‹ Les religionnaires de Bordeaux de 1685 à 1802Chapitre 151 sur 166 · N'oy. plus loin · texte numérisé non relu

N'oy. plus loin

2. C'est par cette délibération que se clôt le premier registre des délibérations du Consistoire, commencé en 1753.

rentré depuis juillet 1796, mais trop sollicité par d'autres devoirs : lointains pour continuer dans l'église de Bordeaux le ministère "^ qu'il avait repris. Il persista dans sa demande de retraite, obtint satisfaction et reçut du Consistoire les grands témoignages de satis- i^ faction auxquels il avait pleinement droit. C'est ce que prouve le procès-verbal de la délibération du 1^^ mars 1797^ :

Au nom de Dieu soit fait. Amen.

Bordeaux, 11 ventôse an V, ou l^^ mars 1707.

Le pasteur Desmont persistant à demander sa retraite, le Consistoire assemblé, ce jour, considérant que par la grâce de Dieu le culte se trouve bien organisé et avec l'apparence de fleurfr de plus en plus, mais qu'après la Providence nous en devons le succès aux soins du pasteur Desmont ; considérant que l'église a besoin du dit pasteur pour soutenir son culte et guider son successeur par l'expérience que lui a [sic] donnée 25 années de ministèe dans l'église de Bordeaux; que d'ailleurs ne pouvant appeler un pasteur sans avoir une certitude claire et précise de ses mœurs, ses talents, il faut un temps moral pour y parvenir; considérant enfin, par un tableau fait, ce jour, des dépenses et des recettes^ qu'il résulterait annuellement un déficit de 6 à 7.000 1. et que les moyens pour remédier à ce déficit sont aussi onéreux à l'église que difTiciles à trouver, il a été délibéré :

1^ Qu'on offrira a\i pasteur Desmont 6.000 1. espèces, pour l'année courante, qui échoira à l'époque prochaine de son absence, assuré qu'il ne partira point avant que l'église soit pourvue d'un second pasteur;

2^ Qu'on lui accorde les six premiers mois de la seconde année pour vaquer à ses affaires particulières, et qu'en raison de la modicité des ressources, le Consistoire l'invite à se reposer sur le zèle et la reconnaissance de l'église, qui fera pour cette seconde année, non pas ce que le pasteur Desmont mérite, mais tout ce que ses moyens lui fourniront;

3° Qu'il sera adressé vocation au pasteur Gêniez et que le pasteur Desmont est invité à lui écrire pour lui en faire la proposition, en lui offrant 2.400 1. pour son traitement et une maison en partie meublée à cùlé de l'église.

Cette délibération, où le Consistoire laisse clairement percer sa gratitude envers le pasteur sortant, trouve un complément explicite dans celle du 5 juillet où on lit cette déclaration, d'où la note religieuse est singulièrement absente :

Le Consistoire croit inutile de rappeler au pasteur Desmont les regrets que son départ feront [sic) naître. Vingt-cinq années de ministère pen-

L C'est par cette délibération que s'ouvre le deuxième registre de délibérations du Consistoire.

2. C'est vraisemblablomcnl celui que nous reproduisons^ vev^ la fin du pré-;i'nt chapitre,

dniil lestjuelk's il ;i (Mlilir par ses (lisc(»ijrs cl |»:m- son cxcuiph', loiijours disposé à porler la paix dans les raniillcs, à (.'iiurairer les rneinlires ^\u troupeau à s'aiuier comme l'rères et à remplir leurs devoirs, soûl, (Jes témoiiJ^uaires écrils dans le c(eur de lous ceux (jui Foui coiuni et qui rendent la perle du pasieur Desmont très dilïïcile à réparer....

Olivier avait dès son retour reçu l'hospitalité du citoyen Pcters, «d'une manière aussi noble que désintéressée » ^ Il pro ongea sa présence à Bordeaux de quehjues mois encore et présida le (>)nsistoire une dernière fois, le 5 juillet 1797^, après avoir éprouvé la satisfaction de voir le culte réformé se célébrer aux Chartrons sous des auspices plus favorables que jadis au développement de la vie religieuse et de la fraternité ecclésiastique. A cette date, le choix de son successeur était déjà arrêté. Après avoir fait vainement appel tour à tour au pasteur Gêniez [de... ?) et au pasteur Lantois {de Roquecourhe, Tarn), le Consistoire s'était adressé, dès le mois de mars ^, à François Martin, pasteur à Saint-Hippolyte-du-Fort (Gard), qui après quelques hésitations répondit affirmativement. Il fut installé le 15 juillet et présida les anciens pour la première fois le 20 suivant^. Dès ce moment, l'avenir de l'église de Bordeaux est assuré.

