Registre consislorial.. délibéra lion du 11 avril
2. Voyez la note ci-dessus. Cf. les indications que nous donnons au chap.\'III quant aux origines de beaucoup de familles protestantes établies à Bordeaux.
3. Lettre de Terray à l'intendant de Bordeaux, 14 juin 1773; lettre de l'intendant à son subdélégué, 22 juin 1773; réponse de l'église au subdélégué (dans le Bulletin, XXXI (1882). p. 403-405).
4. Au xviip siècle les registres de non-catholicité (baptêmes, mariages, enterrements) n'étaient devenus obligatoires pour l'église de Bordeaux qu'à partir de 1668-70. (Noir le Cinquième registre des délibérations consistorinies) Ils semblent d'ailleurs tous perdus. A quelle date furent-ils repris par l'éirli^e du xviii'' siècle? En 1756 seulement, d'après le Beg. consislorial.
5. Lettre d'Olivier-Desmont à Messieurs du Comité de La\isanne, 31 juillet 1773 (dans le Bulletin..., XXXI, p. 407) : >< Quant à nous, nous avons donné notre relevé, mais il ne peut pas faire sensation vu le petit nombre ••
daiit, Olivier faisait remarquoi' (pie les registres ne font mcMition que d'une partie des nouveau-nés, parce que plusieurs pères de familles sans eraindre de forli^ner font baptisi^' leurs enfants aux églises catholiques, tandis (jue d'autres plus fermes les font haptis(îr à l'étranger, lorsqu'ils sont assez grands pour y être envoyés. Pai* la même raison, les registres de l'église ne contiennent })as tous les actes de mariages des Protestants de l'endroit, beaucoup se mariant à l'étranger, les autres devant le curé. Ils ne contiennent pas davantage ceux qui restaient célibataires, pour mieux échapper aux ('onséquenc(îs d'une législation anachronique^.
Quant aux registres de sépultures, l'église n'en eut pas de régulièrement tenus, aussi longtemps qu'elle ne posséda point de cimetière en propre.
Olivier concluait en disant que le nombre des Protestants est certainement bien plus considérable que celui qui, dans le rapport de 1 à 50, généralement admis pour la population française, résulterait du nombre des naissances inscrites dans leurs registres. A son avis, le chiffre total égalait et même excédait celui des autres sujets du roi ^.
Les sources protestantes, que nous pouvions espérer plus qualifiées que tout autres pour répondre à notre curiosité, la laissent donc en suspens. Sporadiques et encore mal reconstituées, elles sont décevantes. Poursuivons néanmoins notre enquête.
En 1778, la communauté comptait au moins 68 notables et elle accusait, au recensement partiel opéré en 1796^, 360 noms de bourgeois contribuant aux frais du culte; sur ce nombre près d'un cinquième se composait, il est vrai, de Hollandais, d'Allemands, de Scandinaves, de Suisses, d'Anglais, dont on ne peut assurer qu'ils fussent tous naturalisés*. D'une statistique dressée par l'intendant de la Généralité, dix ans plus tôt, en 1786, il résulte *{u'on n'aurait enregistré en la dite année, que 24 naissances, 18 mariages et seulement 8 décès de protestants^. Pourtant du
1 . « ... La classe de ceux qui, ne trouvant leur sûreté dans aucun parti, prennentcelui de garder le célibat, n'est que trop nombreuse. » (Lettre d'Olivier-Desniont à l'intendant, 22 juin 1773, dans le Bulletin, XXXI, p. 405).