin que, dans beaucoup de maisons, habitaient deux familles protestantes de noms différents, comme il est clairement indiqué sur le registre.
Le total de 357 maisons que nous avons obtenu ci-dessus laisse supposer environ 370 familles bourgeoises. Si à xe dernier chiffre nous préposons le coefficient 5, nous obtenons un total de 1850 protestants, qu'il faut doubler pour le moins par le total des familles du peuple qui ne furent point sollicitées de souscrire, soit 3700. Ce chiffre reste si distant de celui de 8000 à 9000, dont il sera question dans l'enquête de 1802^, que nous regardons ce dernier comme s'applicjuant à l'ensemble du département de la Gironde.
L'assemblée consistoriale du 21 février 1797 ^ eut pour objet d'adresser une seconde fois vocation au pasteur Olivier-Desmont,