François Martin n'appartient à notre sujet que par les six premières années de son long ministère àBordeaux.Né à Saint-Jcandu-Gard en 1757, il exerçait ses fonctions pastorales à Saint-Hippolyte-du-Fort depuis 1780 quand il fut appelé par l'église de céans.

1. Peters en fut remercié par le Consistoire dans la réunion du 19 mai 1798. — A son départ, au bout de dix mois, Olivier-Desmont reçut une indemnité de 2.400 1. pour ses frais de voyage et de déménagement [Délib. du 8 janvier 1798).

2. Voy. le deuxième Registre des délibérations. A cette date du 5 juillet Olivier-Desmont annonce son départ pour le lundi suivant, 9. — Son nom figure encore parmi les destinataires de la lettre-circulaire adressée par le Bureau central de la commune aux propriétaires et principaux locataires des maisons dans lesquelles il y a des oratoires, pour les inviter à déclarer le local qu'ils ont choisi. (9 messidor an V = 28 juin 1797) {Inventaire des arch. munie, de Bordeaux, pér. réuoL, III, p. 152, reg. D. n° 16G).

3. Dans la délibération du 20 avril il est dit, qu'un nouvel appel sera adressé au pasteur Martin, sans que la date du premier soit indiquée.

4. Deuxième Registre des délibérations, 28 mars, 20 avril, 29 mai, 22 juin et 5 juillet

Il est dit, dans la délibération du 28 mars 1797, que, au cas où le pasteur F. Martin ne répondrait pas à l'appel qui lui est adressé, Olivier-Desmont serait « autorisé à se faire remplacer par M. Lagarde », moyennant 200 1. par mois et le logement. La personnalité (le ce pasteur Lagarde n'est pas autrement indiqu(''e; mais il résulte du contexte qu'il n'était considéré que comme « sufïragant, >. libr» nu ni choisi par Olivier-Desmbnt.

Il mourut dans notre ville le 24 mars 1838, veuf de dame Marie Boissière.

Le superbe médaillon qui surmonte sa tombe au cimetière de la rue Judaïque reproduit les traits d'un septuagénaire à la physionomie puissante autant que distinguée, qui tient encore du xviii^ siècle ^. Au témoignage de M^^ Péquin (née Maillard) encore vivante, le pasteur F. Martin porta jusqu'à sa Aort « les culottes courtes et la bourse ou catogan avec poudre ^ ».

On connaît de lui : un Discours prononcé le 15 novembre 1801, jour d'action de grâces pour la paix générale^, et un\ autre Discours prononcé, le 10 frimaire an XIV, pour la dédicace du second temple de V église réformée consistoriale de Bordeaux^. Celui-ci tombant déjà en dehors de notre plan chronologique, nous ne poursuivrons pas plus loin l'énumération des écrits oratoires de François Martin.

Réduit à ses seules forces le nouveau cîtoyen-pasteur n'eut pu suffire à toutes les obligations de son ministère, chaque jour plus étendues et plus lourdes à mesure *que l'église se réorganisait et s'accroissait: célébration du culte liturgique, prédications hebdomadaires, catéchuménat des enfants et des adultes, visite des pauvres et des malades à domicile, présidence des séances mensuelles du Consistoire, correspondance y relative, baptêmes, mariages et inhumations, devoirs de famille : c'était plus que ne pouvait donner régulièrement l'activité du plus dévoué des pasteurs d'un troupeau qui comptait alors, avons-nous dit, environ 3.700 ouailles. Aussi songea-t-on, dès le milieu de l'année 1800, à lui adjoindre un suffragant. Posée le 20 juin, la question fut reprise le 20 juillet suivant. Il fut alors décidé qu'on offrirait au futur arrivant un traitement de 2.0001. par an, «avec l'expectative de la table dans une maison bourgeoise oti il remplirait les fonctions de précepteur ».

Comme les candidats au ministère pastoral n'affluaient point alors dans la France protestante, on s'adressa à Lausanne où avait été constitué une sorte de Comité de secours en vue des

l.Ce médaillon a été fait d'après une litliograpliio, dont on conserve un exemplaire au temple des Chartrons, dans la Salle du diaconat.

2. Communication verbale dont nous sommes redevable à M™»^ A. Vincens (de Bordeaux), décembre 1918.

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