V. \o\ . les Synodes du désert, II, pp. 73, 121 et
synode national des Hautes-Céveniies (avril 1756) et à celui des Basses-Cévennes (septembre 1758) ^ de trancher, en appel, le conflit survenu entre le pasteur Grenier de Barmont et le Consistoire 2. Ce fut l'objet de la lettre synodale d'octobre 1758 que nous signalerons plus loin. A cette date du siècle le Bordelais était bien réellement entré dans les cadres provinciaux qui se reconstituaient à mesure que ressuscitaient les églises locales. Entre celle de Bordeaux et ses voisines immédiates, les documents contemporains ne constatent d'autre lien de solidarité que les colloques, et ils en signalent quatre qui se tinrent peut-être dans notre ville en 1754, 1755, avril et juillet 1756^. Il y en eut d'autres sans aucun doute dont les procès-verbaux sont perdus, et un dernier en avril 1792'*.
Une délibération instructive à bien des titres est celle du 4 mai 1786, par laquelle les Anciens chargent leurs délégués au prochain synode provincial de faire valoir la nécessité de réunir plus souvent les synodes à Bordeaux, vu la peine qu'éprouve le Consistoire à se faire représenter ailleurs, offrant d'ailleurs « de défrayer chaque député de tous les frais qu'il fera dans cette ville, pendant la tenue du synode». C'était là un point de vue quelque peu égoïste. L'église de Bordeaux tendait visiblement à se subordonner moralement ses sœurs de la région, sans souci de leurs convenances propres et de leurs justes susceptibilités.
Du tableau chronologique que nous avons présenté plus haut, autant que des faits exposés ailleurs, il appert clairement que, dès sa restauration, l'église réformée de Bordeaux loin de rien innover ne songea qu'à relever en toute confiance les institutions du passé qui avaient fait leurs preuves. Etait-ce par suite de cette obscure intuition que le protestantisme français ne peut devenir fort et influent qu'à la condition de rester fidèle à ses origines,
1. Ibid., II, p. 83 et 157. — Bordeaux députa également au huitième et dernier synode national, dit du Bas-Languedoc, en 1763 {Ibid. II, 304).