‹ Les religionnaires de Bordeaux de 1685 à 1802Chapitre 36 sur 166 · Voir V Appendice de notre travail sous le n · texte numérisé non relu

Voir V Appendice de notre travail sous le n

4. Voir V Appendice de notre travail sous les ïi°^ 7 et 8. — D'environ 320 pendant . les années 1737-50, le nombre des sépultures monte à 740 de 1751 à 1771, et à 869 jf de 1772 à 1787. Si l'on ajoute à ces chiffres les 51 séi)ultures des années 1788 91, on atteint le total de 1980 qui ne comprend probablement ni les protestants inhumés dans leurs jardins ni ceux qui sont transportés au cimetière de la rue Laville, mais % seulement ceux que l'on enterre sur les fossés de la ville par ordre des magistrats.

5 et G. Dans ces deux chilïres ne sont pas compris naturellement les protestants que leurs familles faisaient inhumer^ comme nous l'avons dit, dans leurs demeures, Le nombre en est inconnu,

Du commencement de 1754 à la fin de 1779, (pendant une période de tolérance relative), le nombre de ces inhumations fut de 740 plus 327, au total 1067, c'est-à-dire de 42 par an en moyenne.

Du commencement de 1780, (peu de mois après la mise en service du cimetière protestant de la rue Laville) jusque vers la fin de 1793, le nombre de ces inhumations ne fut encore que de 552, additionnelles aux 493 (jue nous constaterons au chapitre VII d'après le registre de ce cimetière Or, 552 -f 493 = 1045, ce ({ui donne ])()ur ces quatorze années une moyenne de 74 inhumations par au.

Si l'on tient pour vraisemblable que ces moyennes de décès représentent le sixième de la population totale des religionnaires (soit aux Chartrons, soit en Ville) il en faudrait conclure que, de période en période, cette population totale s'éleva de 84 à 252 et 444.

Ces chilïres sont trop faibles si nous voulons les concilier avec ceux que nous donne le curé de la paroisse Saint-Rémy qui englobait le faubourg des Chartrons par delà le Château -Trompette. Ils ne suffisent pas en tout cas à expliquer la grande place que prit la communauté protestante de Bordeaux dans le troisième quart du xviii^ siècle, ni la vigueur qu'elle montra dans son activité de tous les jours ni les ressources dont disposa le Consistoire pour couvrir les frais du culte, les secours accordés aux indigents et le traitement de trois pasteurs conjoints. Nous continuons de croire que, outre les protestants qui s'avouaient tels, il y en avait beaucoup d'autres qui, pour échapper à l'application des édits, se dérobaient et n'eurent que peu à peu le courage et la constance de se révéler à mesure que le siècle se faisait plus tolérant pour eux.

En l'absertce de toute statistique probante, on peut recourir à un autre mode d'appréciation, que nous procurent les documents d'origine catholique.

Un « état du diocèse », dressé en 1772-73 par les ordres de l'archevêque de Bordeaux, apporte une indication nette, qui contredit quelque peu l'évaluation à laquelle nous nous sommes arrêté. Le curé de Saint-Rémy déclare que sa paroisse compte 30.000 paroissiens, dont un quart de protestants, soit 7500 ^ Mais

1. Inventaire des Archives déparîemenlales de la Gironde, G. 558. — En 1759 un autre curé de Saint-Rémy ;>'était contenté de dire : " Il y a dans la paroisse quantité de protestants desquels le curé ne retire aucune rétribution, ni à la vie ni à la mort » [Ibid-,

cette déclaration a une valeur très^contestable, le curé de Saint- Rémy ne la faisant pas reposer sur un recensement rigoureux^. D'ailleurs dans ces 7.500 protestants, il englobe certainement les étrangi'i's de toute nation qui, avons-nous dit ailleurs, représentaient environ un cinquième de la population protestante totale. Si nous diminuons d'un cinquième le chiffre donné nous n'avons plus que 6.000 protestants français domiciliés aux Chartrons. Mais ce total est encore trop fort à nos yeux; il dépasse certainement la réalité s'il prétend exprimer le nombre des Protestants regnicoles groupés autour de leurs pasteurs. Nous croyons donc légit me de nous tenir au chiffre d'environ 4.000 que nous avons adopté plus haut pour le faubourg des Chartrons et le quartier de La Rousselle, vers 1780.

Au dire de Bernadau 2, la population de ce faubourg en 1769 représentait le sixième de. la population globale de Bordeaux, qui était alors de 82.000 âmes environ^. Or, le sixième de ce dernier chiffre est 13.666. — D'autre part, nous savons que la nouvelle paroisse de Saint-Louis des Chartrons *, organisée par la loi du 6 mars 1791 et comprenant tout le faubourg, ne comptait que 10.040 habitants ^

La population totale de Bordeaux ayant suivi pendant tout le xviii^ siècle une progression ascendante : 55.000 âmes en 1650, 80.000 en 1750, 84.000 en 1780% l'évaluation de Bernadau paraît donc entachée de quelque exagération, et nous pouvons hardiment la ramener à 10.000 âmes. Quelle était dans ce nombre la proportion des protestants par rapport aux catholiques ?

G. 835). — Vers le même temps, alors qu'il s'agissait de construire dans le dit faubourg une église catholique (1757-58), le clergé invoque entre autres motifs, qu'il est nécessaire de travailler à la conversion des 5.000 ou 6.000 protestants, qui y vivent et forment la majorité de la population {Sources!). — Contrairement à ce qui avait lieu d'ordinaire, les curés de paroisse avaient intérêt à grossir le chiffre des protestants*

1. Les curés de Sainte-Colombe et de Saint-Michel — dont les paroissescomprenaient le quartier de La Rousselle où nous verrons tout à l'heure que les protestants étaient nombreux, — ne font aucune déclaration à ce sujet. Quant au curé de la paroisse Sainte-Eulaiie, il avoue 4.000 Juifs !

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